Birth of a Queen, dans lequel les français de
Bel O Kan, de leur
Metal Symphonico-Mélodique à chants féminins désespérants, y anéantissait tous nos bienveillantes velléités, avaient laissé en nos esprits endoloris un douloureux souvenir. Tant et si bien d'ailleurs que lorsqu'il nous fallut déjà subir, en cette année 2013, les pénibles augures de leur nouvel effort baptisé
Thousands of Conquerors, seule la crainte nous habitait.
Dès les premières notes d'un insipide A Gothic Girls aux redondances pénibles, aux mélodies banales et à la simplicité puérile, le calvaire promettait d'être insupportable. Notons tout de même que le mixage sonore y avait gagné en qualité et donnait, enfin, plus de grandeurs aux propos de cette formation là où tout sur
Birth of a Queen paraissait étriqué. Un changement crucial dans un genre qui s'accommode mal du minimalisme. Soulignons également la présence au chant de Carole Eyraud, en lieu et place d'une Sarah Liodenot partie rejoindre les rives d'
Evenpath. Néanmoins rien n'y faisait. Ce premier morceau ne parvenait pas davantage à nous convaincre. Loin s'en fallait.
Cependant, aussi étonnant que cela puisse paraitre, passé ces premiers instants anémiques et ennuyeux l'album change. S'appuyant sur ces meilleures dispositions sonores servis par une meilleure production, le groupe nous offre, enfin, un
Devil Dressed in White massif. Une débauche d'énergie compacte, presque brouillonne, où le groupe exulte loin de la petitesse de ce qu'il fit autrefois. Beau et ample, pourvu de quelques voix écorchées, de breaks magnifiques, la chanson nous laisse même entrevoir le potentiel jusqu'alors ignoré de ce collectif. Un miracle que nous n'osions plus espérer.
Hollow et ses quelques dissonances intéressantes, le remarquable et prompt Independance,
Power of the Throne ou encore, par exemple, le sémillant
Requiem confirmant ce prodigieux et inattendu réveil.
Autrefois fustigé pour la piètre qualité de ces solos de guitares simplistes, soulignons que, là aussi, les progrès sont extraordinaires. Sans égaler la virtuosité des instrumentistes les plus aguerris en la matière,
Fox Brunet et Khrÿstov Ferrari nous proposent, enfin, un travail sérieux et digne de ce nom (
Devil Dressed in White,
Battlefield...).
Bien évidemment tout ici n'est pas parfait. Et l'on sentait parfois le groupe vaciller et prêt à rechuter dans ces dramatiques travers d'autrefois (certains passages du pourtant bon Prayers of
Isis aux airs, parfois, légèrement caricaturaux). Disons aussi qu'ici rien ne viendra bouleverser un ordre établis par d'autres et que
Bel O Kan ne saurait prétendre détrôner qui que ce soit avec un tel opus. Avec ce
Thousands of Conquerors il a toutefois fait un pas décisif dans la bonne direction et peut, désormais, légitimement, envisager plus sereinement sa destiné créative. L'histoire allait-elle se poursuivre dans cette nouvelle direction?
Seul l'avenir pouvait répondre...
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