The Fifth Season

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16/20
Nom du groupe Artaius
Nom de l'album The Fifth Season
Type Album
Date de parution 10 Avril 2013
Style MusicalFolk Metal
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Make the Iguana
Ecouter06:15
2.
 Through the Gates of Time
Ecouter04:59
3.
 Over the Edge
Ecouter04:29
4.
 Horizon
Ecouter04:24
5.
 Starway's End
Ecouter04:15
6.
 Prophecy
Ecouter05:06
7.
 Le Vergine e il Lupo
Ecouter04:43
8.
 Wind of Truth
Ecouter03:44
9.
 Wind of Quest
Ecouter04:43
10.
 Wind of Revenge
Ecouter03:16
11.
 Wind of Wisdom
Ecouter04:25

Durée totale : 50:19

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Artaius



Chronique @ ericb4

19 Juin 2015

Ayant élevé ses performances d'un cran, le combo italien peut désormais se projeter sereinement...

Pas moins de deux années ont été requises avant que le combo italien ne revienne, suite à une discrète démo, déjà révélatrice d'un potentiel artistique et technique affirmé. Et ce, avec un projet plus abouti, à l'aune de ce premier album full length déroulant allègrement ses onze titres, pour une durée d'écoute totalisant une cinquantaine de minutes. Précisons que les quatre pistes de la démo ont été intégrées dans cette mouture, après avoir été remodelées dans ses moindres détails. C'est dire qu'une étape importante dans l'évolution de leur projet semble avoir été franchie, le groupe nous octroyant notamment une production de meilleure facture et un soin particulier accordé aux finitions.

On retrouve donc le septet prêt à nous envoûter une nouvelle fois, à la lumière de ses compositions riches en variations rythmiques, en accords, répondant à l'appel de la tradition, sans se départir de sonorités empruntées à une époque plus contemporaine. Déjà, l'artwork de la jaquette symbolise cette harmonisation de contrastes, entre un paysage quasi désertique, aux teintes froides, et une tocante égrainant ses minutes et ses heures, trace d'humanité insoupçonnée dans ce contexte pictural. Cette fois, le groupe a mis les petits plats dans les grands, ayant pris soin de mixer avec précision les parties instrumentales et vocales, de peaufiner ses arrangements tout en veillant à une qualité d'enregistrement bien supérieure à celle de leur initiale production. Il en ressort une profondeur de champ acoustique avec un relief plus marqué, moins de notes parasites et davantage de fluidité dans les enchaînements d'accords et entre pistes. De plus, l'impression de compression sonore perceptible sur l'ancienne mouture est atténuée, à notre plus grand plaisir.

