The Other World

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16/20
Nom du groupe Vrylnia
Nom de l'album The Other World
Type Album
Date de parution 15 Septembre 2022
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Awakening
Ecouter01:32
2.
 Invocation
Ecouter05:31
3.
 The Silver Mist
Ecouter04:29
4.
 Terra Firma
Ecouter05:04
5.
 Where I Stand
Ecouter05:24
6.
 Left in a Dream
Ecouter04:34
7.
 The Flaming Eyes
Ecouter05:00
8.
 The Harvest of Ashes
Ecouter05:10
9.
 Silence in Heaven
Ecouter03:27
10.
 The Other World
Ecouter07:07

Durée totale : 47:18

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Vrylnia



Chronique @ ericb4

23 Septembre 2022

Qui pourrait bien arrêter le faucon canadien en pleine ascension ?...

S'il est des formations désireuses de prendre le temps nécessaire à la pleine maturité de leurs gammes et de leurs arpèges, ce quintet canadien créé à Montreal en 2016 serait assurément du nombre. En effet, il aura fallu patienter la bagatelle de deux années depuis son introductif et encourageant EP, « Moonwing », pour le voir revenir dans les rangs. Une éternité pour sa fanbase ! Une attente néanmoins récompensée par un poignant single, « Absolution », auquel succédera, dans ans plus tard, un album full length répondant au nom de « The Other World » ; une auto-production où se dispatchent 10 titres sur une bande auditive de 47 optimales minutes. Cette fraîche offrande serait-elle à même de propulser le collectif nord-américain parmi les valeurs montantes du si couru registre metal symphonique à chant féminin ?

Dans ce dessein, le line-up a subi quelques remaniements qui en ont redéfini le contenu. Aussi, aux côtés de la talentueuse mezzo-soprano Ariane Martel (dont le grain de voix s'apparenterait à celui d' Elina Siirala (Leaves' Eyes, Angel Nation)), de l'auteur/compositeur, guitariste et arrangeur Charles-William Cummings et du bassiste Gabriel Taillon, évoluent, désormais : Emmanuel Lacasse, en remplacement de Louis Lacombe, aux guitares, ainsi qu'Alessandro Vasquez, digne successeur de Mathieu Le François, derrière les fûts. Avec le concours, pour l'occasion, du bassiste Rémy Villeneuve. Conformément aux aspirations premières du combo, de cette étroite collaboration émane un propos power mélodico-symphonique aussi fringant qu'épique, porteur d'une énergie aisément communicative, nourri d'immersives lignes mélodiques et témoignant d'une technicité instrumentale parfaitement maîtrisée, où les influences de Nightwish, Dark Sarah, Amberian Dawn, Ancient Bards, Xandria, Angel Nation et Sirenia se font à nouveau sentir.

A l'instar de son prédécesseur, le présent opus jouit d'une production d'ensemble rutilante. D'une part, tout comme pour Daedalean Complex, The Hazytones, Erimha et Lüger, ce méfait a été mastérisé au Trillium Sound Mastering Studio par son propriétaire, le bassiste Richard Addison (ex-Sojourn, ex-Addison Project, ex-Mystery), Aussi, n'accuse-t-il pas l'ombre d'une sonorité résiduelle. De plus, le mixage au même titre que les enregistrements des lignes de chant et de batterie relèvent de la patte experte de Patrick Goyette, vocaliste de Hymnosis et mixeur de Tunguska Mammoth, Erimha et Hymnosis ; il en résulte une péréquation de l'espace sonore entre les parties vocales et instrumentales doublée d'une belle profondeur de champ acoustique. A remarquer, enfin, l'artwork à la riche palette de couleurs, signé Ryan T. Hancock (Seven Sisters, Terminalist, Callus, Morpholith), avec le concours du guitariste de Bane et Frostbite, Max Allard (MX Design), pour la conception graphique de l'album. De quoi nous pousser à une exploration approfondie des entrailles du navire...

