Formé en 2000 autour d’Andreas Blomqvist (basse), Johan Liefvendahl (guitare) et Johnny Sandin (batterie),
Seventh Wonder fut repéré très tôt par
Lion Music, label specialisé dans les musiques progressives.
Quatrième album, donc, pour les suédois, sorti en cette fin d’année 2010,
The Great Escape confirme tout l’incroyable talent et potentiel du groupe. Si vous étiez tombés sous le charme de l’incroyable
Mercy Falls, alors ne passez surtout pas à côté de cette pépite, car
The Great Escape continue dans la lancée de ce dernier, offrant ce qu’il avait de meilleur, c’est-à-dire…presque tout !
D’entrée de jeu, Wiseman vient prouver que le groupe n’a rien perdu de ses qualités d’écriture. Est-il encore besoin de démontrer toutes les capacités musicales de SW, quand son metal progressif prend toute son ampleur au travers de ces lignes de claviers si caractéristiques, de ces riffs de guitares et de basse mettant avec une facilité déconcertante toute démonstration technique au service de mélodies entêtantes et accrocheuses? Est-il encore besoin de douter de l’énorme talent de Tommy Karevik quand son chant, au sein de refrains encore une fois hallucinants de perfection (Wiseman,
Alley Cat,
King Of Whitewater) vient s’inscrire en tant que clef de voûte de l’édifice ? Puissant et mélodieux, passant sur Long Way
Home à plus de douceur qui prend aux tripes comme jamais (l’apport de la voix de la sœur en fin de titre n’est d’ailleurs pas sans rappeler le déchirant One Last Goodbye sur
Mercy Falls), le bonhomme possède cette capacité à véhiculer un chant gorgé d’émotion à chaque couplet, chaque mot ! Prenez garde, vous en aurez encore pour des semaines et des semaines à avoir cet album incrusté dans la tête, vous vous surprendrez à chanter, sans vous apercevoir, ces p*** de refrains qui ne veulent plus vous lâcher tellement ils s’avèrent addictifs !
The Great Escape serait-il au bout du compte un pâle copier-coller de son grand frère ? J’aurais bien envie de vous dire non, mais même avec la plus mauvaise foi du monde, force est de reconnaître que les similitudes avec
Mercy Falls sont assez nombreuses, l’effet de surprise s’en trouve du coup un peu diminué. Néanmoins, le passage symphonique de la deuxième partie de
The Great Escape ou le violon et les guitares un peu plus lourdes qu’à l’accoutumée sur la fin de
King Of Whitewater donnent un petit plus appréciable. Et puis il y a The
Angelmaker : introduction travaillée aux claviers, sonorités quelque peu différentes, refrains multiples (si vous vous remettez de ce fantastique enchaînement « Ofelia » et « I thank your mothers… », je veux bien bouffer la pochette à la petite cuillère)… Le morceau virevolte entre divers états, de l’illusion d’une ballade quand Tommy Karevic pose son chant, parfois trafiqué à travers un filtre, à l’explosion instrumentale (subtil mélange encore une fois de technique fluide et mélodique), et laisse entrevoir une potentielle évolution pour les années à venir.
The Great Escape est tellement maîtrisé, tellement accrocheur, qu’on pourra tout pardonner au groupe, même la fin du disque avec un Move On
Through un peu moins inspiré que les autres titres (vu le niveau en même temps…il en fallait bien un qui ne soit pas parfait) ou le dernier titre éponyme qui était censé être la pièce maîtresse de cet ouvrage. Basée sur l’œuvre de Harry Martinson (une épopée spatiale du nom d’ Aniara)? écrite en 1956,
The Great Escape est découpée en treize parties pour un résultat de plus de trente minutes. Le problème est que, si l’on peut prendre ici toute l’étendue musicale du groupe, le titre n’apporte rien de nouveau au disque.
Plus un collage de bouts de chansons qu’un gros bloc, l’ensemble est assez décousu (les parties s’enchaînent chaque fois après un court interlude musical) et on a du mal à rester concentré jusqu’au bout. Il aurait été plus judicieux de le découper en plusieurs morceaux, quitte à ne faire qu’un album sur le thème du livre (les autres morceaux n’ayant rien à voir avec).
Au final, il manque juste ce petit truc qui fit de
Mercy Falls un album quasi-parfait : une certaine cohésion dans les titres grâce au concept, quelques éléments de narration, ce petit frisson qui vous parcourt à la fin de l’écoute alors que vous n’avez envie que d’une chose, c’est d’appuyer à nouveau sur le bouton play…et de replonger dedans ! Mais qu’on ne s’y trompe pas :
The Great Escape n’est rien de moins qu’un album phare de cette année 2010, pour peu qu’on soit amateur de progressif, et si vous n’avez pas encore eu l’occasion de jeter les trois oreilles dessus, c’est le moment de vous rattraper !
Seventh Wonder se positionne maintenant comme une valeur sûre dans le petit monde du metal, et possède un potentiel incroyable. Il faut juste espérer par la suite que le groupe ne s’enfermera pas dans le même schéma que ces deux derniers albums de haute volée, sous peine de tourner en rond. Croisons les doigts pour que
Seventh Wonder soit plus intelligent que cela…
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire