La remarque qu'il nous faudra faire d'emblée concernant ce
Birth of a Queen, premier véritable album de
Bel O Kan, concerne sa production. Très inégale, et très versatile, elle nous propose parfois un équilibre étrange où les chants sont très en retrait à contrario d'une batterie très en avant et dont, de surcroit, certaines sonorités seront très graves (c'est le cas notamment de ces grosses-caisses laissant peu de place à la basse).
De plus quelques redondances malheureuses viennent émailler un disque et alourdir ce Heavy Symphonique à voix féminines, ou
Metal à chanteuse. Prenons par exemple le titre
Children Call. Le solo de guitare de cette chanson n'est qu'un long tunnel sombre aux murs semblables de toute part et d'une banalité consternante. Prenons encore
Utopia dont le final n'est que l'inlassable répétition de la même phrase musicale à peine contrasté par une seconde. Il va sans dire qu'il ne sera nullement question ici d'exiger de cette diversité propre à ces mouvances excessivement progressives. Cependant en incorporer davantage dans ce désert aux couleurs désespérément ocres eut été un bienfait. Voire une nécessité.
S'agissant de l'aspect "symphonique" de ce disque, des guillemets s'imposeront tant, en général, il manquera de cette grandeur ambitieuse et de cette richesse grandiloquente inhérente à ce style pour réellement faire de ce plaidoyer un modèle du genre. Tout ici sera, en effet, bien trop sclérosé, bien trop "petit", pour véritablement nous emporter. On s'étonnera par exemple de ne pas trouver, ou si peu, de chœurs venant soutenir des refrains qui, soit dit en passant, seront souvent simplistes et naïfs.
Et puisque nous en sommes à énoncer les imperfections les plus ennuyeuses de ce manifeste, il nous faudra aussi dire que ses paroles sont d'une platitude assez embarrassante. Toutefois, pour être tout à fait honnête, les thèmes mais surtout la manière dont ils seront abordées ne sera pas aussi déconcertante que les difficultés de Sarah Liodenot dans l'expression d'une langue, l'anglais, dont, à l'évidence elle ne maitrise pas toutes les subtilités. D'aucuns trouveront sans doute ses hésitations charmantes. Malheureusement pas votre modeste serviteur. Notons tout de même que la jeune fille à un brin de voix qui sans imposer un quelconque particularisme qui lui aurait permis de se distinguer de ses consœurs, est plutôt agréable à entendre.
La cause de ce premier véritable album de
Bel O Kan est-elle pour autant entendue?
Pas obligatoirement puisque, aussi étrange que cela puisses paraitre, au delà de toute cette engeance décrite jusque là, le groupe laisse entrevoir quelques belles choses (Runaway,
Salem,
Fire on Ice, ou encore Blowing the
Wind à l'entame "celtique".). Mais ne soyons pas démesurément enthousiaste car cet ultime sursaut est bien peu de chose.
Bel O Kan nous avait fait une promesse audacieuse en nous affirmant que nous allions assister à la naissance d'une reine. L'engagement n'est pas réellement tenu au son de ce premier effort pétri de défauts plus fâcheux les uns que les autres. La déception, quant à elle, est bien là. Et l'espoir ténu.
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