Il y a deux ans,
Minority Sound s'était fait découvrir avec son premier full length « Analysis ». Personne ne s'était vraiment attendu à voir débarquer un aussi jeune groupe de Cyber
Metal dans un pays où le metal industriel est plutôt rare. Et pourtant, ce quatuor est plus que prometteur. Non seulement il se démarque des formations actuelles du genre – tout en évitant le piège du djent – mais en plus, il apprend de ses erreurs, surmonte ses faiblesses, et revient encore plus fort avec un nouvel opus conceptuel du nom de « The
Explorer ».
Ici, on nous parle de l'exploration et de la colonisation de l'univers, de manipulations, de l'évolution technologique, de fanatiques (du monde religieux ou du monde virtuel) et de fin du monde à travers une musique très dynamique et catchy.
Minority Sound a mis le paquet sur l'efficacité des titres et sur leur diversité, si bien que l'un des principaux points négatifs d' « Analysis » a été gommé.
Pas de redondance ni d'ennui, l'auditeur est pris de but en blanc dans un Cyber
Metal très technologique et futuriste. Peut-être est-ce dû à un léger changement de style,
Minority Sound ayant opté pour un son plus extrême, plus melo death par moment. En cela, les guitares adoptent un nouveau tranchant et les techniques de chant se découvrent au fur et à mesure de l'opus.
Rien que les deux premiers morceaux « Hostile in Your
Skull » et « Load of
Destruction » nous montrent ce à quoi nous avons à faire.
Pas de doute, les Tchèques se sont trouvés un nouveau son, un son plus dense et plus direct. Le rythme est véloce – entre quelques petits interludes atmosphériques – et permet de mettre en osmose les guitares, le chant, mais aussi les sonorités électroniques et cybernétiques, créant, majoritairement, les ambiances. On est vraiment embarqués dans un autre monde.
« The
Explorer » est loin d'être un album linéaire étant donné que
Minority Sound a réussi à intégrer plusieurs facettes à son album. La dynamique varie, de même pour la voix, qui passe autant du growl aux cris en passant par le chant clair et les effets synthétiques. « Binary Child » et « Wipe
Out the
Virus » sont de bons exemples avec cette incision parfaite et ces excellentes sonorités cybernétiques.
Plus on s'approche de la fin de l'album et plus l'ambiance est décadente et sombre, prouvant qu'il y a certaine progression. Le concept le permet, d'un certain point de vue, et le tout va en crescendo.
Pas de répit dès qu'on arrive du côté de « Fear » et de «
The End of All ». La puissance et l'intensité sont décuplées, en particulier sur le dernier titre : tempo plus lent, chant moins omniprésent, guitares au ton plus grave et claviers apocalyptiques. De quoi nous donner envie, par avance, d'entendre le futur album.
Minority Sound livre un album plus dur, plus costaud et beaucoup plus fouillé, quelque part entre
Fear Factory et
Shadowcast, mais avec une personnalité toute particulière, ce qui est actuellement rare dans le monde du Cyber
Metal, car le style tend à tourner en rond depuis un petit moment maintenant. Mieux produit et mixé par Rom Di Prisco (compositeur de musiques de jeux vidéos tels que
Unreal Tournament ou
Need For Speed), « The
Explorer » pourrait très certainement faire parti du top 10 des meilleurs albums du genre...
Ma réaction, à chaud, après m'être envoyé l'album, c'est : "la prochaine fois que quelqu'un me demande qu'est-ce que le cybermetal, je lui balance cette galette en pleine figure". Tout ce que le cyber à de meilleurs à donner est condensé ici (particulièrement les claviers...mais ça, c'est une question de goût). C'est pas peu dire. Dans les 10 meilleurs albums du genre ? Absolument.
Comme toujours, merci pour la chronique :)
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