Fragile Alignments

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18/20
Nom du groupe Nami
Nom de l'album Fragile Alignments
Type Album
Date de parution 17 Mai 2011
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album26

Tracklist

1. Awakening from Lethargy 04:15
2. The Inner Man: Materia 06:12
3. The Growing – Earth 07:45
4. Oppression and Understanding Fire 05:30
5. Loop of Truth (the Link) 06:29
6. Cosmical Beginning – Air 08:40
7. Conscience of the Void (from Oblivion to the Renew) – Water 08:53
8. The Inner Man: Antimateria 06:19
9. The Pattern 03:59
Total playing time 58:02

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Nami


Chronique @ Eternalis

29 Avril 2011

La musique du quintette ne cesse jamais de vivre, à aucun moment, mais évolue constamment.

Paysages désolés des astres morts ; explosion ésotérique de particules dans l’infiniment petit et l’infiniment grand de l’univers ; alpha et omega d’étoiles…l’existence baigne dans un cosmos irréel et insondable à qui nous devons tout, autant vivre que mourir.
Évoquer la terre, l’air, le feu et l’eau apparait comme la moindre reconnaissance d’une vie ayant accueilli dans son berceau des millions d’êtres vivants.

De la douce quiétude de l’éveil peut néanmoins surgir la sauvagerie d’une conquête existentielle. Comme une épopée…la traduction d’une existence en sons et en images…d’une vie de la naissance au retour à la terre…d’un cycle se bouclant finalement parfaitement. Sans pollution, sans infrastructures vaines, sans affrontements élitistes ou matériel superflu…omega nous guette…mais commençons par le commencement…

"Awakening from Lethargy"…douce léthargie dont Nami nous tire délicatement, avec douceur et poésie presque. Nami est inconnu, pour le moment tout du moins, mais explore des paysages musicaux d’un aventurier conquérant et sur de sa force et de son audace. Originaire d’Andorre, la peur ne fait visiblement pas partie de leur vocabulaire…et c’est sous le patronyme songeur et métaphysique de "Fragile Alignments" qu’ils décident de nous conter leur histoire.

"Awakening from Lethargy"…le souffle d’un être nous accueille, puis une douce mélodie acoustique, peuplée de sons naturels et des bruissements du vent. Doucement, la caisse claire fait son apparition pour nous amener vers un lieu non pas plus hostile mais plus vivant, prenant rapidement sa dimension plus imposante. Les mélodies commencent à s’entremêler, une nappe de claviers planante fait son apparition et les éléments explosent les uns dans les autres dans un magma organique superbement mis en valeur grâce à un travail sonore délicat, puissant et d’une finesse rare. La virtuosité émotionnelle d’un Devin Townsend n’est pas très loin, tout autant que l’émotion d’un Opeth ne serait pas forcément différente.

Mais la vie est violence, et la violence se matérialise sous la forme d’un premier véritable morceau dantesque : "The Inner Man : Materia". Balançant des riffs alambiqués et polyharmoniques techniques et sauvages, Sergi "Bobby" Verdeguer lance la composition sur un travail de batterie impressionnant, avant de voir surgir la bête. Le chant de Roger Andreu, très primaire dans sa forme growl, évoluera lui aussi tout au long du périple initiatique que se veut être "Fragile Alignments". La puissance progressive de la musique de Nami tire sa force d’un travail de guitare très inspiré et technique sans jamais tomber dans une démonstration stérile de ressenti. La musique du quintette ne cesse jamais de vivre, à aucun moment, mais évolue constamment, de morceau en morceau.
"The Growing – Earth", s’ouvre déjà dans une voie plus acoustique et évolutive, qu’un Porcupine Tree récent ne renierait pas (autant que la voix claire de Roger n’est pas sans rappeler celle, pure et sublime, de Steven Wilson). Nami développe des envolées lyriques d’une beauté à couper le souffle, entre un chant clair hypersensible, des grunts perçu en toile de fond et des chœurs discrets audibles en filigranes. La richesse sonore est telle que de multiples écoutes seront nécessaires afin d’entendre les infimes subtilités des morceaux.

