The Aeon Discordance

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16/20
Nom du groupe Shadowpath
Nom de l'album The Aeon Discordance
Type Album
Date de parution 10 Mars 2024
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 The Lifeline Economist
 15:39
2.
 Outside the Tetrahedron
 05:57
3.
 Unwounded We Bleed
 04:25
4.
 A Coming Storm
 06:06
5.
 Reveries in Blue
 01:06
6.
 Homecoming (Sleepy Lies the Forest)
 04:33
7.
 Eyes of Our Brothers
 06:00
8.
 Demons Within
 10:25
9.
 At the End of It All
 05:06

Durée totale : 59:17

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Shadowpath


Chronique @ ericb4

13 Juin 2024

Une seconde vague de submersion aux effets dévastateurs insufflée par le quartet suisse...

Sept années envolées déjà depuis un rayonnant premier album full length, « Rumours of a Coming Dawn »... une éternité pour la fanbase du combo suisse ! Ce faisant, et après une refonte de son line-up, le quartet helvétique cofondé en 2006 par le claviériste/vocaliste Philipp Bohny et le guitariste Benjamin Zumbühl nous gratifiera de deux singles (« Outside the Tetrahedron » et « Unwounded We Bleed »), tout d'abord, soit deux des neuf pistes d'un second opus de longue durée, « The Aeon Discordance », sorti quelques semaines plus tard. A la lumière d'une auto-production affichant quelque 59 minutes à son compteur, nos acolytes disposeraient-ils d'un argument suffisant pour espérer essaimer plus largement leurs riffs, et, par là même, tenir en respect l'âpre concurrence continuant de sévir dans l'espace metal symphonique à chant féminin ? Plus encore, à l'aune de cette pléthorique offrande, nos belligérants disposeraient-ils de l'arsenal requis pour envisager de se hisser dès lors au rang de valeur montante dudit espace ?

Dans ce dessein, Philipp Bohny et le batteur Samuel Baumann (feu-Wishpond) – les deux maîtres d'oeuvre actuels du projet – ont, cette fois, sollicité les talents de Simone Christina (ex-Elis, feu-Legenda Aura), en remplacement de Gisselle Rousseau, en qualité de frontwoman, et de James Pankhurst à la basse, mais aussi aux guitares, en lieu et place de Stefano Riario. De cette fraîche collaboration, et conformément aux fondamentaux du groupe, naît une œuvre rock'n'metal éclectique à dominante symphonique progressif, aux coloratures gothique, power et death, et, là encore, calée sur le schéma oratoire de la Belle et la Bête. Et c'est à nouveau dans les travaux de Nightwish, Tristania, Draconian, Theatre Of Tragedy, Xandria et Darkwell qu'il puise les sources de son inspiration. Tout comme son devancier, l'ingénierie du son n'est pas en reste, cet opus jouissant à son tour d'un enregistrement de bonne facture ainsi que d'un mixage bien équilibré entre lignes de chant et instrumentation. Mais suivons plutôt nos quatre corsaires dans leurs pérégrinations aquatiques à bord de leur sécurisante et rutilante caravelle...


Une fois n'est pas coutume, c'est sur une orgiaque pièce en actes metal symphonico-progressive que la troupe ouvre les hostilités. Un exercice de style auquel elle est déjà rompue et qui nous avait offert quelques moments de pure jouissance auditive, à l'aune de l'altier et sensible « The Impossible Chain », et surtout de « Beta, un ''nightwishien'' effort aux relents ''floydiens''. Et c'est précisément dans cette dernière veine que s'inscrit l'aérien « The Lifeline Economist » qui, au fil de ses quelque 15:39 minutes d'un parcours épique et romanesque, fait, lui aussi, la part belle aux longues plages instrumentales, volontiers nourries non seulement d'arpèges pianistiques pétris d'élégance et des plus enivrants mais également d'un fin legato à la lead guitare. Offrant un saisissant effet de contraste oratoire – les growls caverneux d'une bête revêche, de claires impulsions masculines et les fluides inflexions de la belle se partageant l'espace vocal – , moult variations rythmiques bien amenées, et se dotant d'une ligne mélodique un poil complexe mais immersive, in fine. le dantesque méfait ne se quittera qu'à regret. Faisant montre d'une technicité instrumentale un tantinet plus exigeante, « Demons Within », pour sa part, imprime ses 10:25 minutes d'un périple non moins haletant, et ce, en dépit d'une laborieuse mise en route et de quelques linéarités mélodiques inscrites dans sa trame.

