Nonexist, ça ne vous parle peut-être pas...mais il s'agit du projet melo death/thrash de Johan Reinholdz, connu pour son investissement dans
Andromeda et, plus récemment,
Skyfire. Créé en 2000, il a utilisé ce nom pour proposer des morceaux sortant du cadre du prog. Il recrute alors très rapidement Johan Liiva, à peine sorti de chez
Arch Enemy, et le batteur Matte Modin de
Dark Funeral, afin de prendre la route vers les
Abyss Studios des frères Tägtgren et sortir "
Deus Deceptor" en 2002, un album méconnu mais qui pourtant, est loin de ne pas valoir le coup d'oreille...Le plus étrange, c'est que l'arrivée dans les bacs de cet opus va mettre en péril l'avenir du groupe, les membres décidant du jour au lendemain de faire leur petite vie séparément, et
Nonexist deviendra inexistant !
Pourtant, en 2009, Reinholdz se repenche sur certains morceaux et finit par se repencher sur ce projet terminé trop prématurément. Il relance alors la machine et retrouve son acolyte Johan Liiva pour un enregistrement aux Multipass Studios, la sortie du second méfait "
From My Cold Dead Hands" et une participation exceptionnelle au Scroched
Tundra Festival de Goteborg. Ils ne recruteront pas d'autres membres mais profiteront de leurs dons respectifs et de leurs talents de multi instrumentalistes pour l'arrivée de "
Throne of Scars" sous la houlette de Mighty Music.
Nonexist ne suit pas le chemin emprunté par la majorité des groupes de melo death actuels, qui se contentent d'un schéma classique mettant en avant couplets/refrains/breaks. Il produit des titres relativement courts mais arrive à insérer un large panel d'éléments et de passages. On n'est peut-être pas dans du prog pur jus, mais il y a indéniablement une progression dans les morceaux des deux musiciens qui varient les plaisirs en allant au-delà de leurs limites.
"Pyroclastic Cluster
Torment" nous en met plein les oreilles dès le départ à coups de gros riffs et de gros growls avant d'intégrer petit à petit claviers et touches électroniques. Un passage plus soft s'insère subtilement avec soli et basse en fil conducteur avant une fin tout en psychédélisme. Ce sont des contrastes, comme ceux-là, qu'on retient le plus dans la musique de
Nonexist. On passe du brut de décoffrage à quelque chose de plus fin et de plus recherché et "A Promise Unfullfiled" ne déroge pas à la règle avec son intro thrashy et son refrain atmosphérique au chant clair. La guitare astrale prend ensuite le relai, soutenue par des claviers énigmatiques, ce qui n'est pas sans rappeler
Skyfire.
Reinholdz fait vraiment un travail de monstre sur cet opus, prenant en charge la totalité des instruments, et il est loin d'être un manche ! La guitare est mélodieuse et technique, la basse ressort bien et nous propose des lignes bien sympathiques, la batterie ne pardonne pas avec ses blasts et ses plans groovy, et les claviers apportent une atmosphère unique. Liiva n'est pas en reste avec une voix mutant en fonction des ambiances, growls, screams, chant black, chant clair, parties parlées voire robotiques ("
The New Flesh"), tout y passe. On ne sait jamais sur quoi on va tomber, et c'est ce qui fait la particularité de cet album.
Toujours se méfier de l'eau qui dort ! La pseudo ballade de l'éponyme "
Throne of Scars" cache une rage melo death qui s'apaise très vite par des plans à la limite du néo-classique type "Timeless
Departure" de
Skyfire. Toujours se méfier aussi des intro en mid tempo qui finissent toujours par prendre leur envol à coups de blasts et de claviers dérangés ("Before the Storm Takes Me"). Même discours pour un morceau comme "Cathedrals
Beyond" au rythme lent et à l'atmosphère incantatoire qui envoie ensuite la purée lorsqu'on s'y attend le moins. Sans parler d'un "Rodents of Wars" à la "Valley of the Damned" d'
Hypocrisy qui se termine en vraie machine de guerre. Oui, il est vrai que les titres ont parfois tendance à partir un peu dans tous les sens, mais au moins on ne s'ennuie pas !
Nonexist a bien fait de ne pas arrêter sa carrière en 2002 car jamais il n'aurait pondu un album aussi varié et intéressant. Ce "
Throne of Scars" est badasse mais se démarque par la qualité des mélodies et des atmosphères. Le léger côté expérimental y est aussi pour quelque chose. En tout cas, le duo est loin de faire dans le melo death conventionnel avec cet opus qui dévoile ses richesses au fil des écoutes. Continuez comme ça, les gars !
J'étais plutôt habitué à l'entendre sur les albums de son groupe de coeur qu'est Andromeda.
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