"Loop of Truth (The Link)", porte intelligemment son nom puisqu’il forme une sorte de pont, de cassure dans la structure même de l’album, comme si, depuis son éveil cinq pistes plus tôt, l’homme devenait enfin adulte et maitre de lui-même ; plus réfléchi, sombre et désespéré. La musique se noircie, devient plus dure, inquiétante et oppressante. Une portée schizophrénique se dessine dans une multitude de lignes vocales tissant un certain déséquilibre émotionnel, une fragilité se cachant derrière une fureur explosant ici et là. "Cosmical Beginning" forme alors la dimension la plus expérimentale et magique de l’album. Les riffs deviennent hypnotiques, massifs. La production se fait réellement colossale, les plans de plus en plus techniques et imprévisibles, une nouvelle fois à la manière de ce que Devin Townsend fit de mieux lorsqu’il allia les genres de SYL et de son art en solo. Le chant est plus possédé que jamais, évoquant parfois celui de Niilo Sevänen (Insomnium) dont la richesse se serait décuplée.

Les plans s’enchainent et les morceaux s’allongent inexorablement, s’approchant allègrement des neuf minutes sans provoquer une once d’ennui ou de longueurs futiles. "Conscience of the Void", mélancolique et spatiale (logique à la vue du titre) emmène l’auditeur très loin, de tout et surtout d’un environnement surpeuplé et pollué par les autres. Dans un minimalisme salutaire, notamment après la décharge sonore que fut "Cosmical Beginning", avec simplement des arpèges sublimement sensibles et quelques claviers atmosphériques, Nami touche à la créativité pure et naturelle, qu’un si jeune artistique ne parvient d’ordinaire à ne serait-ce qu’effleurer. Le chant de Roger y est plus bouleversant que jamais, d’une sincérité inouïe où la sensation d’une catharsis le mettant littéralement à nu est d’une intensité rare. Une approche presque pop, délicate et décharné, apporte une forte humanité à l’ensemble, prenant la forme d’une élévation spirituelle, d’une prise de conscience éthique et psychologique se matérialisant peu à peu sous la forme d’une musique ôtant le superflu sans une seule seconde devenir simple ou passéiste (le jeu de cymbales est ahurissant d’intelligence technique, tout comme la basse de Ricard Tolosa).

"The Inner Man : Antimateria", s’enchaine dans une optique similaire au morceau précédent, mais avec une rédemption plus visible, une noirceur moins présente et peut-être, une certaine forme d’optimiste, que l’on pourrait apercevoir dans ces soli sublimes de finesse. L’approche sonore évoque énormément le "Ki" de Devin Townsend, si bien que l’ambiance y devient forcément plus positive et posée. "The Pattern" achève "Fragile Alignments" comme une boucle renvoyant à "Awakening from Lethargy", comme une sphère infinie faisant de ce premier album une œuvre que l’on pourrait écouter et réécouter sans jamais se lasser, et toujours dans un souci de cohérence très fort. Une forme d’aboutissement émane déjà de ce premier effort témoignant d’une intelligence artistique et créative devenant de plus en plus usurpé.
On ne pourra également que féliciter le groupe pour sa recherche conceptuelle se traduisant également dans un artwork sublime et métaphorique, autant que dans un digipack superbe et un livret magnifique, où chaque composition dispose de son illustration peinte, mettant en valeur des textes profonds et écrits d’une plume aguerrie.

Nami est déjà en vous…"Fragile Alignments" est là…il est la terre, l’air, le feu et l’eau…notre environnement et notre vie…il est la première pierre d’un édifice qui ne demande qu’à grandir avec le temps…et notre temps…

8 Commentaires

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Selfdestruction - 29 Avril 2011: Bon, je reviens dire que j aime bien encore une fois...parce que j aime bien!
ebony - 31 Mai 2011: Un heureux hasard d'avoir écouter ce groupe! Un coup de coeur..pour le melange parfait voix clair et growl..le son de batterie compact..globalement je trouve une similitude avec opeth mais ceci est mon avis! Effectivement on ne se lasse plus de l'écouter, quelle pureté cette aquarelle sur la pochette..en commande, hate d'avoir l'objet entre les mains!