A l'instar du précédent mouvement, lorsqu'il nous projette sur de magmatiques terrains, le collectif parvient d'un battement de cils à nous rallier à sa cause. Ce qu'atteste, en premier lieu, « Outside the Tetrahedron », up tempo gothico-symphonique aux relents death, à mi-chemin entre Xandria, Draconian et Tristania ; disséminant de sémillantes séquences d'accords ainsi qu'un refrain catchy mis en exergue par les angéliques oscillations de la sirène, et complétant le tableau par le truchement d'un vibrant solo de guitare, le ''tubesque'' élan n'aura pas tari d'armes efficaces pour asseoir sa défense et se jouer des nôtres ! Dans une dynamique ''nightwishienne'', « Eyes of Our Brothers », quant à lui, s'offre tel un solaire manifeste power symphonique aux finitions soignées, octroyant un martelant tapping adjoint à de virulents coups d'olives tout en sauvegardant un sillon mélodique aussi efficace que finement élaboré. Et la sauce prend sans tarder, une fois encore...

Quand elle desserre un poil la bride, la troupe trouve à nouveau, et sans ambages, les clés pour nous assigner à résidence. Ce que prouve, d'une part, « Unwounded We Bleed », mid tempo gothico-symphonique au carrefour entre Theatre Of Tragedy, Nightwish et Tristania ; offrant un saisissant effet de contraste instrumental – de légères percussions et un fin picking à la guitare acoustique se voyant relayés de riffs crochetés et de puissants coups de boutoir –, le félin effort interpelle également par ses enchaînements vocaux en voix de contraste ultra sécurisés. Et ce ne sont pas les deux fringants soli de guitare dispensés qui nous débouteront de ce hit en puissance, loin s'en faut. Dans cette mouvance, eu égard à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre et à une insoupçonnée et grisante gradation de son corps orchestral, on ne saurait davantage éluder « A Coming Storm » ; une ballade progressive rock'n'metal symphonique doublée d'une subtile touche death qui pourrait bien faire plier l'échine à plus d'une âme rétive.

Et s'ils tamisent parfois leurs ambiances, nos compères en profitent alors pour se muer en de véritables bourreaux des cœurs en bataille. Ce qu'illustre notamment « Homecoming (Sleepy Lies the Forest) », ballade dark gothique romantique jusqu'au bout des ongles que n'auraient sans doute reniée ni Draconian ni Tristania ; glissant le long d'une radieuse rivière mélodique sur laquelle se meuvent les ensorcelantes modulations de la maîtresse de cérémonie, que relayent des growls glaçants et judicieusement positionnés, et recelant de grisantes accélérations, la tendre aubade se fait des plus étourdissantes. Tout aussi apaisant mais un poil plus aérien, « Reveries in Blue » se pose, lui, tel un ''floydien'' interlude instrumental sous-tendu d'un poignant solo de guitare, dont on ne pourra que regretter l'extrême brièveté du message musical délivré. Mais la palme reviendrait assurément à « At the End of It All » eu égard à l'originalité du propos livré : démarrant telle une ballade a-rythmique d'une sensibilité à fleur de peau, égrainant alors un piano/voix d'une confondante délicatesse, l'intimiste moment prendra l'ascendant à mi-morceau, sous couvert d'une instrumentation seule et délicieusement progressive. Fortement chargé en émotion et reposant sur une architecture encore peu courue, l'instant privilégié ne saurait être esquivé par l'aficionado du genre.


Au final, le combo helvétique nous plonge au cœur d'une œuvre à la fois volontiers pulsionnelle, un poil rugueuse, parfois épique, un brin romantique, qui, à l'instar de son aînée, se savoure à chaque fois davantage au fil des écoutes. Exploitant désormais une palette plus étoffée en matière d'exercices de style, au demeurant parfaitement maîtrisés, s'affranchissant un peu plus aujourd'hui qu'hier de l'empreinte de ses maîtres inspirateurs, et accolant, en prime, une touche d'originalité à son propos, c'est dire que la troupe a dorénavant élevé d'un cran le niveau de ses exigences artistiques et techniques. Ayant parallèlement soigné sa production d'ensemble et consenti à l'une ou l'autre prise de risque, le collectif aurait alors les armes non seulement pour se différencier de nombre de ses pairs mais aussi pour faire de lui un sérieux challenger face à ses si nombreux opposants. Aussi, à l'aune d'un album ne manquant ni de caractère ni d'emphase, nos acolytes auraient un argument susceptible de les propulser parmi les valeurs montantes de ce registre metal. Bref, une seconde vague de submersion aux effets dévastateurs insufflée par le quartet suisse...

Note : 16,5/20

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