The Eternal Light of the Unconscious Mind

Liste des groupes Death Progressif Nami The Eternal Light of the Unconscious Mind
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17/20
Nom du groupe Nami
Nom de l'album The Eternal Light of the Unconscious Mind
Type Album
Date de parution 04 Novembre 2013
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1. The Beholders
2. Ariadna
3. Silent Mouth
4. Hunter's Dormancy
5. The Animal and the Golden Throne
6. Bless of Faintness
7. Hope in Faintness
8. Crimson Sky
9. The Dream Eater

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Nami


Chronique @ Eternalis

11 Janvier 2014

[...] une réponse crédible aux déçus de Porcupine Tree ou Opeth [...]

Nous avions abandonné Nami à l’orée d’un très grand moment, d’un instant fugace où, déjà, il pouvait se permettre de croire que son édifice serait grand. Sans le retentissement médiatique que l’on aurait été en droit d’attendre, ni le succès commercial qui, désormais, fuit inlassablement de plus en plus d’artistes, "Fragile Alignments" développait son monde, son environnement, son atmosphère avec une telle poésie, une si grande beauté qu’il ne pouvait de toute façon en rester à ce stade. Evolution étant déjà le maitre mot de ce premier opus époustouflant, la suite ne pouvait que se faire attendre.

De ce croisement hybride entre Porcupine Tree, Opeth ou encore Devin Townsend naissait une musique progressive, suave, naturelle et aussi rageuse qu’elle ne pouvait se faire douceur et volupté. De plus porté par un concept ambitieux de la quête d’un homme vers sa propre introspection, il était le point de départ rêvé d’une carrière en devenir. La suite fut relativement anonyme, jusqu’aux véritables nouvelles d’un second album.
Visuellement, le premier rapport avec lui est l’exacte opposition avec celle du premier essai. Là où "Fragile Alignments" proposait un artwork magnifique de couleurs et de vivacité, "The Eternal Light of the Unconscious Mind" présente un visuel glacial, terne et très sombre, malsain presque, se rapprochant d’une gravure là où le précédent semblait avoir été fait à l’aquarelle. Le contraste est saisissant et semble annonciateur d’un changement non négligeable dans la vision musicale du groupe d’Andorre.

Cependant, avec un line-up inchangé, on retrouve assez facilement le Nami du premier album, avec une maturité technique et créative supérieure à même de livrer un album marquant et en tout point exceptionnel. "The Beholders" s’ouvre de manière extrêmement progressive, sur une ligne de claviers bercée par la souffrance d’un Roger Andreu ayant fait des progrès faramineux derrière le micro, particulièrement sur les parties hurlées. Son chant se fait bien plus sombre, profond et caverneux tout en incarnant une profonde détresse, un malaise constant et surtout une forte souffrance, parfaitement retranscrite dans ces premiers râles. La production est parfaite, à la fois puissante et sombre, massive et fine, laissant un espace non négligeable à la basse et aux claviers pour rendre les guitares encore plus écrasantes lorsqu’elles se retrouvent au premier plan. Ce premier titre de sept minutes permet de comprendre cette nouvelle maturité qui emplit "The Eternal Light of the Unconscious Mind". Proche d’un Opeth de la grande époque, Nami ne se perd jamais dans un progressisme académique mais au contraire laisse vivre naturellement sa musique en hypnotisant l’auditeur à travers des phases répétitives mais jamais lassantes, laissant grimper une tension latente qui explose aux instants les plus intelligents. La richesse rythmique apportée par Sergi Verdeguer à la batterie est impressionnante puisque, sans jamais sombrer dans la démonstration, il glisse une dynamique très forte, très organique dans une musique qui semble vivre à chaque instant et même réagir différemment selon notre humeur.

