Le Corps du Christ?
Ne nous y méprenons pas, les portugais ne font pas dans le white metal, même si la pochette est blanche, la triste musique est quand à elle grise. Le tourment continue, oui, je dirais même que la musique est pire que grise, elle est noire. Black
Metal ? Et comment !
Un élément faisant pour beaucoup dans l’atmosphère de ce cinquième opus (déjà !), c’est cette production : saturée, acide, déchirée, et d’une certaine manière envoûtante. On la reconnaît au premier coup d’oreille, la distorsion utilisée est typique, et donc directement identifiable. Et si certains considèrent la production comme un élément secondaire, elle est pour moi un élément majeur dans l'appréciation de l'œuvre. Imaginez seulement "Envaatnags Eflos Solf Esgantaavne", un des chef-d'œuvres de
Horna, avec une production léchée et raffinée comme on peut en écouter sur Kénôse de
Deathspell Omega, par exemple, cela perdrait tout son sens, toute sa noirceur... Ici, pas de souci à vous faire, la production est tout à fait adaptée à la musique. Venons-y, d'ailleurs.
L'album porte bien son nom, car le "tourment" est omniprésent. En effet, le groupe nous présente ici une musique déchirée, justement tourmentée, triste, noire, assez sale, assez sanguinolente (bon, c'est pas non plus la guerre), une musique dépitée et profonde.
La batterie est variée, et si un blast peut se faire entendre, les coups sur la caisse claire sont parfois rares, avec des rythmes plus lents...
Corpus Christii dose son mélange entre tristesse quasi suicidaire et brutalité (à prendre avec d'immenses pincettes, ce terme est très relatif) avec une certaine maîtrise!
La voix, elle aussi, est très variée. Des cris stridents peuvent être remplacés par des voix profondes, venant d'une gorge bien sale, ou encore par des cris de souffrance, suicidaires, douloureux. On a vraiment l'impression que les mecs sont des ravagés, mutilés, tels des taureaux couverts de banderilles, mais oubliez l'arène espagnole sur ce coup là, c'est plutôt une musique maladive, un mélange entre une cave et un hôpital... Libre à vous d'imaginer le lieu que vous préférez.
Je possède la tape (limitée à
666 exemplaires, trVe oblige), et le livret comporte les paroles, et quelques photos des poilus. Je ne sais pas si le livret du CD est plus fourni...
Au final, c'est un album à écouter quand vous êtes bien au fond du trou, qui vaut la peine, sans pour autant être un monstre, une révélation. Agréable de temps en temps, et franchement, pas mauvais!
Conseil: Bitter
Blood. C'est ça, la tristesse!
Whyrdena
Excellent album, 18/20.
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