Tentoonstelling

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6/20
Nom du groupe We All Die (Laughing)
Nom de l'album Tentoonstelling
Type Single
Date de parution 13 Août 2014
Style MusicalDark Ambient
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1. Variation on the Scanning of Thoughts
2. Mathieu Drouet - Grande Plage (Op.1, Movement 1): le Noir

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We All Die (Laughing)


Chronique @ Icare

04 Octobre 2014

Comment ne pas avoir un arrière-goût amer dans la bouche?

Putain, merde, fais chier ! Oui, je sais, ce n’est certainement pas la façon la plus appropriée de commencer une chronique, et ce déferlement outrancier de vulgarité et de violence est à même de choquer les lecteurs les plus sensibles, mais que voulez-vous ? Quand la déception est telle, il faut bien l’exprimer avant qu’elle n’explose pour de bon, et rien de tel qu’une bonne flopée de jurons pour évacuer la frustration.

Bordel de couilles à foutre. Hum, excusez-moi. Remettons-nous dans le contexte pour mieux comprendre cet accès de psittacisme obscène : il y a dix mois à peine, We All Die (Laughing), duo barré mené par l’inénarrable Arno Strobl, chanteur de feu Carnival in Coal, et Dehà, multi-instrumentiste de talent officiant entre autres dans l’invincible COAG, nous offrait avec Thoughtscanning une perle de metal expérimental, vénéneux, sombre, déchiré et délicieusement mélancolique.



Forcément, quand on voit que le groupe remet le couvert, surtout dans un laps de temps aussi court, on bave comme des cochons. Et là, c’est là déception. Saloperie de chiotte de fiente à merde ! Oui, bien sûr, We All Die (Laughing), c’est du metal expérimental et avantgardiste, et le propre d’une telle musique, c’est évidemment de se foutre des codes et des conventions et d’aller cueillir l’auditeur là où il ne s’y attend pas. Ben y’ a pas à chier, dans cette optique, les 23 minutes de ce Tentoonstelling sont une incontestable réussite. Mais pas vraiment dans le bon sens du terme, malheureusement, car ici, la démarche artistique semble prendre allègrement le pas sur la musique : collaborer avec un photographe, en soi, l’idée est bonne (pour remettre les choses dans leur contexte, Mathieu Drouet, photographe lillois appréciant l’œuvre du groupe, a demandé à ce dernier de mettre en musique l’une de ses expositions, ce qui a donné lieu à Variation on the Scanning of Thoughts), mais pourquoi capturer ce travail sur un support audio et essayer de le vendre aux fans de We All Die (Laughing) ? Il est évident que messieurs Strobl et Déhà ont le droit de sortir de la sphère purement musicale et d’exprimer leur amour pour l’art, mais pourquoi ne pas le faire en leur nom propre ou créer un collectif à cet effet ? Car il va sans dire aussi que, vu le succès du phénoménal album précédent, la franchise WADL est maintenant établie, fût-ce modestement, et ce que ses géniteurs le veuillent ou non, conséquence, chaque nouvelle sortie du combo est dorénavant guettée par une bande de mélomanes aux expectatives exigeantes. Et qui dit attentes dit, forcément, parfois, déceptions. Or, comment ne pas être déçu par ce single ? Comment ne pas avoir un arrière-goût amer dans la bouche, avec une rondelle qui se contente de remixer l’un des thèmes principaux de Thoughtscanning et qui nous offre, en guise de piste bonus, une expérimentation sonore à l’intérêt musical nul et que d’aucuns, sans connaître le contexte de la genèse de l’œuvre, risqueront de prendre comme une provocation à la limite du foutage de gueule – j’ai été le premier à le faire ! -, flirtant dangereusement dans son minimalisme je-m’en-foutiste avec le côté à la fois le plus pédant et racoleur de l’art contemporain ? Furoncle de cul de chatte à bites !


Pourtant, les presque 14 minutes de Variation on the Scanning of Thoughts sont loin d’être mauvaises et se savourent tout en langueur: titre sombre, mélancolique, feutré et ambiancé, dégageant un délicieux parfum suranné de nostalgie, cet étonnant morceau oppose les notes graves du piano aux secousses profondes de la basse, une guitare électrique à la Shining venant pleurer ses notes lancinantes sur ce squelette musical des plus étranges et anxiogène (les sonorités de la gratte m’ont immédiatement fait penser au début du splendide Langtar Bort Fran Mitt Hjarta). Le titre évolue lentement, envoûtant, sombre et impalpable, rythmé par une batterie léthargique et par cette basse grasse et imposante, et traversé par ces orgues Hammond déchirants et ces notes de claviers étranges qui portent le mystère et le côté funèbre à leur paroxysme. Ce titre inclassable a la classe du jazz, la spiritualité déchirée du blues, et les sonorités indescriptibles d’une BO hantée et angoissante, un peu comme si un Pinkfloyd dépressif perfusé sous marijuana copulait avec Dario Argento et Clint Mansell (compositeur de la géniale BO de Requiem for A Dream).
Rien de metal dans tout ça, aucun cri, hurlement, gargouillis, aucune présence d’une quelconque voix d’ailleurs, pas de blast, pas de saturation, pas de riff, aucune filiation apparente avec l’album précédent en fait, si ce n’est que - salopard de fils de chien de bâtard bègue ! - Variation on the Scanning of Thoughts n’est autre que la reprise du thème principal de Thoughtscan, réinterprété de manière plus dépouillée et mélancolique et délesté de son habillage metal, une simple variation en somme, comme son nom l’indique. Certes, le morceau sonne différent, l’ambiance est vraiment prenante et peaufinée et on sent qu’il y a un vrai travail musical derrière, mais on aurait aimé du neuf. Encore une fois, sans connaître le contexte de gestation de ce Tentoonstelling, la démarche peut sembler un peu douteuse, et la pilule dure à avaler, grosse pute de salope de pétasse sidaïque !