Pour un retour aux sources, le groupe a repris ses gammes et les a resculptées à sa manière. Voyons plus précisément quels sont les stigmates de cette évolution. Nous remarquons d'entrée de jeu l'intrigant « Make the Iguana », titre repris, rallongé et refondu, faisant encore apparaître un flûtiau, celui-ci s'étant néanmoins séparé de la guimbarde, troquée par quelques ondulations synthétiques, métallisant dès lors davantage l'espace instrumental. Autre empreinte environnementale donc, mais qui n'a pas vendu sa patte traditionnelle au diable. On évolue désormais dans un bain rythmique entraînant, aux riffs corrosifs, avec un degré d'immersivité supérieur. On se rapprocherait ainsi de l'environnement roots de Mayan. Enfin, on peut réentendre les growls de la bête sauvage aux prises avec une belle qui a pris le temps de peaufiner ses délicates modulations, désormais plus ajustées et tout aussi aériennes. Pour les deux titres suivants, précisons que l'ordre d'apparition dans la tracklist originale de la démo a été malencontreusement inversé par nos acolytes. Bien entendu, il en a été tenu compte aux fins de la comparaison requise ici. Ainsi, l'entraînant « Starway's End » s'offre à nouveau à nous, avec davantage de relief rythmique et des nappes synthétiques peignant les mêmes arabesques, la sirénienne interprète faisant osciller ses vibes avec plus de finesse sur les couplets, sans que la bête ne s'efface d'un pouce. Quelques répétitions harmoniques s'observent encore mais n'empêchent nullement de profiter de subtiles nuances atmosphériques dont se nourrit cette piste énigmatique. De son côté, l'alerte « Wind of Truth », dans une atmosphère folk violoneuse, laisse nos tourtereaux convoler à l'unisson sur les couplets et refrains, qu'on suit sans encombres. Il en émane toujours une ambiance quasi festive, lorsque le flûtiau laisse entrevoir ses stridulations et que la machinerie rythmique se fait plus rutilante et les riffs plus massifs. On se replonge à nouveau dans une ambiance proche de celle d'Elane. Enfin, quelques notes au piano volètent tout aussi allègrement, mais plus nettement, sur « La Vergine e il Lupo », avant que la cavalerie ne se mette en branle, sans oublier ses riffs mordants contrastant avec son flûtiau décomplexé. La belle, de ses angéliques envolées, prend le relai sur des couplets joliment colorés, avant que la bête n'obscurcisse la scène de ses caverneuses léchouilles. Le déploiement des sinuosités du serpent synthétique est total, précédant quelques gammes bien affûtées au piano. Un changement de rythme imposé par le frêle instrument à vent s'interpose, peu avant la fin de piste. Au final, ces quelques traces d'évolution n'ont pas affecté la teneur du propos au point de les transformer totalement. Ainsi, tout en offrant un remodelage esthétique et technique à ses titres, le groupe a su conserver leur âme et leur substance originellement roots. Pour le reste, la recette stylistique reste la même : une empreinte folk, associée à une patine prog rock typé '70, avec un riffing trapu apparenté à l'univers metal.

Le tempo demeure vivace sur plusieurs espaces de la fringante rondelle. Ainsi, l'énergique « Through the Gates of Time » nous imprègne de son tapping musclé, de ses riffs graveleux et d'une lead guitare frétillante. La sirène s'élance alors sur les couplets avec une aisance vocale qui a pour corollaire les growls capiteux de son acolyte. Les refrains s'avèrent plutôt souriants, à défaut de suivre un chemin mélodique au tracé très précis. Un pont instrumental, animé par un flûtiau et un riffing cinglant, s'invite et se fait surprendre par les inflexions puissantes de la déesse, calées dans les médiums, cette fois, elles-mêmes attirant les rugosités incantatoires de son comparse. Ainsi se clôt le chapitre. De même, le véloce « Over the Edge » nous aspire le tympan dans des couplets bien dessinés, avant que quelques arpèges au piano, parfois volontairement déroutants, ne s'infiltrent. La reprise de la belle sur le refrain se révèle agréable, avec quelques incantations en background du growler, devenu screamer pour l'occasion. Le schéma est repris une seconde fois, avec un zeste de puissance supplémentaire, pour finir crescendo. Enfin, l'orientalisant et vrombissant « Prophecy » nous assaille également d'une section percussive inflexible et de riffs sémillants. Les deux empreintes vocales s'inscrivent à nouveau sur l'ensemble de la piste, aux couplets vaporeux et aux refrains qui, ici, ne se laissent pas aisément apprivoiser. Un break à la guitare acoustique se cale alors sans crier gare, se faisant surprendre par une dense reprise instrumentale et sous la houlette des impulsions conjuguées de nos deux impétrants. Après les avoir apprivoisés, on quitte alors ces instants flamboyants avec l'irrépressible envie d'y revenir. Ce serait sans compter avec le fuligineux « Wind of Revenge ». Celui-ci nous assène de ses riffs acérés et de rugosités growleuses, avant que la diva n'insuffle ses célestes envolées à nos pavillons. Une rythmique syncopée se cale au moment où sonnent les violons, avant que de trépidantes oscillations au synthé ne nous immergent, la belle finissant en crescendo.

