The Unheard Warning

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14/20
Nom du groupe Mute Prophet
Nom de l'album The Unheard Warning
Type Album
Date de parution 30 Décembre 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

Re-issue in 2021 without 'Theurgy' and 'Ardor of the Flood'.
1.
 Limits of Myself
 04:04
2.
 As You Fall
 04:51
3.
 For the Blind
 05:04
4.
 The Bridges You Burn
 04:25
5.
 Choke on the Smog
 06:37
6.
 Theurgy
 05:46
7.
 To Be Gone
 04:36
8.
 Ardor of the Flood
 03:51
9.
 The Unheard Warning
 10:12
10.
 Comprehension
 11:04

Durée totale : 01:00:30

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Mute Prophet


Chronique @ ericb4

13 Septembre 2022

Un premier mouvement aussi subtil et complexe que torrentiel...

Essayer de se frayer un chemin dans le si concurrentiel espace metal symphonique à chant féminin n'est pas chose aisée, tant s'en faut. Nombreux sont ceux à en avoir fait l'expérience, avec pour résultat une désaffection prématurée des tabloïds pour la plupart d'entre eux. Conscient de cet état de fait, ce jeune groupe étasunien créé en 2009 à Saint-Louis, dans le Missouri, s'est précisément laissé le temps nécessaire à la maturité de ses gammes et de ses arpèges. Aussi, ce n'est que sept ans plus tard qu'il accouchera de son premier bébé, « The Unheard Warning », une auto-production de 10 titres, dont 8 retenus pour la version remastérisée en 2021, laquelle fera l'objet de cette analyse. En quoi ce nouvel arrivant pourra-t-il opposer une farouche résistance face ses homologues générationnels, toujours plus nombreux à affluer, dont de jeunes loups aux dents longues ?

A bord du navire nous accueillent le pluri-instrumentiste Kevin Goetz, la frontwoman et claviériste Adrienne Odenthal et le guitariste Chris Tompkins. De cette étroite collaboration émane un propos metal symphonique progressif aux relents heavy et death, dont les influences de Nightwish, Epica, Lacuna Coil, Wintersun, Children Of Bodom et Kalmah se font tour à tour sentir. A la fois mélodique, corrosif, épique, complexe et tourmenté, le message musical se cale parallèlement sur une dualité oratoire bien menée entre chant lyrique et growls glaçants. A noter également la louable qualité de production de ce premier essai, à commencer par un mix parfaitement ajusté entre lignes de chant et instrumentation, signé Kevin Goetz. C'est dire que, d'entrée de jeu, le collectif nord-américain annonce la couleur de ses intentions. Il ne nous reste plus qu'à suivre nos acolytes dans leurs pérégrinations...

Lorsqu'ils nous projettent sur des charbons ardents, nos compères se plaisent à nous bringuebaler, pour mieux nous retenir, in fine. Aussi se fera-t-on chahuter sur le ''wintersunien'' « As You Fall », up tempo aux riffs acérés adossés à une sanguine rythmique ; un frondeur et mélodieux méfait inscrivant dans sa trame un seyant refrain, un pont techniciste bien amené ainsi qu'un flamboyant solo de guitare. Un headbang bien senti pourra non moins s'esquisser sur « As You Fall » ; un rayonnant et échevelant effort aux enchaînements intra piste ultra sécurisés, où le legato du lead guitariste fait merveille. Dans un climat plus oppressant et empreint de noirceur, oscillant entre claires volutes et growls caverneux, le tonique et complexe « Choke on the Smog », lui, se cale partiellement sur un martelant tapping tout en disséminant une énergie aisément communicative.

Quand le rythme de ses frappes se fait un poil moins alerte, le combo trouve à nouveau matière à nous retenir plus que de raison. Ce qu'atteste, d'une part, « Limits of Myself », mid/up tempo heavy symphonique à la touche death, au carrefour entre Lacuna Coil et Children Of Bodom. Recelant un entêtant refrain mis en exergue par les puissantes inflexions de la sirène, délivrant parallèlement une basse vrombissante ainsi qu'un fuligineux solo de guitare, le tortueux manifeste laissera assurément quelques traces dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le tympan. Dans cette dynamique, on pourra encore retenir le solaire « The Bridges You Burn » tant pour ses couplets finement ciselés, relevés par les envolées lyriques de la déesse, que pour sa technicité instrumentale d'une confondante maestria.

Que l'aficionado du genre intimiste se rassure, la troupe ne l'aura nullement laissé pour compte. Ce qu'illustre « To Be Gone », une ballade atmosphérique aux intrigants arpèges d'accords et empreinte d'une sensibilité à fleur de peau. Agrémenté d'un fringant solo de guitare et mis en habits de soie par les claires et néanmoins déchirantes impulsions de la maîtresse de cérémonie, l'instant privilégié fera plier l'échine à plus d'une âme rétive.

On n'éludera pas davantage les pièces metal symphonico-progressives qui, en dépit de la complexité de leurs séquences d'arpèges, feront frissonner plus d'un pavillon. D'une part, dans le sillage de Children Of Bodom se place « The Unheard Warning », une fresque épique et tourmentée aux aspirations death, multipliant à l'envi ses coups de théâtre tout comme ses contrastes vocaux, des growls abyssaux alternant avec les claires impulsions de la belle ; moult gimmicks guitaristiques ainsi qu'un break bien amené et des plus apaisants complèteront un tableau déjà richement orné. Suivant également quelques chemins de traverse, le ''lacunacoilesque'' « Comprehension », lui, se fait à la fois racé, éthéré et peu convenu. Introduit et conclu par de délicats harmoniques au piano, encensé par les ensorcelantes modulations de la princesse, recelant en prime deux poignants et corpulents soli de guitare, les matériaux nobles sont loin de manquer à l'appel de cette pièce d'orfèvre.

Pour son premier jet, force est d'observer que le combo étasunien s'en sort avec les honneurs. Diversifié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, le méfait témoigne parallèlement d'une grande variété en matière d'exercices de style. On aurait toutefois souhaité un propos aux mélodies un poil plus lisibles et laissant entrevoir une once d'originalité. Bénéficiant néanmoins d'une ingénierie du son plutôt soignée, d'une technicité instrumentale dores et déjà maîtrisée, et ne concédant pas l'ombre d'un bémol susceptible d'affadir l'attention du chaland, le mal n'est pas grave, le collectif nord-américain ayant encore bien le temps de parfaire ses gammes. Bref, un premier mouvement aussi subtil et complexe que torrentiel faisant de ce talentueux quartet un sérieux espoir de ce registre metal. Affaire à suivre, donc...

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