Chrysalis… Quel nom si judicieusement choisi (pour un album de huit ans d'âge).
Au commencement, avec ce mets de choix qu'est Ochre Mantle Stare, nous sommes déjà aux portes d'un paradis quasi insoupçonnée.
Une introduction des plus mélodiques nous est offert ici, et pourtant elle comporte une immense portée lyrique qui atteint de plein fouet mon coeur (malgré cette cage de calcium, le retenant à jamais prisonnier de ce maudit corps limité). Belle entrée en matière que voilà, nous donnant une belle leçon de complexité et d'inspiration rarement atteinte, avis croissant au fur et à mesure que le compteur d'écoutes augmente.
Un nouvel élan symphonique nous expédie direct dans le bain avec le morceau "Sibylia" (six minutes quarante-sept où le charme opère aussitôt). Chants clairs /
Death / Black nouant un solide paysage autour de soi, c'est une piste des plus virulentes qui nous est asséné mais sans être déroutante à la fois... "cette entente avec
Nahemah ne fera que s'accroître si toutes les autres compositions sont du même acabit" me disais-je alors, et cela se vérifiera pour les suivantes, croyez-moi. Le claviériste Javier Fernandez transcrit d'ailleurs sur cette piste une atmosphère progressive inédite et non surchargée, nous livrant ainsi sur cette seconde offrande musicale un sublime rendu (un peu comme le ferait un horloger Suisse muni d'un doigté précis et charmeur).
Après cette haute canicule instrumentale, "
Autumn Is My
Sin" nous est ensuite livré en pâture, retenant derechef notre attention car très efficace et rondement mené niveau rythmiques. Pablo et Daniel se querellent avec vergogne (fameux duels de voix) tandis que Javier se laisse doucement aller mais veille à rester bien présent (imitation piano de haute volée, vers 04:13), ce qui me laisse de plus en plus pantois...
Mais l'implacable loi du Black
Metal revient et revendique ses droits quelques temps après avec "
Bloodstained Carnival". Elle me charme. Veuillez entrer sans tarder car après celle-ci, l'entracte ne durera pas bien longtemps. Rien qu'à 01:15, les guitares remettent le couvert et nous la joue Heavy, suivies d'un Javier équipé comme toujours de multiples bras et hémisphères. Quant au final, il se finit en haute volée - je souffle - 5 autres morceaux m'attendent - tenir bon...
Que ce soit "Thy Quivering
Wings", un instrumental une nouvelle fois en marge de ce qui se fait mais si diablement efficace que nos sens se perdent (tel notre émoi devant notre reflet sublimé par un miroir merveilleusement poli et travaillé), "The Teardrop
Fall" où des trombes d'eaux chargées de vocaux Black ou
Death, accompagnées de jets de particules sonores Classical/Heavy/Progressif, nous est asséné avec grâce tel une pluie soudaine de dociles picotements, "From The Temples High"... cette composition, toute entière, me semble revêtir à l'unisson le sentiment qui nous transporte quand on a dompté une splendide et haute montagne, celle où le groupe nous attendra, ravi qu'on ait surmonté tant d'obstacles et compris l'état de plénitude à laquelle il voulait nous convier avec ce
Chrysalis (un peu comme la piste "
Ligeia" qui nous fait espérer que l'espoir peut renaître à tout moment avec ces solis et voluptés chantées Black / Orchestral du plus bel effet ou même "A Crystal
Delirium" que je comparerais à une ôde divine de bon aloi).
Cinquante-sept minutes qui se sont écoulées, pourtant le mot Fin ne peut être employé ici car j'aurais tendance à utiliser la fonction Repeat si je ne me raisonnais pas. Un album que je considère comme bien tempéré, unique témoignage de ce qu'ils furent avant leur sursaut
Death Progressif de ces dernières années (bien emmené et tout aussi immersif par ailleurs).
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Qu'ouïe-je ? L'océan ? Impensable dérive évolutionniste.
Apophis2036 / Summonight
Tu as un bon style. Tu devrais penser à écrire un roman.Héhéhéhé.
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