Coldworker est un groupe originaire de Örebro en Suède qui est composé de Joël Fornbrant au chant, Daniel Schröder (guitare), Oskar Palsson (basse) mais surtout de Anders Bertilsson (guitare), ancien membre de The Project
Hate Mcmxcix et de Anders Jackobsson (batterie), ex-membre des cultissimes NASUM. "Doomsayer's call" sort 4 ans après un "
Rotting Paradise" pas vraiment marquant, toujours produit, enregistré et mixé par le non moins cultissime Dan
Swanö, ce qui nous promet évidemment un son énorme.
A l'inverse de
Nasum,
Coldworker ne fait pas dans le grindcore mais plutôt dans un "death-metal old school" saupoudré d'influence US, tout le contraire du death mélodique made in Gotebörg. Pourtant, les hostilités commencent mal. En effet, "Doomsayer's call" débute par "A new era", un mid-tempo dénué de tout intérêt et complètement inintéressant. Mais dès le deuxième titre "The reprobate",
Coldworker remet les choses dans le bon ordre, mélange de passages aérés et de rythmiques hystériques qui ne sont pas sans rappeler
Napalm Death, "The glass enveloppe" et le jouissif "Violent society" sont du même acabit.
Coldworker enchaîne les plans courts tout au long de cet opus et, ils sont redoutables, comme le riff de "Murderous" ou le début de "The phantom carriage". Mais le gang suédois sait aussi varier les plaisirs comme le prouve le groove de "Monochrome existence", "
Flesh world" et sa belle variation rythmique, le break de "Vaccum fields" ou encore l'hymne au headbanging, "The pessimist". Le son est effectivement énorme, à la fois gras et rond, puissant avec ce petit quelque chose du son typiquement suédois, complètement en adéquation avec la musique de
Coldworker, l'espace sonore est rempli à merveille, on en n'attendait pas moins de Dan
Swanö...
Mais c'est aussi l'un des principaux défauts de "Doomsayer's call", car cette production très typée, uniformise l'ensemble. De plus, même s'il est doté d'un bel organe, Joël Fornbrant ne module à aucun moment, ce qui rend l'opus assez linéaire. Aussi, certains titres moins inspirés comme "A new era", "The walls of Eryx" ou "Becoming the stench" font un peu retomber le soufflé.
Même si le fantôme de
Nasum plane au dessus de
Coldworker, surtout sur les accélérations grind, le combo possède une vraie identité. La musique est très ancrée dans le death-metal old school, les changements de rythmes incessants et la production en béton armé, en mettront quelques uns, à genou. Mais à trop vouloir bien faire,
Coldworker s'enlise dans une certaine monotonie, et au vue du CV de ses membres, on reste un peu sur notre faim. Un bon album tout de même, qui se laisse écouter avec un certain plaisir.
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