The Law Of Augmenting Returns poursuit la folle quête de deux bassistes et d’un batteur
Deux basses et une batterie : c’est tout ce qu’il faut au trio australien de The Omnific. C’est par leur surprenante line-up que le groupe a su se distinguer dans la scène du metal progressif, notamment avec un premier opus
Escapades qui titillait déjà les sommets ainsi que par des prestations lives remarquées. Sûrs d’eux sur le plan technique, nos musiciens ont arpenté un style djent généralement froid et mécanique avec davantage de mélodie et de compréhensibilité. En effet, avec des inspirations piochées dans la musique électronique, le jazz ou encore le funk, la jeune troupe exprimait déjà sa vision contemporaine et novatrice avec une véritable explosion sonore et surtout un esprit enfantin lié à l’univers forain plein de charme.
C’est dans cette recherche d’excentricité et d’innocence que nos Australiens nous adressent un second opus nommé
The Law of Augmenting Returns. La première stupéfaction nous arrive dès les premières secondes de l’album et avec le morceau d’ouverture The Omnifc ≈ Bass. Pour la première fois de leur carrière, nos artistes s’essayent à quelques lignes de chant a capela et à des traits humoristiques. Les paroles attestent de ce penchant comique où nos deux bassistes veulent cogner, gifler, glisser et taper leur instrument. Passé cet extrait vocal, le collectif part immédiatement à cent à l’heure avec une rapidité assez inédite. On sent d’ores et déjà un cap de franchi en termes d’agilité et toujours avec une palette de jeux bien fournie. Cette impétuosité ne s’interrompra pas jusqu’à l’arrivée de ce que l’on pourrait considérer comme un breakdown avec du languissement et de l’épaisseur.
On ressent d’ailleurs moins de désinvolture sur la plupart des titres qui entretiennent un ton grave, parfois même menaçant. L’éponyme est dans cette configuration avec son timbre résolument intransigeant presque tragique. Bien que deux courtes sections nous renvoient un tableau plutôt euphorique avec une gamme aiguë dans une ambiance jazzy, l’instrumental préserve une aura assez terne qui contraste totalement avec la précédente toile du collectif. Base Camp est l’une des rares chansons qui renvoie une image espiègle où les accords des basses sont étincelants. La composition est aussi bien aidée par une couche électronique qui renforce ce sentiment lumineux. On est en revanche un peu déçu par une batterie peu expressive et dont les variations sont très minimes.
Mais il s’agit là d’une voire de la seule ombre de cette seconde réalisation. Même si les Australiens ont, d’une certaine manière, mis en retrait leur fantaisie et leur personnalité, ils l’ont compensé par une maîtrise et une habileté quasiment prodigieuses. Et quoi de mieux qu’un final de haut vol pour mettre en exergue toute cette pelle technique avec un Double Malt Ditty qui laisse une très forte impression. Qu’il s’agisse de la multiplication des procédés de basses, des percussions en roue libre, de la progression du morceau qui ne cesse de briser les rythmiques ou même des inspirations qui vont jusqu’à l’hommage des jeux 8-bits, jamais notre fougueuse formation n’a semblé être aussi solide techniquement ce qui laisse de belles perspectives pour le futur.
The Law of Augmenting Returns n’est peut-être pas aussi retentissant que son prédécesseur avec une fraîcheur qui se limite cette fois-ci qu’à l’apparition encore mesurée de prestations vocales pas toujours justes. Il n’en demeure pas moins que The Omnific mène encore parfaitement la barque avec une approche plus imposante et sérieuse ainsi qu’une virtuosité grandissante. Les Australiens tiennent également dans la durée avec des compositions plus étoffées qui permettent de profiter de la faculté engrangée ces trois dernières années. Avec donc deux premières productions que quasiment tout oppose, notre trio va devoir désormais piocher dans ses échantillons pour trouver la formule ultime, celle qui lui permettra d’accéder à l’excellence.
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