De nos jours, avec tous les moyens mis à notre disposition, je suis toujours un peu étonné de voir le temps que mettent certains groupes à sortir un premier album. C'est un angle qu'on retrouve ponctuellement dans mes chroniques précédentes, et pour cause, le cas s'est régulièrement présenté.
Continuum a, quant à lui, a germé pendant cinq ans avant d’expulser un premier bébé, «
The Hypothesis », jeté à nos oreilles par un label Unique Leader ayant un certain sens du résumé sur son site officiel («
Continuum combine un death metal traditionnel avec des motifs dark ambient »). Des motifs dark ambient, il y en a plus ou moins oui, mais ce n'est pas ce qui saute aux yeux. Et surtout, si le death metal traditionnel ressemble à
Continuum, ou vice-versa... Mes certitudes musicales vacillent et j'entre dans un monde d'incertitudes.
On traverse tout le long une violence qui laisse franchement coi (growls, blasts, la phase de breakdown de « Wasps of the History, of the Weak » notamment donnera envie aux deathcoreux), faite de cadences rapides et syncopées, des phases musicales constamment court-circuitées mais non sans un certain groove à l'occasion (« Hypothesis; A Profound Discovery », « A Surreal Descent »). Au-delà de ça, des chorus, des phrasés et des soli de guitare possédés, comme celui de « The Awakened Creator » concourent à l'obtention d'un magma véloce death en diable, insaisissable, les capacités remarquables des musiciens permettant le conglomérat dans un tsunami technique qui dépasse l'auditeur.
Puis, au beau milieu de tout ça, à deux reprises (pistes 4 et 8), vous avez effectivement deux morceaux plus ou moins ambient (comprendre des morceaux uniquement constitués d'une section rythmique et de nappes de synthés aux sons étranges) qui offrent un certain répit, si l'on peut considérer, sur « Where the Worlds Were Left », que des roulements de batterie avec double-pédale en continu peuvent vraiment se lier à l'esprit flottant de l'ambient. Quoi qu'il en soit, cette composition et «
Absolute Zero », sont des surprises absolues et envoûtantes à leur manière, à l'instar du dantesque et ouvertement influencé par le «
Bleed » de
Meshuggah (direction rigide et riff aliéné obliges) « Steppes to Ascension ».
Comme une tarte dans la gueule, si l'on me passe l'expression, la musique de
Continuum paraît hystérique, folle, tout ce vous voulez, et elle l'est : d'un death technique hyperactif, à la croisée de
Necrophagist et de Hour of
Penance,
Continuum a conçu un disque juste plein à craquer, clairement à écouter plusieurs fois pour mieux en apprécier les nuances.
De l'excellent ouvrage, même si, à titre personnel (« On s'en fout !»), et je ne pense pas être le seul, on pourra préférer un death plus facile à suivre ou émotionnel... Ne boudons pas cependant la richesse de «
The Hypothesis », estomaquante.
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