Dans une de ces sorties au ressentiment palpable dont j'ai le secret, et qui, a priori, si j'en crois certains béats ravis de la crèche exaspérés qu'on puisse être même un tant soit peu critique, seraient pénibles, j'avais sabré sans aucune subtilité le premier effort des Chiliens d'
Eternus dont je trouvais, pour résumer sommairement ses principaux défauts, la production un peu agaçante et, surtout, les prestations de ce chanteur, Omar Tabildo, insupportables.
Deux ans après cette première tentative infructueuse, nos cinq musiciens natifs de Valparaíso reviennent avec trois pistes regroupées sous la forme d'un EP qu'ils ont baptisé
The Birth of Time et qui dure presque trente minutes. D'emblée, on pourra donc constater que leur penchant pour ces longueurs interminables n'aura donc pas vraiment faibli. Réjouissons-nous néanmoins qu'ils ne nous aient pas gratifié ici d'un de ces instrumentaux démesurés qu'ils affectionnaient tant (et peut-être toujours encore) jadis. Un premier bon point donc.
Un second pourra lui être octroyé s'agissant du traitement sonore sur lequel, cette fois-ci, il n'y aura pas grand chose à redire et qui est l'œuvre de Darío Llancamán.
En revanche, même si ses interventions seront moins entachées de faussetés et que ses incursions dans les univers extrêmes (Black
Metal) seront moins embarrassantes, les interprétations de ce vocaliste au timbre grave, apprêté de baryton-basse seront toujours aussi déplacées et incongrues. Un constat qui ne vaut d'ailleurs que dans le meilleur des cas (comme par exemple sur l'intéressant
Phantom Chain où
Eternus nous offre l'expression de son
Power Metal très italien (
Rhapsody) pour un résultat pas nécessairement inoubliable mais attachant) mais qui sera mis à mal dès que nous nous attaquerons à ses autres prouesses (comme par exemple sur cette terrifiante version acoustique de
Nemesis of the
God (une piste que l'on pouvait déjà entendre sur
Labyrinth of Reason) où chacune de ses tentatives consistant à monter sa voix de quelques notes afin d'atteindre des hauteurs, un peu, plus célestes sont un lamentable échec).
Pour finir le passage en revue des morceaux de ce disque parlons de Like Father Like Son qui est une ballade de presque 10 minutes tout juste entrecoupée de quelques breaks un peu plus dynamiques. Le titre n'est cependant pas totalement dénué d'intérêt, il gagnerait sans doute à être plus concis afin d'atteindre plus directement son but.
Paradoxalement eu égard à son penchant pour les longueurs, on pourra d'ailleurs regretter qu'
Eternus ait été ici aussi avare et ne nous ait proposé qu'un seul titre remuant, énergique et vivant pour deux autres nettement plus calmes, posés et alanguis.
Hormis ce vocaliste toujours aussi pénible, et ce propos toujours aussi peu imaginatif, ce Birth of Time nous propose donc un contenu, un peu, moins catastrophique que celui de son prédécesseur. Le chemin est donc encore long avant d'atteindre une quelconque renommée. Et il passera inéluctablement, du moins selon moi, par un changement de chanteur.
"A tes souhaits"
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