On se perd très volontiers dans les méandres de cet opus qui, s’il n’est pas facile d’accès, est un véritable manifeste de créativité et d’humanité, redéfinissant le metal progressif actuel comme l’a déjà fait Leprous cette année avec son formidable "Coal". Un metal progressif qui joue sur les ambiances, sur une émotion viscérale et extrêmement forte, jouant à délivrer une souffrance et une mélancolie de chaque instant sans pour autant plonger dans une banale violence physique. Le sublime "Silent Mouth" permet d’entendre à quel point ce vocaliste possède une voix sublime, apte à nous perdre dans le brouillard de son spleen. La lead mélodie est d’une beauté saisissante et son chant clair, dans lequel on retrouve toujours une pointe de Steven Wilson, est un levier incroyable vers ce vivier d’émotions qu’il est capable de générer. Sergi joue énormément sur les toms pour créer cette illusion de mouvement permanent, parfaitement contrebalancé par des guitares langoureuses qui, lorsqu’elles deviennent plus agressives, se font rejoindre par une double pédale souvent intraitable. Le break de ce titre le démontre aisément, puisque tout y devient plus dense, le rythme s’emballant tout en gardant une mélodie omniprésente.
Nami se fait parfait moins metal, plus intimiste, particulièrement sur la deuxième partie du disque, comme le faisait déjà "Fragile Alignments", mais avec une meilleure cohésion sans la cassure brutale que représentait "Cosmical Beginning". On notera déjà l’incroyable "The Animal and Golden Throne", presque entièrement vocal, partagé entre nappes de claviers et notes éparses de piano mais animé par la voix emplie de désespoir, hurlant et criant sa peine dans une beauté parfaite et très cinématographique. S’ensuit magnifiquement "Bless in Faintness", là encore très acoustique, tout en chant clair, parcouru par une grâce et un talent forçant l’admiration (à voir la moyenne d’âge du groupe, c’est vraiment impressionnant).

Forcément, Nami n’oublie pas ses racines et un titre comme "Ariadna" (dont un clip fut issu) le démontre. S’il n’est pas exempt de mélodie et de phases très claires, la saturation y conserve une place importante, notamment sur ce break très saccadé et impulsif, clairement pensé pour le concert. A l’inverse, comment ne pas être renversé par la poésie de ce passage où œuvre des samples de saxo puis une voix narrative féminine renforçant encore plus l’aspect conceptuel de l’album. "The Dream Eater", clôturant l’album sur cette œuvre de dix minutes, dévoile tout le panel d’influences de ces musiciens talentueux, passant d’une musique brutale et moderne à des phases presque jazzy où le saxophone refait son apparition (instrument décidément très en vogue actuellement) ou encore des phrases plus techniques qui permettent à Nami de se créer un monde personnel et unique qu’il faut apprivoiser et prendre le temps de comprendre. Mais quelle récompense en échange lorsque l’on pénètre cet univers si riche et paradoxal, constamment partagé entre lumière et obscurité.

"The Eternal Light of Unconscious Mind" est un opus personnel et race, qui enfonce le clou déjà bien installé et permet de placer d’ores et déjà Nami parmi les grands noms du nouveau metal progressif. Le metal progressif des Leprous, Communic ou encore Mastodon, défrichant les terrains connus du prog technique et forcément basé sur la longueur des titres. Il est aussi une réponse crédible aux déçus de Porcupine Tree ou Opeth…il est écrit que Nami sera grand. Passer à côté d’eux est dès à présent une irrémédiable erreur.

2 Commentaires

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TheReverend13 - 11 Janvier 2014: Merci pour le papier, j'attendais cette chronique de pied ferme, je ne suis pas déçu !!

Pour ma part, j'ai écouté l'album 2 fois sur le bandcamp du groupe avant sa sortie, et il me paraissait excellent, il me manquait juste un peu de liquidité pour me l'acheter, ça sera chose faite très bientôt. Tout ce que j'ai pu constater sur ces 2 écoutes est que le groupe murit, et la chanson The Dream Eater est un chef d'oeuvre.

Je me reconnais donc bien dans ta chronique (sauf quand tu mentionnes "déçu d'Opeth", ça pour moi c'est pas possible ^^)

Encore merci !
Eternalis - 11 Janvier 2014: Merci pour le commentaire ;)
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