Si en entendant les première notes de l'entame de ce
Phantasia, premier morceau instrumental de ce
The Great Metal Storm premier opus des Brésiliens de Traumer, vous n'avez pas immédiatement pensé au Crossing qui débute le chef d'œuvre Holy
Land d'
Angra, c'est soit que vous ne connaissez pas ce disque, soit qu'il vous faut d'urgence consulter un spécialiste de l'audition. Dans un cas comme dans l'autre je vous conseille d'y remédier.
En outre, la comparaison avec le célèbre groupe natif des terres de braises emmené par
Kiko Loureiro et Rafael
Bittencourt ne s'arrête pas là tant on sent bien ici qu'il n'est pas étranger à l'amour de cet autre quintet de Sao Paulo pour le
Power Metal Européen. Et puis Guilherme Hirose, son chanteur, a un timbre qui n'est pas sans nous rappeler celui d'André Matos, principalement dans ces aigus un peu fluets et fragiles dont sait si bien jouer l'école latino-américaine.
Bien évidemment Traumer n'a pas le talent de son grand frère même si, soyons honnêtes, il s'en sort plutôt bien dans l'exercice de style consistant à décliner l'art de ses ainés. On ne s'ennuie donc jamais ici. On passe même un moment plutôt agréable. Ce qui, dans la jungle étouffante que constitue cette foultitude de groupes de
Power Metal aux talents plus ou moins variables, n'est déjà pas si mal après tout.
Non content de nous faire passer un sympathique moment, ce groupe de copistes se paye même le luxe de ne faire aucun faux pas susceptible de nous permettre de dégainer quelques critiques acerbes. Et on se surprend assez facilement à apprécier des pistes comme
The Great Metal Storm,
Pandora ou, par exemple,
Eleazar.
Même les ballades
Close your
Eyes et Don't you
Cry n'y parviendront pas, gardant une tenue dont certains musiciens originaires du vieux continent seraient bien inspirés de s'inspirer (suivez mon regards).
Au-delà des similitudes il y a les disparités. Si Traumer accuse quelques ressemblances avec
Angra, il peut tout de même s'enorgueillir de quelques différences. Il y a, en effet, chez le premier une propension à travailler la mélodie sans jamais, ou presque (Ride my Way étant une des rares exceptions), passer par le prisme de l'orchestration symphonico-classique, ni même par celui de l'utilisation d'instruments tribaux qui pourtant sont le sel culturel que ces Brésiliens pourraient légitimement revendiquer. La prouesse est d'autant plus remarquable.
Au final
The Great Metal Storm est un disque qui n'a pas nécessairement d'autres vocations que celle de nous faire juste plaisir. Qui n'a pas d'ambitions démesurées. Qui ne joue pas la carte de la surenchère et qui réussit parfaitement fort de cette humilité et de cette simplicité qui le caractérise.
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