Tahoma

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18/20
Nom du groupe Alda
Nom de l'album Tahoma
Type Cassette
Date de parution 09 Janvier 2011
Style MusicalBlack Atmosphérique
Membres possèdant cet album8

Tracklist

Re-Issue in 2011 by Singularity Publishing.
Re-issue in 2012 in CD by Pest Productions with alternative cover
1. In the Wake of an Iron Hand 11:14
2. Adrift 08:38
3. Tearing of the Weave 08:24
4. Shadow of the Mountain 07:52
5. Wandering Spirit 14:10
Total playing time 50:20

Chronique @ Darksaucisse

09 Juin 2020

We are but dust, We are but water...

Il y a des albums qui nous marquent profondément pour des raisons multiples et celui-ci en fait partie... Alda tire son nom du mot « arbre » en quenya, langue elfique imaginée par J.R.R. Tolkien. Exception faite de cela, le groupe n'a rien à voir avec les nombreuses formations s'inspirant de l’œuvre de l'écrivain britannique, mais plutôt avec les arbres, les forêts, la nature et les grands espaces sauvages. Fort d'un line-up inchangé depuis sa formation en 2007, le groupe a tôt fait de composer ses premiers morceaux en vue d'une première démo et d'un premier album, l'éponyme Alda, tous deux sortis en 2009. C'est à cette même période que le groupe compose son second album, Tahoma, et joue à des concerts locaux, faisant évoluer ce qui deviendra plus tard ce deuxième opus qui sortira finalement en 2011, d'abord en format cassette et à tirage limité comme son premier album, puis, un an plus tard, en format CD chez Pest Productions. Enfin, c'est quatre ans plus tard que sort le troisième album du groupe, Passage, chez Bindrune Records et Eisenwald, album s'inscrivant dans la lignée de son prédécesseur, à savoir un Black Atmosphérique aux douces effluves folk.


Si le premier album éponyme, Alda, laissait quelque peu sur sa soif et paraissait assez frêle bien que laissant présager de choses pour le moins intéressantes, ce deuxième album, Tahoma, lui est supérieur en tout point, et de loin tant la qualité est ici au rendez-vous. Le titre de l'album Tahoma pouvant se prononcer « Tacoma » fait référence au Mont Rainier surplombant la ville de Tacoma (d'où est originaire le groupe) et ayant pour nom « Tahoma » chez la tribu autochtone des Puyallup et signifiant « Mère des eaux », en référence sans doute aux glaciers de cette montagne donnant naissance aux multiples rivières traversant la région.

L'album démarre sur l'excellent "In the Wake of an Iron Wind" et son intro éthérée à la guitare folk, sur laquelle viennent doucement se greffer un violoncelle et la voix suave de Michael Korchonnoff, montant crescendo avant de laisser jaillir dans un élan rageur les riffs de guitares électriques et les blasts. Là où les titres du premier album avoisinaient les 5/6 minutes, sur ce Tahoma, Alda prend le temps de développer ses morceaux qui oscillent désormais entre 8 et 14 minutes et permettent dès lors une bien meilleure immersion, à l'image de ce "In the Wake of an Iron Wind". Le résultat n'est en aucun cas trop long ou trop monotone et, bien que les rythmiques soient assez simples, le groupe ajoute suffisamment de changements de rythmes pour rendre l'ensemble varié.

Le rapprochement avec d'autres formations de la scène cascadienne comme Wolves In The Throne Room ou Agalloch s'avère inévitable et à cela j'ajouterai également une similitude certaine avec la musique pratiquée par le projet ukrainien Drudkh. Néanmoins, Alda, loin de singer ces formations, réussit à apposer sa propre identité à sa musique tout en finesse et d'une incroyable richesse. Sa musique oscille entre parties Black Metal assez simplistes mais ô combien mélodiques et efficaces, à l'image du titre "Adrift", et parties plus folkloriques où les guitares folk s'accompagnent d'un bodhrán et même comme sur le magnifique "Tearing of the Weave" d'un violoncelle et d'un accordéon. "Tearing of the Weave", morceau le plus sauvage de cet album, mon favori je dirais, particulièrement prenant avec son introduction tout en douceur avant que ne surgissent les guitares, les blasts et la voix criarde de Michael Korchonnoff, son pont envoûtant et une outro impériale, tout en beauté pour le clore.

"Shadow of the Mountain" change de ton puisque il s'agit d'une ballade acoustique où s'entremêlent les guitares et la mandoline, la voix suave de Michael Korchonnof et celle plus douce de Stephanie Knittle, mais qui s’intègre parfaitement à l'ensemble, avant de se clôturer solennellement par des chants autochtones. Ce titre aurait d'ailleurs parfaitement pu se trouver en toute fin d'album en lieu et place de "Wandering Spirit", hommage du groupe à leur ami Joshua Sasser, plus lent et mélancolique que les titres le précédent, aux mélodies poignantes mais toujours entêtantes avant de nous laisser hagards, écoutant résonner les échos de cet appel sauvage, des grands espaces et des loups hurlants à tue-tête clôturant l'album...

La production choisie par le groupe, à la fois abrupte et chaleureuse, en opposition avec les productions généralement plus froides des formations de Black Metal, joue elle aussi sur l'atmosphère de contemplation et de plénitude dans lequel l'album nous plonge, cherchant en quelque sorte à nous rappeler la beauté et l’âpreté de la nature sauvage. Car au-delà de l'aspect musical, Tahoma est également un hymne à la nature, aux grands espaces et à la Terre, un plaidoyer pour celle-ci et un rejet du monde moderne... Rien d'étonnant à cela quand on sait la place que la nature, l'environnement et l'écologie ont dans cette région de Cascadie. L'influence de cette nature omniprésente se ressent tout du long des 50 minutes de l'album et jusque dans l'artwork montrant une rivière bordée d'une forêt avec en fond la montagne de laquelle elle descend, et en son sein au premier plan des saumons et un crâne humain. Différentes strates de ce monde : l'eau, la pierre, les bois et le monde animal. Le crâne étant quant à lui une sorte de Memento Mori, de rappel à notre propre mortalité et notre retour à la Terre...

We are but dust, We are but water...


Avec ce Tahoma, deuxième album mature et inspiré, d'une beauté superbe, à l'atmosphère envoûtante parfois rageuse, parfois mélancolique, Alda signe-là un grand album parmi mes favoris de cette scène Black Atmosphérique nord-américaine, peut-être même mon préféré du genre, qui n'a de cesse de se bonifier et de s'imposer au gré des écoutes. Il n'y a plus qu'à espérer que le quatrième album du groupe prévu pour la fin de l'année soit du même niveau...

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