« You’re here because you know something. I am
The Architect »
Une simple phrase posée sur quelques notes angoissantes de piano…
L’ambiance s’installe, lourde et oppressante…
Dès cette intro, les Stéphanois d’
Heavylution nous attirent dans leur monde, et c’est les yeux fermés que l’on s’y jette. Avec «
Metal Is Our Blood », sorti en 2008, Paul et ses gars avaient placé haut la barre. Après avoir usé la galette sur ma platine, je me demandais ce qu’allait donner son successeur. Dès les premières notes de « The All Seeing
Eyes », je reste bluffée : ils ont fait encore plus fort. Moi qui pensait que rien ne pourrait détrôner « Betrayers », que rien n’égalerait « Riffolution » ! Et pourtant, «
The Architect » est un petit bijou de créativité et de maturité ; rien que sur la forme,
Heavylution a fait un pas de géant : un logo retravaillé, une pochette annonçant la couleur - bravo à Monsieur Sokolov - une très belle photo… Petit bémol, un livret de deux pages… On en aurait voulu tellement plus !
C’est avec passion que le combo stéphanois nous livre près d’une demi-heure d’un heavy pêchu et efficace, où l’on sent que les choses ont bien évoluées depuis 2008. Paul Eyssette, bien qu’excellent guitariste – pour ceux qui en douteraient, notez le jeu de scène sur « Betrayers » - délaisse sa hache pour se concentrer pleinement sur le chant, et ça marche : plus juste, plus puissant, impressionnant dans tous les registres - « Keep Going » en est le parfait témoignage - le frontman n’a rien à envier à ses ainés si ce n’est un bout d’accent bien de chez nous qui ressurgit de temps à autre.
Les autres musiciens ne sont bien évidemment pas en reste. Enchainant rythmiques entrainantes et solos virtuoses, le tout nouveau duo Franck Cessiecq/Olivier Dupont fonctionne à merveille. J’aurais bien cité un extrait en particulier pour illustrer mon propos mais les p’tits gars ne semblant jamais se reposer, impossible donc de choisir un morceau un tant soit peu au dessous ou au dessus des autres. La basse d’Alexis Sureda se fait plus lourde que jamais - l’intro de « Dehumanization » en tête - la batterie de Laurent Descours, agressive, part en guerre à coup de double pédale et nous offre des breaks à couper le souffle, pilier sur lequel viennent se greffer des mélodies imparables – « The All Seeing
Eyes » me traine encore dans la tête, et le refrain, le refrain de « Keep Going » ! - que l’on se surprend facilement à chantonner. On sent qu’
Heavylution est passé au niveau supérieur en quelques années, et cela augure de très belles choses à venir, comme des concerts épiques, leurs compos étant, à mon sens, taillées pour la scène. N’imaginez-vous pas la foule en délire, le poing levé, scandant «
Dream Paranoïa » à plein poumon ?
La seconde évolution, et pas la moindre, concerne l’écriture. Etant très attachée à ce que raconte un livret,
Heavylution m’a comblé sur bien des points : écrire dans une langue étrangère sans que cela ne se ressente n’est pas chose aisée ; là encore, les Stéphanois passent l’épreuve sans soucis, et nous livrent des paroles plus que correctes, au style et au rythme infaillible.
Bien qu’une note en bas de livret nous affirme que ce CD n’est pas une histoire, qu’il aura le sens que l’on voudra lui donner, il n’est pas loin d’un concept album. Là où «
Metal Is Our Blood » est un florilège de tous les standards du heavy - il suffit de regarder la track-list de ce dernier pour le voir - «
The Architect » est un sombre conte habité par de cruelles entités - « The All Seeing
Eyes » - contrôlant la société, annihilant l’individu, les menant tous deux à la ruine et à la folie : un reflet de la nouvelle maturité d’
Heavylution qui impose sa patte tout en gardant un pied dans les classiques – suis-je la seule à qui cette histoire rappelle le «
2112 » de
Rush ?
Une note d’espoir nous est offerte avec « Keep Going », nous invitant à la rébellion, tandis que je ne saurais dire si la douceur de « Reconnection » est une lueur dans ces heures sombres, ou notre reddition…
A l’heure où je termine cette chronique,
Heavylution compose à plein régime. C’est avec enthousiasme et impatience que j’attends leur nouvel opus. J’ai toute confiance en leur talent, et j’espère qu’ils ne s’arrêteront pas là…
Keep Going Higher !
Je connaissais déjà depuis une année environ, quand Paul m'a contacté sur Spirit of Metal dans un simple objectif de publicité.... j'ai tout de suite accroché, pris l'Architect (EP) à Backstage de Grenoble (aujourd'hui, Metallian Store), j'ai beaucoup aimé, et même maintenant, sur le trajet maison-fac (une demi heure par la ville), je me passe l'Architect dans la voiture, et c'est un réel plaisir !
Je ne suis pas très doué pour les chroniques, mais à cet EP je lui donnerais 18/20. Puis, généralement pour illustrer mon appréciation sur tel ou tel groupe, je prends ma guitare et je reprends un des morceaux :3 (youtube)
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