Through Infinite Dimensions

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18/20
Nom du groupe Aetherea
Nom de l'album Through Infinite Dimensions
Type Album
Date de parution 03 Avril 2021
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 Prelude: Origin of the Chaos
 02:25
2.
 Weekend Prophets
 06:29
3.
 My Hunter
 07:05
4.
 Memories
 07:15
5.
 Beyond Hell
 06:10
6.
 Dance of the Night
 04:36
7.
 Look into My Eyes
 05:07
8.
 Bleeding
 05:50
9.
 Face the Lies
 06:22
10.
 Forgotten Humanity (Through Infinite Dimensions, Pt. 1)
 05:51
11.
 Faceless Face
 07:25
12.
 Those Eyes
 07:41

Durée totale : 01:12:16

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Aetherea


Chronique @ ericb4

31 Août 2021

Une première ogive d'une force de frappe aux effets dévastateurs...

L'un des fers de lance de la scène metal symphonique sud-américaine depuis plus d'une décennie déjà, la prolifique terre brésilienne n'a de cesse de l'alimenter en formations de tous poils, dont quelques talents promis à un avenir certain. Après Lyria, Perpetual Legacy, Vandroya, 7th Symphony, Land Of Lemuria, Finita, Eve Desire, entre beaucoup d'autres, c'est au tour d'un quintet originaire de São Paulo né en 2009 sur les cendres de Sky Sent d'entrer en piste. Quelles seraient alors les arguments susceptibles de démarquer cet ixième prétendant au titre de valeur confirmée du genre de ses si nombreux homologues générationnels ?

Conscient des risques encourus à chercher coûte que coûte à faire entendre sa voix, a fortiori dans un registre metal en proie à une féroce concurrence, ce n'est que huit ans plus tard que le discret combo réalisera son premier et vibrant single, « Look into My Eyes », l'un des trois titres de son initial EP du même nom, sorti il y a tout juste un an. Aux fins d'un travail en studio des plus exigeants, le collectif brésilien nous gratifiera une année plus tard d'un album full length dénommé « Through Infinite Dimensions » ; une galette généreuse de ses 72 minutes, écoulée tout comme ses prédécesseurs via le puissant label brésilien MS Metal Records. Indice révélateur d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos cinq belligérants...

Mais avant d'aller plus loin, des présentations s'imposent. Après moult remaniements du line-up essuyés par le groupe, à bord du navire, nous accueillent désormais : le compositeur, guitariste et l'un des maîtres d'oeuvre du projet Fábio Matos (Lydstorm, ex-Eve Desire), suivi de la soprano Jessica Sirius, du claviériste Rodrigo Mello, de la bassiste Vitória Bicaglio Marinho (Wonder Maidens, ex-Heavendeath) et du batteur Paulo Lima (Megaira, Nuclear Decimation, ex-Eve Desire). De cette étroite collaboration émane un propos power mélodico-symphonique classique et progressif à la fois volontiers pulsionnel, plutôt fringant, empreint de fines subtilités mélodiques et un brin romanesque, dans la veine de Nightwish, Xandria, Epica, Diabulus In Musica, Edenbridge et Ancient Bards.

Produit par Wagner Meirinho (Loud Factory), l'opus jouit d'une qualité d'enregistrement difficile à prendre en défaut doublé d'un mixage équilibrant instrumentation et lignes de chant à parité égales. Preuve qu'elle a mis les petits plats dans les grands, la troupe a confié l'artwork d'inspiration néo-romantique à l'un des graphistes brésiliens de référence, Romulo Dias (Paagan Throne, Medjay, Mugo, Neverwinter, Overblack...). Mais montons plutôt à bord du paquebot en quête de quelques pépites intimement cachées dans sa cale...


Comme il est de coutume dans ce registre, les hostilités s'ouvrent sur une brève entame instrumentale d'obédience symphonico-cinématique. Ce faisant, voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques, sous couvert d'arrangements ''nightwishiens'', et sans qu'il ne nous y ait préparés, le progressif et bien-nommé « Prelude: Origin of the Chaos » ne serait qu'une soyeuse amorce du magmatique périple qui nous attend ; où quand l'arbre ne saurait cacher bien longtemps la luxuriante forêt....

C'est le plus souvent sur un rythme effréné que s'effectue la traversée, le combo trouvant alors et sans mal les clés pour aspirer le tympan. Ce qu'attestent, d'une part, le tempétueux « Weekend Prophets » comme l'échevelant « Forgotten Humanity (Through Infinite Dimensions, Pt. 1) » qui, dans la veine coalisée d'Ancient Bards et Epica, déversent tous deux leurs riffs corrosifs adossés à une sanguine rythmique, ne relâchant leur étreinte qu'en de rares instants. Dans cette dynamique, on ne sera guère moins bringuebalé par « Beyond Hell », une éruptive plage power symphonique aux relents death, pourvue d'un vivifiant tapping, de riffs en tirs en raffale, et dotée d'un enveloppant corps oratoire, les fluides patines de la belle se voyant relayées de growls glaçants et magnifiées par des choeurs judicieusement positionnés et des plus imposants.

