The Crawling Chaos

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14/20
Nom du groupe Puteraeon
Nom de l'album The Crawling Chaos
Type Album
Date de parution 25 Avril 2014
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1. Wrath
2. In Dreamdead Sleep
3. Path to Oblivion
4. Pickmans Model
5. From the Ethereal Vortex
6. The Crawling Chaos
7. The Abyssal
8. Asenath
9. Rotten Aeon
10. Welcome Death

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Puteraeon


Chronique @ Icare

17 Avril 2014

Un album en demi-teinte, manquant d’intensité et de variations pour pleinement convaincre.

Puteraeon. Sous ce doux patronyme se cache une formation suédoise qui se forme en 2008 et évolue dans un death old school – forcément, ils sont suédois ! – bien gras, lourd et putride. La principale particularité du combo est qu’il puise exclusivement son inspiration dans la mythologie lovecraftienne, et cela se ressent dans sa musique qui s’illustre par des ambiances poisseuses, et ésotériques. Le précédent méfait des Suédois, Cult Ctuhllu, avait été plutôt bien reçu, et, sans révolutionner le genre, proposait un death lourd, rythmé et efficace avec ce petit goût de reviens-y qui fait la différence. L’heure est maintenant venue pour le groupe de sortir son troisième full length, The Crawling Chaos, et de ressusciter une nouvelle fois la carcasse millénaire et maudite des Grands Anciens.

Puteraeon prend le risque d’entamer les hostilités par le titre le plus long et le pari est gagnant : Wrath s’ouvre sur un riff lourd soutenu par un rythme très doom, instaurant une ambiance angoissante et noire qui va se prolongeant et s’intensifiant durant 1,40 minutes, avant que le titre ne décolle sur un riff typiquement suédois et un hurlement d’outre-tombe. Le titre est efficace, groovy et entraînant, les riffs en béton armé, les tempi assez variés, et pas de doute, on a bien affaire à du death old school scandinave, l’influence de combos comme Dismember, Grave et Entombed s’impose d’entrée et sera omniprésente le long de ces 46 minutes, avec ces guitares sombres et puissantes qui nous distillent des riffs tantôt rampants tantôt headbangants comme à la grande époque.

Le reste s’enchaîne dans ce même style ultra galvaudé, mais avec un peu de moins d’intensité et de changements de rythmes, et malheureusement, la lassitude nous prend rapidement : il n ’y a pas assez de relief, les guitares formant souvent un mur opaque dont les riffs, qui ne se distinguent pas assez, la faute notamment à une batterie et une voix trop mise en avant dans le mix, semblent se répéter d’un titre sur l’autre, et le tout est trop monotone et redondant.
Pris séparément, les morceaux ne sont pas mauvais (on a tout de même quelques passages franchement headbangants et une paire de bons riffs, même si à mon goût, les grattes sont trop en retrait dans le mix), mais ils ne se distinguent pas assez, s’appuyant tous sauf à de rares exceptions près sur une rythmique similaire : il n’y a quasiment aucun blast, la double est très présente, apportant une lourdeur écrasante à l’ensemble (From the Etheral Vortex) et imposant un mid tempo certes efficace mais vite lassant et pas assez pêchu.

On a bien quelques petits leads vicieux et d’autres notes plus aérées qui viennent de temps en temps contraster avec ce bloc monolithique (In Dreamdead Sleep, From The Ethereal Vortex), et le groupe s’essaye de temps en temps à quelques ambiances sombres (la fin de Path to Oblivion qui enchaîne avec le début de Pickmans Model, l’intro funèbre à base d’orgue et de hurlements diffus du titre éponyme, suivie de cette montée en puissance qui explose sur ce fameux rythme binaire certes convenu mais à l’efficacité décuplée car parfaitement amené), ceci dit, on ne peut savourer pleinement ces passages que lorsque la voix de Jonas Lindblood est en retrait, ce qui est malheureusement trop rare : car oui, si elle est puissante et rauque, très « humaine » dans le grain, la voix du frontman manque cruellement de variation, et sonne plus comme un aboiement enroué que comme le growl réellement démoniaque qui aurait parfaitement convenu pour illustrer l’horreur innommable incarnée par les Grands Anciens. Bien trop mise en avant par le mix, couvrant des guitares aux riffs pourtant efficaces et desservant l’ambiance sombre que le groupe essaye timidement d’instaurer par ses incursions trop présentes, elle est l’un des plus gros points noirs de l’album.

Notons tout de même que la fin de l’album se fait plus énergique, avec des tempi plus marqués, comme si les Suédois avaient eu un dernier sursaut d’orgueil avant que ne s’achève la dixième et dernière piste. Ainsi, des titres comme Asenath, avec ses parties lentes et saccadées surpuissantes et ses blasts sporadiques, ainsi que Rotten Aenon, aux grattes enlevées et à la rythmique toujours aussi simple et accrocheuse mais un peu plus véloce que d’habitude, sont redoutablement efficaces. L’album se termine sur un Welcome Death lent et rampant, volontairement sombre, presque black metal dans certains riffs, possédant un feeling intéressant que le groupe aurait certainement gagné à exploiter plus largement pour tenter de rendre au mieux l’univers lovecraftien qu’il prétend dégager…

En conclusion, The Crawling Chaos est un album en demi-teinte, possédant quelques très bons morceaux et d’autres plus anecdotiques et dispensables, mais manquant d’intensité et de variations pour pleinement convaincre. Puteraeon reste encore bien trop proche de ses influences, et le problème, c’est qu’il est moins percutant et efficace que ses glorieux ainés, avec l’originalité en moins. Les ambiances ne sont pas assez appuyées pour distinguer les Suédois des dizaines de groupes de revival death old school qui sévissent actuellement, et même si l’ensemble est très correct, cette nouvelle offrande se classe tout juste comme une sortie moyenne dans le style. A réserver aux acharnés du genre, les autres trouveront bien mieux à se mettre sous la dent en matière de death old school …

1 Commentaire

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jeffff - 19 Avril 2014: chro bien ficelé, je vais me repasser Cult ... alors, dommage
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