Formé à Atlanta, le quatuor de
Tetrarch se hisse timidement comme l’un des fers de lance du neo metalcore en réconciliant les racines viscérales du genre à coups de riffs lourds, de refrains taillés pour la scène et d’une ambiance morose, le tout sous une énergie résolument actuelle. Emmené par la redoutable Diamond Rowe, l’une des rares guitaristes afro-américaines en première ligne sur la scène metal et le frontman Josh Fore, la formation adopte une osmose presque idyllique entre les années 90/2000, âge d’or du nu metal et l’intensité de l’âge moderne.
Si le collectif maîtrise clairement ses codes, on peut toutefois rester plus réservé quant à sa capacité à sortir du lot. Leur musique puise dans un héritage bien balisé, quelque part entre
Korn, Slipknot et
Linkin Park, sans toujours chercher à en détourner les contours. Les musiciens jouent la carte de l’efficacité plus que celle de l’audace et préfèrent renforcer les bases du genre plutôt que de les bousculer. Avec son précédent album
Unstable, les Américains avaient confirmé un certain potentiel mais avait aussi laissé planer une question ô combien importante : sont-ils un simple revival bien produit ou deviennent-ils un véritable moteur d’un neo renouveau ?
The Ugly Side of Me, troisième opus du combo américain et distribué par
Napalm Records, apparaît comme une suite toute tracée de
Unstable. Les compositions sont directes et sans la moindre fioriture, avec des durées toujours autour des trois minutes. La production signée Dave Otero (
Shadow Of Intent,
Archspire,
Fallujah) est calibrée et n'éprouve aucun temps mort. Si l’esprit hardcore est moins flagrante sur cette nouvelle œuvre, la fidélité et la nostalgie du neo metal n’ont aucunement faibli pour le plus grand bonheur des amoureux du genre.
De titres aguicheurs, l’ouvrage en regorge en atteste un
Live Not Fantasize qui nous immerge dans un metal industriel très entraînant et où les quelques effets électroniques apportent leur petit lot de stupéfactions. Il en est de même avec
Never Again (
Parasite) où nous pouvons profiter pour la première fois du chant de Diamond Rowe et qui amène une forme de sensibilité intrigante.
Cold s’illustre quant à lui par son solo de guitare, l’un des seuls de cette toile, pour contribuer à sa manière au stock de curosités.
Cependant, ces éclats laissent petit à petit place à une lassitude que l’on sentait à plus petite échelle sur le précédent disque. La prise de risques est malheureusement très limitée et le quatuor se contente souvent de reproduire un nu metal conventionnel plutôt que d’apporter sa pierre à l’édifice. Un titre comme
Crawl, bien qu’il soit tout à fait correct, souffre énormément de la comparaison avec ses prédécesseurs, notamment à
Korn et à Jonathan Davis sur ce chant torturé, grave mais aussi par rapport à des riffs certes implacables mais redondants et à une structure usuelle.
La formation a aussi une fâcheuse tendance à abuser d’atmosphères vocales et d’effets studio surchargés, ce qui atténue l’agressivité, la mélancolie de l’opus et le rend de fil en aiguille moins spectaculaire.
Headspace, peu aidé par son rythme languissant, en est un témoignage assez frappant avec ses deux couches de chant, l’un clair et l’autre screamé, qui créent une sorte d’écho qui n’est pas des plus agréables et qui nous perdent dans une certaine cacophonie.
Avec
The Ugly Side of Me,
Tetrarch poursuit sa trajectoire sans vraiment la redéfinir. Le groupe montre qu’il sait produire des morceaux solides, efficaces, et marqués par une certaine nostalgie du nu metal, sans jamais trahir l’héritage qu’il revendique. Mais à force de trop bien respecter les règles du genre, la formation finit par se heurter à ses propres limites à savoir un goût de déjà-vu persistant, une production trop lisse à cause d’une formule uniforme et une écriture qui peine à surprendre sur la durée.
L’album possède certes ses fulgurances, quelques passages inspirés, des textures intéressantes ainsi qu’une volonté d’ouvrir (timidement) de nouvelles perspectives mais ces moments isolés peinent à contrebalancer une impression d’uniformité grandissante. Ce n’est pas une chute, ni une erreur de parcours de la part du quatuor, mais plutôt un disque que l’on pourrait qualifier « d’attente », qui confirme que nos musiciens maîtrisent leur sujet sans encore oser le transcender. Reste à savoir si ce repli confortable est une étape avant une vraie évolution, ou si le groupe a déjà trouvé sa zone de confort et a choisi d’y rester.
Pour ma part beaucoup mieux que celui sortie en 2021. Y'a certains morceaux on sent qu'ils ont beaucoup écoutés Meteora de linkin park ou encore le première album d'Adema. Rien de nouveau mais ça m'a rappellé à mort mon adolescence cet album.
Comme quoi, les goûts et les couleurs.
Perso, je le trouve le précédent bien plus diversié dans ses influences et avec un véritable impact sur la production. Ici, c'est beaucoup plus linéaire, sans pour autant être mauvais et je n'ai pas non plus eu de gros coup de coeur, là où le précédent avait quelques compositions d'excellente facture.
A voir où tout cela va nous mener en tout cas.
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