Un constat indéniable : le changement radical de style apporté par
Nahemah sur ce deuxième album est frappant… sans être dérangeant (passant tout de même d'un Black Symphonique de haute volée à celle d'un
Death type
Opeth(ien) de bonne facture).
Entrons donc dans le vif et élançons-nous au gré de cinq plages sonores emblématiques, pleines de promesses…
Première composition de la galette : "Siamese"…
Un démarrage suranné, aux teintes progressives et électro, pour revenir à une alternative
Death réjouissante… Un refrain mixte growl/clair "apaisant" (en aucun moment, on se sent agressé par la prestation de Pablo Egido sur cet album, un des rares survivants de
Nahemah 1ère version d'ailleurs).
Les guitares donnent une bonne mesure et ne surchargent pas l'ensemble du morceau, une utilisation minutieuse de nappes ambiantes/électro (un peu déroutante au début mais qui s'avèrent être d'une précieuse aide) apportent, quant à elles, une originalité tantôt chaleureuse et perplexe, garantissant la pérennité de cette formule tout le long des soixante minutes de ce CD.
"Killing the
Architect" :
Structuré, carré et refléchi, il est pourvu d'un final symphonique particulièrement apaisant (phase Zen), comme une compresse ô combien vitale devant l'invasion permanente de meurtrissures Black/Thrash
Metal (plus tenaces les unes que les autres…)
"Like a Butterfly in the
Storm" :
Toujours un final très inspiré et dépressif, par la surexposition de vocalises Growlés et claires, et ce à l'unisson ! La variation de ces deux-là donnent un effet dopant irrésistible (avec une attention particulière faite aux apports du Clavier, en terme "d'efficacité émotionnelle") !
"Subterranean Airports" :
Seule piste non pourvu de chant
Death. Deux noms viennent à nous en écoutant ce titre… à savoir
Anathema et
Novembre pour cette ambiance solennelle et déroutante, si chères à ces deux autres groupes !-!
... Et aussi, celle que l'on intitule "Today Sunshine ain't the Same" (savoureuse chanson, par laquelle nos yeux s'humidifient enfin, de la même manière que lorsque notre cher petit dieu nous dira au revoir à l'orée de
2012, nous délaissant car criblés de dettes morales et autres tracas nous serons…)
Un pré-bilan sur ces 5 morceaux :
un chant susurré ou laconique par moments, une atmosphère légère mais recherchée, Helios aux fûts d'une douceur millimétré aux bons endroits (accent sur les cymbales) et un jeu de guitares/basse alternant le talent et la retenue sans complexe (et lourdeurs techniques).
N'omettons pas aussi tous les (Chorus) sur "The Second Philosophy", intimistes et profonds... tellement décalés par rapport aux standards que l'on nous impose que l'obligation d'y participer physiquement s'active dès lors (et qu'importe notre niveau - qu'il soit de type casserole ou ténor... améliorer la portée de nos octaves n'a jamais été si enthousiasmant).
Dès lors, une idylle nait impérativement avec les autres titres de ce doux CD (même si leur élancement lyrique est un peu amoindrie, à cause de la qualité des cinq titres précités avant). Néanmoins, pour bénéficier de cette sensation de plénitude (idylle bis), il est conseillé de relancer l'analyse plusieurs fois... impératif même (là où les variantes de
Metal Core n'en demandent qu'une seule pour être convaincu de leur qualité ou d'une décrépitude certaine).
Notes à caractère informative
- Javier Fernandez (ex-membre, Claviers) a collaboré pour l'élaboration de cet opus sur certaines compositions de l'album ici présent (non défini), et Daniel Gil (ex-membre, Chant et Guitare) s'est occupé de la partie illustrations et concept du livret !
- Un mixage adéquate - à aucun moment ne s'installe un conflit entre les claviers, les blasts de et les guitares, chacun passant alternativement en premier ou arrière-plan (sans heurts) et... qu'est-ce que c'est enchanteur une telle harmonie d'ensemble !
- Sur la piste "
Phoenix", un apport inattendu mais savoureux d'un saxophone (par Borja Rubio) dynamise cette musique et relance de bel façon une fin d'album bientôt proche.
"The Second Philosophy" est comparable à un vol direct Enfer => Paradis, sans aucun détour improbable (et une réincarnation sauvage et animale que nous narrent bon nombre de combos Métallisés parfois déplorables, entre autres) et, comme le "
Phoenix" (piste numérotée 8), nous en sortons comme allégé d'un immense poids.
Merci
Nahemah de ce témoignage musical et le rendez-vous est d'ores et déjà pris pour votre troisième philosophie… mais sera t-elle, cette fois-ci, crépusculaire, histoire d'effectuer le retour Paradis => Enfer que nous désirons tous ?
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Interloqué,
Apophis2036 / Summonight
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