Mathieu Drouet - Grande Plage (Op.1, Movement 1): le Noir, quant à lui - - Enculé de bâtard de saloperie d’enflure moisie ! - est donc une piste bonus qui n’est autre que la captation sonore du cliché qui illustre la cover… Hmmm, intéressant… mais à condition qu’on ne cherche aucune trace de musique : de par son concept même, cette piste n’est qu’une plage longue comme un jour sans pain composé de bidouilles navrantes, crépitements stridents, et autres sifflements déchirants sans l’once d’une mélodie, sorte d’osmose disharmonique entre le bruit d’une cocotte-minute, le son horripilant de Canal + en flouté et le bruitage kitschouille de la soucoupe volante dans la Soupe aux Chous. On écoute plus de l’idée, du concept que de la musique à proprement parler, concept qui a le mérite de sortir des sentiers battus, certes, mais qui est musicalement vain et nul. Et, malheureusement pour le groupe, ce qu’attend un metalleux sur un single, avant tout, ben c’est de la musique, et sur cette piste, il n’y en a pas. Sale fiotte de chiure moisie d’enculeur de mouches !


Résultat des courses, un single de 24 minutes dont 14 qui reprennent - de fort belle manière certes, mais quand même ! - un thème de l’album précédent, et 10 autres purement conceptuelles qui enchaînent crépitements, stridences et autres bruitages incongrus et surtout, pas une minute de metal dans tout ça, voilà à quoi se résume le nouveau single de We All Die (Laughing). Si la durée est tout à fait correcte (honnêtement, y en a pas beaucoup des singles de 24 minutes !) et que la démarche a le mérite d’être novatrice, il est difficile de ne pas être déçu de la métamorphose artistique d’un des duos de black les plus prometteurs de ces dernières années. En guise de conclusion, je dirai simplement que sur ce coup, le duo franco-belge peut virer le Laughing de son patronyme, car malheureusement, Tentoonstelling est loin de m’avoir fait rire. Espérons que ce ne soit que provisoire et attendons avec impatience le prochain full length, raclure de latrines d’enfoiré spermophile !

23 Commentaires

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OliFant - 06 Octobre 2014: Je me permettrais d'ajouter deux choses : le mot "tentoonstelling" est simplement la traduction néerlandaise de "exposition", ce qui colle bien à la nature du projet. Deuxièmement, je pense qu'on n'a pas assez insisté là-dessus, la "chanson" de Mathieu Drouet est le résultat auditif de la photographie de la pochette ; en d'autres termes, vous écoutez littéralement sa photo. Évidemment, il ne fallait pas s'attendre à du Mozart, mais la démarche a le mérite d'être saluée. À la lumière de toutes ces infos, je pose une question toute bête : n'y a-t-il pas moyen d'éditer ou de compléter la chronique ? Parce que sans les informations qui vont avec, je trouve qu'on passe vraiment à côté du sens profond de ce "Tentoonstelling"... et je pense qu'il serait dommage de "tromper" les lecteurs qui ne s'aventureraient pas jusqu'aux commentaires ;)
Icare - 06 Octobre 2014: Je pensais la laisser telle quelle, mais tu as raison, il est fort possible - probable - que certains lecteurs n'aient pas le courage de lire tous les commentaires. Je ne veux pas être de mauvaise foi, et je ne veux pas biaiser le jugement des lecteurs, donc je pense effectivement reprendre ma chronique pour mettre en lumière les informations que kaotoxin et toi nous avez patiemment divulguées. Il est d'ailleurs fort possible que, partant, la note remonte de quelques points. Je veux tâcher d'être le plus honnête possible et cette intégrité doit me faire admettre que ma chronique est lacunaire. Qu'il en soit ainsi, il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis!
Icare - 06 Octobre 2014: Voilà, je précise pour ceux qui ne tomberaient dessus que maintenant que la chronique a été légèrement remaniée car elle manquait d'information et ne pouvait pas rendre objectivement justice à la démarche artistique du groupe. La note a été rehaussée de 2 points par rapport à la mouture précédente et la phrase d'accroche, qui faisait polémique, a été supprimée. Il se peut donc que vous ne compreniez pas toujours sur quoi s'appuient certains commentaires ou interventions, ceci dit, d'une manière générale, mon analyse du single reste la même et le texte n'a pas été profondément modifié.
Trows - 06 Octobre 2014: Pour ma part, moi qui suis prof d'art, j'ai beaucoup apprécié le débat. L'écriture est belle, fluide, les idées s'équilibrent le ton est cordiale... j'aime.
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