The Acausal Mass

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Nom du groupe Merrimack
Nom de l'album The Acausal Mass
Type Album
Date de parution 22 Juin 2012
Labels AFM Records
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album46

Tracklist

1. Vestals of Descending Light 00:50
2. Arousing Wombs in Nine Angles Pleroma 05:08
3. Gospel of the Void 05:17
4. Beati Estis Cum Maledixerint Vobis 05:27
5. Hypophanie 06:49
6. Obstetrics of Devourment 05:24
7. Worms in the Divine Intestine 04:55
8. Abortion Light 05:26
9. Liminal Matter Corruption 08:27
Total playing time 47:43

Commentaire @ ZnzL

08 Août 2012

… La chute sans fin que procure l'annihilation, de tout état d'âme, par la dévotion…

De nouveau... Leur retour... Une nouvelle création, toujours plus torturée... Toujours plus écorchée, pendue, sacrifiée sur l'autel de la dévotion... Une nouvelle parcelle arrachée de leurs corps, accouchement tortueux au prix d'une section de leur âme, toujours plus dissonante et toujours plus ritualiste...

Merrimack a foulé les lieux de l'oubli de soi et de l'extrême perdition, et ils viennent avec ferveur nous les conter . The Acausal Mass, album suite du mystique Grey Rigorism, se veut comme la quatrième création des cinq Français de Merrimack. Si certaines formations de BM se contentent de ressasser sans cesse les mêmes riffs depuis les années 90, la progression rampante de Merrimack est bien la preuve même qu'ils ont franchi la ligne qui les démarquera à jamais et imposera leur originalité face au reste de la scène BM.
Cet Acausal Mass se présente comme un aboutissement de ce qui était entrevu dans le Grey Rigorism, mêlant sonorités old school et sonorités modernes, mais en revanche ici la production sonne plus "épurée", plus "franche", tout en laissant filtrer une certaine crasse, avec ce même son granuleux de guitare, cette même basse dégoulinante et cette batterie lointaine, crépusculaire. Les dissonances sont plus torturées que jamais, les vocaux d'écorché vif de Vestal laissent entrevoir un portail ouvert vers une folie dégénérescente, et les harmonies, les structures des morceaux, ainsi que leurs enchaînements sont extrêmement travaillés, et calculés.

