Malsain est un groupe norvégien, dirigé par Ténèbres (son bassiste d'origine française), qui a pour objectif de créer du "claustrophobic metal" (dixit le groupe).
Alors qu'est-ce que cela donne concrètement ? La musique proposée est un mélange de black et de doom avec des atmosphères "cinématographiques" se voulant proches d'œuvres telles que Ring ou
Silent Hill, tout en restant relativement accessible.
Le style pourrait (je dit bien pourrait) faire penser au génialissime album de
Axis of
Perdition "Deleted
Scenes from the Transition Hospital", mais en restant très loin du niveau de neurasthénie et d'aliénation mentale propre à ce dernier, et sans non plus les longues plages ambiantes.
En premier constat, ce premier album de
Malsain est assez chaotique et également très court (moins de 30 minutes). Certains titres sont issus de la démo "
Søte Drømmer" ("The Marsh", "Lokkemann"), mais tandis que le premier cité est une version ré-enregistrée, le second est la version démo (n'aurait-il pas été plus judicieux de le proposer lui aussi en version ré-enregistrée ?).
Le mélange entre style n'est pas encore parfaitement homogène, et la progression du disque manque de fluidité. Les claviers sont assez peu présents et ne font pas réellement partie intégrante de la musique. Ils semblent être un peu paumés par-ci par-là sur l'album : sur l'intro atmosphérique style dark ambiant (dotée d'une bonne ambiance, mais malheureusement trop courte), sur un passage acoustico-atmosphérique au milieu de "The Marsh", en intro style piano hanté de "
Cold Strofobia", quelques sons de cloche sur "
Kvele Seg", … et voilà tout !
Cependant, le constat final sur ce premier album n'est pas aussi négatif que ce que pourrait laisser penser la première partie de cette chronique (sinon, je n'aurais pas mis un honorable 13/20).
Car il est tout de même clair que le groupe cherche à se différencier de la masse et à proposer une musique réellement personnelle, qui manque encore seulement un peu de liant. On sent poindre des atmosphères horrifiques, même si elles restent encore timides, comme si les musiciens se cherchaient et hésitaient un peu à s'y lancer complètement.
Autre point positif : la chanteuse
Skumring, qui fait partie des rares femmes adoptant un chant extrême. Il s'agit selon moi du véritable point fort de cet album. C'est tout bonnement impressionnant. Son timbre est original, inhumain et file vraiment la trouille. Le seul parallèle qu'on pourrait faire serait avec le chant de
Cadaveria (ex –
Opera IX), mais à mon avis celui de
Skumring est plus profond, plus grave et plus horrifique (bref, beaucoup plus …
Malsain !). Ca me fait penser à … comment dire … une sorte de manifestation spectrale sortant d'un marais fétide ! Glauque, quoi !
En résumé, on se retrouve avec un premier album possédant quelques défauts de jeunesse, mais révélateur d'un groupe possédant une personnalité indéniable et d'une musique cristallisant une ambiance assez inquiétante. Le potentiel est là, mais ne demande qu'à être exploité. D'ailleurs, la suite sera bien meilleure …
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