Si le plus clair de la traversée s'effectue en eaux tumultueuses, nos acolytes y trouvent bien souvent matière à nous aspirer dans la tourmente. Ainsi, passée la brève entame instrumentale d'obédience cinématique et d'inspiration ''nightwishienne'', « Awakening », les éléments ne sauraient tarder à se déchaîner. A commencer par son voisin, « Invocation », up tempo au martelant tapping, à la confluence entre Ancient Bards et Dark Sarah ; décochant un refrain immersif à souhait mis en exergue par les saisissantes envolées lyriques de la sirène, le rayonnant manifeste joue dans la catégorie des hits en puissance que l'on ne quittera que pour mieux y revenir, histoire de plonger à nouveau dans cet océan de félicité. Dans cette dynamique, on pourra encore se laisser porter par les vibes enchanteresses du chevaleresque et ''nightwishien'' up tempo « Where I Stand », et plus encore par celles du tubesque et ''xandrien'' « The Flaming Eyes ». Mais le magicien aurait encore d'autres tours dans sa manche...

Tout aussi pulsionnels et bien que moins directement inscriptibles dans les charts, d'autres passages tireront également leur épingle du jeu. Ce qu'atteste, en premier lieu, « The Silver Mist », seyant up tempo à mi-chemin entre Ancient Bards et Amberian Dawn ; recelant des riffs acérés adossés à une frondeuse rythmique, et ne relâchant que rarement la pression, le vivifiant effort poussera le chaland à un headbang bien senti. Dans cette énergie, mais un peu plus ''xandrien'' en l'âme, l'offensif et néanmoins classieux « Terra Firma », lui, imposera d'un claquement de doigts son entêtant refrain comme ses grisantes rampes synthétiques. On retiendra encore le frondeur « Silence in Heaven » qui, non sans rappeler Angel Nation, n'aura de cesse de nous bringuebaler, pour mieux nous retenir, in fine. Enfin, dans la veine de Dark Sarah s'inscrit « The Harvest of Ashes », up tempo aux riffs en tirs en rafale, aux accents orientalisants, et encensé par les fluides volutes de la princesse. Et la sauce prend, là encore.

Lorsque les lumières se font tamisées, toute tension s'évanouira d'un coup d'un seul, nos compères nous livrant par là même leurs mots bleus les plus sensibles. Ainsi, dans la lignée de "Silent Memories", la ''nightwishienne'' ballade « Left in a Dream » est une réelle invitation au voyage en d'oniriques contrées. Greffé sur un sillon mélodique certes convenu mais des plus poignants, révélant de délicats arpèges aux claviers et mis habits de soie par les pénétrantes impulsions de la maîtresse de cérémonie, l'instant privilégié procurera assurément quelques frissons chez l'aficionado du genre intimiste.

Mais c'est dans le secteur des pièces en actes symphonico-progressives que le combo serait au faîte de son art. Ainsi, le titre éponyme de l'opus, « The Other World », se pose tel une fresque à la fois cinématique, opératique et romanesque, abondant en péripéties et à l'issue inattendue. Mis en habits de lumière par les prégnantes patines de la diva, pourvu d'arrangements de bonne facture et conclu par une plage instrumentale plus en retenue, calée sur une violoneuse assise et de légers claquements de tambour, le ''nightwishien'' effort n'aura pas tari d'arguments pour asseoir sa défense.

Au final, le quintet canadien nous livre une œuvre rayonnante, charismatique, un brin classieuse mais chargée en émotion, et qui, en dépit du peu de prises de risques consenti, poussera à une remise en selle en bout de parcours. Ayant su varier ses exercices de style, octroyant une qualité de production difficile à prendre en défaut, générant des mélodies finement esquissées et une technicité éprouvée, sans omettre le brio de l'interprète, le quintet nord-américain aurait dores et déjà les armes requises pour se hisser parmi les valeurs montantes de ce registre metal. Selon votre humble serviteur, à l'aune de son bâton de maréchal, la troupe serait en mesure d'opposer prestement une farouche résistance face à ses homologues générationnels, toujours plus nombreux à affluer. Aussi, qui pourrait bien arrêter le faucon canadien en pleine ascension ?...

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