L'album s'ouvre avec le titre sobrement intitulé "Intro", qui reflétera à lui seul une mise en forme floutée de l'album ; loin du réchauffé, plus gelé que jamais, à apparence quasiment recto-tonale, surplombé de vocaux hurlés s'empilant les uns sur les autres, 50 secondes qui illustreront la chute que vous fera subir ce qui suivra. Après un brutal arrêt, le riff lent et vindicatif d'ouverture d' "Arousing" commence ; des mélodies sculptées dans la torpeur et l'angoisse, lancinantes, des fois couplées d'un médiator qui se mutile sur les cordes sur les breaks, ce chant, que dis-je, cette messe proclamée par le Vestal, renforcée par un écho et une réverbération qui nous emportent, en s'enfonçant dans leur extinction certaine, au cœur même de sa démence...
Ce titre aura la particularité de s'accélérer harmoniquement et dans ses rythmiques au cours de sa progression, qui nous préparera au morceau suivant, "Gospel". Celui-ci s'ouvre sur un de ces riffs que Merrimack se réserve, qui perdurera pendant une partie du morceau, un riff à rythmique entraînante tout en restant sobre ; encore une fois, les harmonies s'enchaînent, déchirées, malgré un "solo" de guitare qui n'aura pas forcément sa place, mais heureusement chevauché par un Vestal toujours aussi aliéné, et qui préparera efficacement la transition avec la seconde partie entièrement (majestueusement !) instrumentale. "Beati" prend la suite, plus agressif, plus incisif, aussi sombre, mais plus écrasant, -vous avez cru voir Sa grandeur, subissez Son courroux pour le pêché d'existence-, un titre à mon sens plus "Grey Rigorismien", avec cependant encore une fois une grande recherche sur les harmonies, à travers un blast sur la majeure partie du morceau, qui se veut plus hypnotique qu'énergique.
Enfin, "Hypophanie". Ce titre. Une des réalisations les plus mélancoliques qu'ils ont fait jusqu'ici, chaque enchaînement a sa cohérence, chaque riff a sa personnalité propre, les guitares se font limite plaintives, le chant torturé laisse percevoir un frisson de nostalgie, on chute ici dans la totale dégénérescence, les mélodies deviennent contemplatives, le tempo est ralenti, les guitares et la basse s'accouplant aux thrènes du chant autour d'une même image d'affliction destructrice, et, enfin, cette tempête émotionnellement musicale et grandiose, se libérant, sur une guitare, aux airs folk et manouches, reflet d'une déception et d'un pessimisme tragique. À Sa gloire, malgré tout, au-delà de tout.
S'enchaîne "Obstetrics", né de la souffrance d'"Hypophanie", qui donne le ton sur un riff d'ouverture avec glissando et intervalles éloignés, comme si ces harmonies voulaient s'écarter pour laisser place à un enfant, fruit monstrueux de la dégénérescence auditive que nous avons parcourue pour arriver jusqu'ici, (riff qui clôturera d'ailleurs le morceau). Malheureusement, ce titre aura le défaut d'être assez dans la répétition, et d'avoir une structure relativement prévisible, malgré l'efficacité quasi-morbide des riffs.
"Worms", à mon sens, titre le plus organique de Acausal Mass, à la basse dégoulinante, aux rythmiques rampantes, et cette caisse claire doublée sur l'introduction, la rendant claquante, cinglante, et dans la suite de "Worms", les vers nous dévoreront, et la décomposition s'emparera de notre chair, un chant vibrant, comme si les cordes vocales de Vestal se trouvaient d'un coup enlisées dans du formol, et que les mélodies des deux guitares enfonçaient plus profondément le liquide, immonde et visqueux.
Avec "Aborption", on percevra un certain côté qui voltigera entre un passager mélancolique et un passager plus noir, une guitare sera fortement sous réverbération pendant une bonne partie du morceau, mais malheureusement, la magie opère moins que sur "Worms", "Hypophanie" ou encore "Gospel", la transition sur le blast n'opère pas vraiment, on sent un léger essoufflement. Dans le meilleur des cas, les mélodies sont toujours là pour nous hypnotiser et nous emporter dans les profondeurs de l'univers de Acausal Mass, toujours plus torturé, et le chant d'écorché vif de Vestal nous tient en haleine jusqu'aux dernières secondes.
Non sans déception, on en vient le dernier titre "Liminal". Une clôture plus vouée au culte d'un néant glauque et distordu, et où les chuchotements de Vestal feront office de murmures psychotiques qui s'ensuivront avec force de guitares ritualistes, et d'un Blastum au comble de sa performance renforcé par cette basse lourde et pesante, et au cours du morceau, l'apparition de chœurs morbides, surmontés d'arpèges et de mélodies dissonants, ainsi que de vociférations sourdes de Vestal... Pour le salut de cet album, un "ite missa est" à sa hauteur, grandiose, malsain et névralgique.

Au final, on reste lessivé, arraché, hypnotisé et avec un pesant sentiment de malaise quand les dernières secondes se finissent, à l'aboutissement de ces 48 minutes.
En avis général, un album extrêmement bon, frôlant l'excellence, un peu loin du chef-d'œuvre, mais bien au-dessus de la majorité, et plus abouti que Grey Rigorism ; Merrimack a voulu faire passer quelque chose, et y est parvenu, The Acausal Mass est donc, une sombre -ode à Sa gloire- réussite.

Znzl

2 Commentaires

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Merrimack29 - 02 Septembre 2012: excellente chronique!!! l'album est juste monstrueux!
NICOS - 02 Mars 2014: Merci pour cette chronique. Un peu monocorde et longuet les premières écoutes, cet album se dévoile par la suite. Pour moi leur meilleure réalisation
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