A d'autres moments, la diversification atmosphérique est de mise. Ainsi, quelques notes saturées et distendues au synthé nous accueillent sur le fulminant « Horizon », avant que des riffs agrippants ne se fassent ouïr, parallèlement à ce flûtiau qui semble ne jamais baisser la garde. Quelques serpentantes sinuosités au piano bien inspirées nous ouvrent les portes du duo vocal, aux contrastes de timbre toujours aussi marqués. C'est alors que des variations atmosphériques et rythmiques sculptent ce morceau, au demeurant plutôt agréable.

Quelques instants émotionnellement puissants s'offrent aussi à nous. Et ce, déjà à l'aune du romantique « Wind of Quest ». Avec sa guitare sèche en entrée, son piano en phase avec les éléments, sa légère rythmique, cette pièce nous entraîne dans le sillage d'un moment atmosphérique propice à l'onirisme. La princesse déroule quelques phrases lues, puis délivre ses délicates impulsions sur des refrains immersifs, sans que la flûte ne nous quitte vraiment. Moment d'émotion propice à la pérégrination des sens. Rendez-vous maintenant à l'outro de l'opus, à l'instar de « Wind of Wisdom ». D'abord joyeux, le morceau s'assombrit à la perception d'un récit conté par le growler, avant que ne danse la belle sur le chemin mélodique tracé par un piano invitant, au cœur d'un espace percussif aéré. Les riffs arrivent progressivement et la rythmique se plombe, sans que rien ne vienne perturber les angéliques ondulations vocales de la sirène, le titre jouissant, in fine, d'un dégradé sonore apaisant.

Une réelle évolution s'est amorcée à l'aune de cette généreuse galette, qu'on se plaît à remettre en selle avec plus d'aisance que l'initiale production. Les titres repris ont bénéficié d'un supplément d'âme accolé à un espace percussif plus en phase avec le propos inhérent à chacune de ces compositions. Sans se départir de son empreinte stylistique fondamentale, le groupe l'a incorporée dans un espace sonore épuré d'accords parasites et de parcelles de lignes mélodiques qui, jusqu'alors pouvaient nécessiter quelques retouches, pour viser à davantage de fluidité. Sans pour autant céder à la facilité, le combo a tenu à ce que l'auditeur soit progressivement imprégné du message musical délivré. Et, consciemment ou non, la sauce finit par prendre.

Les amateurs de folk metal y trouveront matière à se sustenter, pouvant aisément laisser dérouler le ruban auditif sans éprouver le besoin de faire l'impasse sur quelques pistes malheureuses. Un auditorat élargi peut également s'envisager, notamment auprès de publics intéressés par le metal progressif, atmosphérique et mélodique à chant féminin. Autant dire que le combo signe là une œuvre apte à unifier les tendances, lui autorisant dès lors le déroulement du tapis rouge d'une scène metal au long cours. De plus, il semble encore avoir une marge de manœuvre lui octroyant la capacité d'élever d'un cran le niveau de ses performances, déjà très honorables. C'est dire que l'on a toutes les raisons de croire en un projet fertile en inspiration pour cette formation qui, vraisemblablement, saura faire évoluer ses gammes et ses arpèges au fil de ses productions.

2 Commentaires

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frozenheart - 19 Juin 2015: Effectivement là en configuration album ça passe déjà mieux, la production, ainsi que les titres sont bien mieux exécutés, (fini les démos). Malheureusement ça ne passe toujours pas à cause des growls, alors qu'avec Epica ça passe tout seul .
ericb4 - 19 Juin 2015: Malgré quelques progrès côté growls, ça reste encore à approfondir. Pour le reste, en revanche, ça laisse augurer de beaux jours pour cette formation qui a soigné sa production. Reste encore à confirmer en live car, au vu de ce que j'ai perçu, il y a encore du travail à abattre de ce côté-là.
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