Lamorak - 06 Août 2011: Quelle magnifique musique...
Je viens d'acquérir cet album à l'instant et je ne le regrette pas une seconde.
J'avais un peu écouté sur le net d'abord pour me faire une idée.
Sinon, de quel bug parlez vous ? Que s'est-il passé ?
Bobbyshka - 06 Août 2011: Merci!!! Ça fait plaisir de lire tout ça :)

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Chronique @ BestJules69

08 Août 2012

La biographie d'un monde

Il arrive parfois d’être hésitant à l’idée d’écouter la première production d’un groupe, d’autant plus lorsque celui-ci est encore inconnu. Lorsque nous tenons deux disques dans nos mains, notre attention est souvent portée sur celui dont le titre, le nom du groupe ou encore l’illustration nous évoque le plus grand nombre d’éléments. « Fragile Alignements » et son image penchant vers l’abstrait, serait alors aussi vite reposé dans les bacs qu’il en était sorti. S’il est un domaine dans lequel Nami part de zéro, c’est bien celui de la première impression…

Le soleil se lève. Les premiers rayons illuminent un paysage vaste et dépourvu de toute trace humaine. Les arbres agitent leurs grands bras, laissant entrevoir la silhouette d’un merle récitant son discours. Les cigales entonnent leur hymne traditionnel. Tout n’est qu’ordre, calme et beauté. « Awakening from Lethargy », alliance subtile entre douceur, allégresse et légèreté, nous ouvre les portes d’un nouveau monde et d’horizons encore inconnus. Une nouvelle ère se profile. De nouveaux êtres goûtent à la vie…
C’est ici que commence l’histoire de l’un d’entre eux. Surgi de nulle part, luttant seul pour se frayer un chemin dans un monde hostile qu’est celui du metal, Nami est néanmoins parvenu à éclore. Fragile, mais vivant. Imperceptible, mais présent. Le groupe fait figure de jeune pousse au milieu d’une forêt dense et peuplée d’arbres centenaires. Celle-ci goûte encore à la fraîcheur du matin, dont la rosée lui apporte tout ce dont elle a besoin. Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Les temps changent. Le vent se lève, les nuages menacent le soleil. La tempête approche…

Le metal progressif est un bien vaste domaine, qui, grâce notamment à la longueur des morceaux, offre aux groupes une liberté musicale intéressante, une perspective d’évolution, de changement… « Fragile Alignements » en est la preuve parfaite. Ainsi, il ne faudra pas être hostile à concevoir une juxtaposition entre blanc et noir tout au long de l’album. Après une introduction tout en rondeur, on retiendra « The Inner Man, Materia » et son atmosphère rude et hostile, dans laquelle la voix de Roger Andreu atteint le summum de son agressivité.

Comme le révèle l’Artwork, « Fragile Alignements » joue avec les contrastes. On retrouve cet esprit de paradoxes musicaux dans « The Growing, (earth) », qui allie colère et nostalgie. On remarquera le travail de fond musical très élaboré. Le premier riff s’efface peu à peu au moyen d’ornementations pour laisser place à de nouveaux thèmes, à une nouvelle atmosphère. Nami nous parle de la pluie et du beau temps avec une efficacité qui ne laisse pas indifférent. C’est là une partie de son génie. On passe d’un bord à l’autre sans pour autant être malmené par ces changements de rythmes ou d’intensité sonore...

Le « premier chapitre » de « Fragile Alignements » s’achève sur un morceau très dense et puissant. « Oppression And Understanding » marque le déclin d’une force jusque là dominatrice. Elle signifie la fin d’un règne. La voix de Roger, féroce et possédée au départ, se fait de moins en moins présente, et perd en intensité. Les riffs se font plus lourds et graves, pour enfin laisser place à une forme de résignation dans le dernier quart de la chanson.
Regrouper ne serait-ce que les chansons de ce « premier chapitre » sous un seul et même adjectif reviendrait à résoudre une équation dépourvue de solution. Chaque titre est unique, et représente une étape d‘un cheminement vers un objectif encore inconnu à ce stade de l’album.

