The Diarist

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Nom du groupe Dark Lunacy
Nom de l'album The Diarist
Type Album
Date de parution 22 Mars 2006
Labels Fuel Records
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album43

Tracklist

1. Aurora 04:43
2. Play Dead 05:46
3. Pulkovo Meridian 06:03
4. The Diarist 02:52
5. Snowdrifts 05:08
6. Now Is Forever 05:33
7. On Memory's White Sleigh 07:02
8. Heart of Leningrad 05:51
9. Prospekt 02:30
10. Motherland 06:01
11. The Farewell Song 06:38
Total playing time 58:08

Chronique @ Matai

17 Mai 2010

Dramatique et émouvant, un chef d'oeuvre pour Dark Lunacy...

Dans le monde du death mélodique existent des tas de groupes qui se ressemblent, des groupes s’efforçant de percer dans le milieu, des groupes devenant de plus en plus commerciaux année après année, des groupes tentant de nous faire une musique qui se démarque. Et c’est ce qu’essaie de faire Dark Lunacy : sortir des sentiers battus et nous proposer quelque chose de plus personnel, de plus intimiste, de plus dramatique…
Souvent comparé à In Flames et à juste titre, les Italiens sortent en cette année 2006 « The Diarist », un nouveau concept album sur le siège de Leningrad par la Wehrmacht pendant la seconde guerre mondiale, siège lui-même raconté par une femme dans un journal intime (« diary » étant le journal intime, « diarist » étant la personne qui écrit ce journal).
De nouveau, Dark Lunacy semble magnifier la Russie comme ils l’avaient déjà fait sur leur premier album de qualité, « Devoid ». Ainsi il ne sera pas étonnant de voir dans la tracklist des noms russes ou correspondant à ce même pays. La pochette aussi est très révélatrice et ne peut nous empêcher de penser aux rues des villes de cette ancienne union soviétique.

Pour le coup, le combo n’hésite pas à nous plonger dans une ambiance morne et nostalgique, bercée de sentiments patriotiques comme sur le titre introducteur « Aurora » où des chants traditionnels sont de la partie, dès l’intro mais aussi pendant les refrains, des chants se situant au cœur même d’un rythme rapide et entraînant, où l’agressivité du growl, la mélodie et le tranchant des guitares semblent porter en eux un soupçon de tristesse. « Play Dead », dans la même veine, est agrémenté de samples qui nous offrent des claquements de bottes et des extraits de discours, ceci permettant de nous imaginer l’oppression permanente que les habitants de Leningrad vécurent à cette époque noire de l’histoire.
Si « Pulkovo Meridian » se veut terrible avec cet orgue funèbre qui pare la chanson d’un sentiment de désespoir et cette agressivité dans les riffs et dans le chant, un titre comme « Snowdrift » se veut au contraire bien calme et mélancolique, dotée d’une émotion sans égale où un chant féminin vient nous bercer le temps de quelques petites minutes. Un orchestre en fond, une atmosphère glaciale, un timbre de voix si particulier, un piano en fil conducteur…puis enfin l’arrivée du chant death et des grattes, comme une déflagration, un passage vers la torpeur, et finalement ce duo magnifique entre les deux chanteurs.


« Suffering is what I See »...


Deux titres instrumentaux totalement douloureux et prenants sont présents sur cet album.
Notamment « Diarist » où l’on entend le bruit d’une machine à écrire, puis un discours en russe, quelques terribles notes de piano s’envolent, avant l’arrivée des sirènes, annonçant un bombardement imminent, les pleurs d’un bébé, puis enfin la chute des bombes, les tirs d’armes à feu…totalement déroutant, le tout se veut résolument historique et empreint d’une émotion sans égale, rappelant ce passé si douloureux.

L’émotion atteint son paroxysme avec le magnifique « Heart of Leningrad », où les atmosphères mélancoliques et dramatiques sont mises en avant. Si l’intro se veut particulière avec son solo de guitare accrocheur et ce growl grave murmuré, le tout se veut plus tranchant tout en restant délicat, les refrains semblent faire ressortir toutes les souffrances, le solo étant émotif, et le growl très triste, les breaks après ces mêmes refrains sont totalement uniques et graves, les claviers et le piano en soutient apportent une ambiance de désolation. Le solo en milieu de titre est impeccable et doté d’une mélancolie qu’il est impossible de ne pas apercevoir, les notes s’envolent, notre être se fige, jusqu’au final magistral du titre, claviers atmosphérique en ambiance, battements de cœur en arrière plan, le growl torturé, la déflagration finale par des riffs si touchants et syncopés, et le clavier accentuant ce côté sentimental par des notes encore plus aigues. Grandiose.

En guise de conclusion, Dark Lunacy nous fait un titre extrêmement bien ficelé, « Farewell Song » (le chant d’adieu). Six minutes trente de tristesse et de souvenirs, amené par un piano en fil conducteur, des riffs saccadés, simplistes mais efficaces, et un rythme véloce, un chant très modulé et incisif, et quelques notes bien trouvées de synthé, soulevant ce côté douloureux et dramatique. Alors que l’orchestre et les percussions militaires nous renvoient en guerre, les chœurs en arrière plan n’arrangent pas la chose et fonctionnent comme une commémoration, un hommage à tous ceux étant tombés pendant le conflit, les hommes, les femmes, les enfants (on se souvient alors de « Diarist » avec ces pleurs d’enfants…). Une fin totalement déchirante.

Dark Lunacy ne serait qu’un vulgaire groupe de death mélo sans ce côté dramatique et cette patte symphonique qui prédominent tout au long de l’album et c’est en effet ces quelques éléments qui font ressortir leur personnalité particulière. Même si quelques passages sont assez monotones, du fait de la linéarité des guitares et de la batterie, les ambiances et le chant arrivent à faire oublier ce léger manque de technique dans l’instrumentation. « The Diarist » est une terrible plongée vers quelque chose de déchiré et mélancolique.

15 Commentaires

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Matai - 18 Mai 2010: Maintenant si ;)
BadaOfBodom - 18 Mai 2010: Exactement. C'est tout l'intérêt d'une chronique, surtout quand elle est positive. ;)
NeCRoN - 19 Mai 2010: Je connais le groupe et cet album depuis de nombreuses années, et je suis heureux que quelqu'un ait enfin décidé d'y écrire une bonne chronique. Je recommande !
Silent_Flight - 23 Janvier 2016: Album fantastique, d'une beauté à pleurer
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