The Cicada Tree

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Nom du groupe Byzantine
Nom de l'album The Cicada Tree
Type Album
Date de parution 28 Juillet 2017
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1. New Ways to Bear Witness 05:02
2. Vile Maxim 04:09
3. Map of the Creator 05:21
4. Dead As Autumn Leaves 06:42
5. Trapjaw 04:36
6. The Subjugated 05:57
7. Incremental 04:52
8. The Cicada Tree 05:36
9. Verses of Violence 09:07
10. Moving in Stereo 04:30
11. Servitude 05:25
Total playing time 1:01:17

Chronique @ Icare

15 Septembre 2017

Ecartelé entre un metal aux gros riffs et une musique plus atmosphérique, Byzantine propose un album en demi-teinte

Mine de rien, cela fait tout de même dix-sept ans que Byzantine roule sa bosse dans le monde du metal, pourtant, on ne peut pas dire que le quatuor de Charleston ait énormément de reconnaissance. Il faut dire que le thrash moderne des Américains, bien qu’intéressant et parfaitement exécuté, manque parfois d’une ligne directrice cohérente et d’un peu de mordant pour vraiment faire la différence au milieu de toutes les formations actuelles de metalcore qui ne jurent que par la vitesse et la brutalité. Le Oblivion Beckons de 2008, seul album de la formation que j’avais écouté avant de m’atteler à cette chronique, était plutôt agréable mais ne m’avait pas marqué outre mesure, et c’est donc plus par curiosité que par véritable intérêt que je me décidai à me pencher sur The Cicada Tree, sixième full length du combo sorti sur Metal Blade à la fin du mois de juin de cette année.

A l’écoute des premiers titres, on pourrait penser que Byzantine est rentré dans le rang et s’est décidé à servir un thrash/metalcore sans grande originalité mais terriblement efficace : No Ways to Bear Witness, après une intro groovy qui se mue en une lente montée en puissance, lâche un thrash moderne à la fois musclé et mélodique qui fait un peu penser au Testament période Low. Le rythme est assez soutenu sans être rapide, le riffing très bon dans ce style saccadé et headbangant, avec un soli certes un peu court mais excellent, et la voix de Chris Ojeda possède un grain pas désagréable, rappelant une sorte de mix entre Chuck Billy et David Draiman. Le break central, plus typé core, avec ces guitares bourdonnantes qui appellent au headbang, est certes convenu mais fait parfaitement le taff, et finalement ce premier morceau sonne comme un titre aéré, intelligent et accrocheur qui sait varier les rythmes et les parties musicales, avec une deuxième partie plus mid tempo sur laquelle s’invite le chant clair du frontman. Vile Maxim démarre sur un pattern de batterie entraînant suivi d’un bref passage à la basse introduisant un riff à se décrocher les cervicales qui emporte tout sur son passage, renforcé par un chant rauque plus typé hardcore. Ce morceau est d’une efficacité redoutable, diaobliquement groovy et heandbangant, à la fois pêchu et impeccable techniquement, et se fendant d’un tempo musclé et de cassures rythmiques imparables.

Mais décidément les Américians n’aiment pas faire comme les autres : alors qu’on pourrait penser qu’il a enfin trouvé le bon équilibre entre mélodies, groove et efficacité et qu’il va appliquer la recette miracle sur tout l’album, ne voilà-t-il pas que le quatuor nous sort un Map of the Creator, sonnant comme une sorte de ballade un peu molle portée principalement par un jeu de cordes feutré et le chant clair du frontman (malheureusement pas extrêmement convaincant, car manquant singulièrement d’émotions et d’identité vocale). Le morceau est rattrapé par quelques passages plus lourds et agressifs où les vocaux se font hurlés (la fin du morceau est plutôt bonne) et des soli toujours d’excellente facture, mais Byzantine donne la désagréable impression qu’il ne sait pas trop sur quel pied danser, mêlant sans vergogne metal alternatif aux relents progressifs à un riffing plus typé core. L’alternance de ces sonorités aériennes et lourdes continue sur un Dead As Autumn Leaves trop long et assez difficile à apprécier malgré une bonne tenue générale, les mélodies vocales ne faisant pas dans la facilité, et le quatuor semblant se complaire dans une certaine complexité musicale qui ne sied pas forcément au style (Trapjaw, très meshuggien, qui malgré la débauche technique, reste trop scolaire pour réellement impressionner). Byzantine est ambitieux, peut-être trop, et plusieurs fois, le groupe nous perd, pouvant passer de passages nerveux et ronflants à la Divine Decay ou Pantera à des parties plus typées Coheed and Cambria voire Dredg, mais sans l'émotion inhérente au style.

Parmi les bonnes surprises, on pourra souligner un titre éponyme largement instrumental qui, s’il n’a rien de thrash, est intéressant à plus d’un titre, avec ces soli parfaitement exécutés, ainsi que ces guitares à la fois saccadées et légères dansant insolemment sur ces contre temps de batterie et lorgnant largement du côté du progressif. Encore une fois, l’ensemble manque un peu d’accroche faute d’efficacité mais ces 5,37 minutes affichent la technique instrumentale impeccable ainsi que la volonté des Amérciains de se démarquer d’une scène metalcore se contentant trop souvent de livrer une musique sans aucune originalité. Verses of Violence est également une belle réussite sur laquelle, une fois n’est pas coutume, les musiciens proposent une bonne synthèse de leur style schizophrène, oscillant avec aisance sur plus de neuf minutes entre metal alternatif, explosions plus lourdes et passages acoustiques en parvenant à rester accrocheurs de bout en bout.

C’est un fait, Byzantine ne fait pas dans la facilité, proposant onze titres variés, aérés et complexes, mais c’est justement là que le bât blesse : The Cicada Tree manque trop de spontaniété et d’agressivité pour l’étiquette thrash qu’il revendique, et malgré le très bon niveau des musiciens, ces envolées plus progressives manquent d’émotions et de passages vraiment poignants pour nous convaincre pleinement. Ecartelé entre un metal direct aux gros riffs et une musique plus atmosphérique, Byzantine propose un album en demi-teinte qui aura du mal à convaincre pleinement les amateurs de metal extrême mais qui semble déjà avoir séduit le grand public: en effet, la galette est entrée dans le fameux Billboard ! En cela, on ne peut que remercier le gang de Charleston qui nous offre malgré tout une leçon positive : avec de la persévérance et du talent, il semblerait qu'il soit encore possible de rencontrer le succès en faisant simplement ce que l’on aime et en s’affranchissant des conventions et des barrières artistiques...

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