Difficile de ne pas s’attarder sur « Loop of Truth », l’annonce du « deuxième chapitre », qui est admirablement travaillée. Les notes alertes de la guitare nous font percevoir la nostalgie d’une époque désormais révolue. Les voix paraissent parfois lointaines, et surviennent par moments sous la forme de nappes sonores, dont la durée n’excède jamais plus de quelques secondes. On pourrait pousser l’analyse jusqu’à comparer le jaillissement de ces voix à celui d’un souvenir dans notre esprit… Mais l’angoisse de « l’après » est bien présente, et c’est lorsque la voix de Roger prend le dessus que nous sommes tirés de ce monde se voulant onirique. La musique, parsemée de détails inquiétants et de rires scélérats, s’assombrit peu à peu… « Loop of Truth, (The Link) » constitue un rappel du passé, mais elle est également précurseur de nouveaux temps…

Et Nami nous surprend encore… L’écoute du « premier chapitre » de « Fragile Alignements » nous a clairement fait comprendre que la musique du quintette se veut novatrice. Cela n’a jamais été aussi vrai qu’après l’écoute du second… « Cosmical beginning », surprenant de par sa densité sonore, et surement le titre le plus abouti de l’album. Nami tisse à travers ce morceau une dimension mystique difficilement abordable, et dont l’atmosphère nous est encore inconnue. Les riffs prennent une dimension gigantesque. La voix de Roger parait transcendée. Le groupe ne recule devant aucun obstacle, pas même celui de l’erreur, qui, si elle avait été commise à cette étape de leur carrière, aurait pu les mener droit dans une tout autre dimension qu’est l’oubli… Le quintette évoque aussi cet oubli dans « Conscience of the Void ». L’atmosphère de ce morceau, très simple, naturelle et aérienne, est radicalement opposée à celle du précédent. Nami nous emmène vers un lieu extrêmement lointain et épargné de la présence humaine (s’il en existe encore…). Le groupe innove à nouveau, mais cette fois-ci dans la simplicité. Le morceau, épuré de tout son superflu, laisse alors libre cours à l’expression des sentiments…

Les chansons se succèdent avec fluidité, sans provoquer chez l’auditeur le moindre signe de lassitude. « Awakening from Lethargy » est déjà loin. La fin se rapproche inexorablement. Ses prémices se font sentir dans « The Inner Man, antimateria », qui s’ouvre dans une dimension bien plus calme et sereine que les morceaux précédents. La voix de Roger, empreinte de nostalgie à certains moments, traduit également une forme de maturité acquise tout au long de ce voyage qu’est « Fragile Alignements ». Mais elle révèle aussi, dans des moments plus passionnés, le désir certain qu’a le groupe de s’émanciper, de devenir grand et peut être un jour de rejoindre les piliers du genre… « The pattern », douce mélodie dont se dégage la virtuosité des musiciens, vient mettre un point final à « Fragile Alignements ». Les dernières notes de guitare rappellent « Awakening From Lethargy », et font ainsi de l’album un cercle nous ramenant toujours au même point, nous incitant à nous replonger encore et encore dans l’écoute de ce formidable premier opus.

En l’an 2005, Devin Townsend disait : « Chaque album est différent, est une matérialisation de la vie au moment où tu l’enregistres ». Nami n’a pour l’instant qu’un album à son actif, mais dont chaque chanson est unique. Peut-être que chacune d’entre elles traduit une phase de la vie. Peut être que « Fragile Alignements » est la biographie d’un être, d’un monde… Qui sait ?

17/20

2 Commentaires

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Vic26 - 09 Août 2012: Une bonne chronique qui retranscrit bien l'ambiance de l'album que j’aie pu ressentir. Nami se présent comme un groupe extrêmement prometteur à suivre!
BestJules69 - 04 Novembre 2012: La faute est corrigée, mes excuses pour ce moment d'inattention ^^
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