Sur un même modus operandi mais plus immédiatement lisibles, d'autres pistes seraient dès lors plus aisément inscriptibles dans les charts. Aussi ne mettra-t-on qu'une poignée de secondes pour se voir gagné par un handbang bien senti sur « Look into My Eyes », un mordant mid/up tempo dans la mouvance power symphonique gothique d'Ancient Bards. Octroyant de fulgurantes accélérations rythmiques doublées de puissants coups de boutoir et d'une basse claquante, et encensé par les cinglantes attaques dans les médiums d'une sirène ici muée en une redoutable prédatrice, le tubesque single s'inscrira assurément et durablement dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon. Dans cette énergie, on pourra encore retenir le torrentiel « Face the Lies » au regard de ses riffs crochetés, son refrain catchy et des assauts répétés et opportunément placés de la frontwoman ; autre hit en puissance à mettre à l'actif de nos acolytes et qui saura, à son tour, se jouer de toute tentative de résistance à son assimilation...

Quand elle nous immerge au cœur d'intimistes espaces, la troupe charge volontiers le message musical délivré en émotions. Ainsi, non sans rappeler Diabulus In Musica, « Dance of the Night » se pose telle une ballade a-rythmique d'une sensibilité à fleur de peau et glissant le long d'une enchanteresse rivière mélodique. A la maîtresse de cérémonie eu égard à ses angéliques oscillations d'encenser le pavillon, rendant de fait l'instant privilégié des plus frissonnants, inoubliables. On ne saurait davantage esquiver « Bleeding », une ballade atmosphérique extraite de leur introductif EP, alors en version acoustique, ici muée en une rayonnante power ballade. En émane un rendu des plus poignants, cette aubade que n'aurait nullement reniée Vision Of Atlantis laissant entrevoir un duo mixte en voix claires bien habité et en parfaite harmonie ainsi qu'une insoupçonnée et jolie montée en puissance de l'instrumentation à mi-parcours.

Mais ce serait à la lecture de leurs pièces en actes estampées metal symphonico-progressif, loin de manquer à l'appel, que nos compères seraient au faîte de leur art. Ce qu'illustre, tout d'abord, l'opératique et ''nightwishien'' « My Hunter », altière et étourdissante fresque déversant ses 7 minutes d'un spectacle aux multiples rebondissements. Abondant en fringants soli de guitare, dévoilant un break opportun et tout en délicatesse que vient balayer une bondissante reprise sur la crête du refrain, une muraille de choeurs s'unissant aux limpides volutes de la déesse, contribuant par là même à densifier cette dantesque et poignante offrande, on comprend dès lors que l'on touche du doigt l'une des gemmes de la rondelle. Dans cette logique, on retiendra non moins son gracieux et ''xandrien'' voisin, « Memories », eu égard à ses enchaînements intra piste des plus sécurisants, ses nombreux et grisants soubresauts, ses deux soufflants soli de guitare à mi-morceau et sa mise en relief vocale cristallisée par les claires modulations de la belle. Un tantinet plus complexe, à mi-chemin entre Xandria et Epica, le corpulent et polyrythmique « Those Eyes », lui, déverse sa verve tout en élargissant d'un cran le spectre de son espace percussif. Et la sauce prend, là encore. Et comment ne pas se sentir porté par l'infiltrant cheminement d'harmoniques de « Faceless Face », magnétique low tempo progressif qui, au fil de ses quelque 7:25 minutes, nous immerge au coeur d'un voyage en de célestes contrées ?


Au terme de notre parcours, un agréable sentiment de plénitude nous gagne, le combo sud-américain nous octroyant une œuvre à la fois solaire, diablement efficace et n'accusant pas l'ombre d'un bémol harmonique susceptible d'affadir l'attention du chaland. Transpirant pourtant la féconde inspiration mélodique de ses auteurs et renseignant sur un réel potentiel technique et judicieusement exploité, ce set de compositions aux schèmes d'harmoniques pour l'essentiel déjà empruntés, donnant un étrange sentiment de déjà vu, ne permet pas encore à nos compères de se démarquer de nombre de leurs pairs sur le plan artistique. Cependant, variant ses exercices de style à l'envi tout en ayant soigné sa production d'ensemble et conféré à son propos un petit supplément d'âme, la troupe aurait dores et déjà l'arsenal requis pour opposer une farouche résistance à la concurrence, d'où qu'elle vienne. Bref, une première ogive d'une force de frappe aux effets dévastateurs...

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