Sword and Sorcery

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16/20
Nom du groupe Majesty (GER-1)
Nom de l'album Sword and Sorcery
Type Album
Date de parution 24 Juin 2002
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album38

Tracklist

1.
 Sword and Sorcery
 05:31
2.
 Fields of War
 06:09
3.
 Heavy Metal
 06:55
4.
 Epic War
 07:16
5.
 Ride Silent !
 05:18
6.
 Fist of Steel
 05:42
7.
 Aria of Bravery
 09:02
8.
 Metal to the Metalheads
 07:09

Durée totale : 53:02


Chronique @ dark_omens

08 Octobre 2015

Totalement à contre-courant de l'époque dans laquelle il tentait de s'inscrire...

Invariablement mû par cette inaltérable vénération dévolue aux Divinités américaines que pourtant, en ces temps reculés, Manowar et Virgin Steele n'étaient déjà plus réellement, les Saxons de Majesty poursuivaient, en cette année de grâce 2002, leur valeureuse épopée héroïque à la recherche de faits d'armes susceptibles de glorifier une légende alors anémique. Chevauchant sur les routes maudites de ce royaume Heavy Metal en quête de mythiques batailles résonnait encore, à leurs esprits torturés, le vacarme assourdissant de cette cinglante défaite d'une première œuvre totalement surannée (Keep It True (2000)). Bientôt l'histoire allait leur donner une chance d'assouvir cette soif de revanche. Ainsi, au détour d'un énième chemin, en cette aube frémissante, l'ennemi était là. Vint alors le temps de livrer un nouveau combat. Ce nouvel affrontement, dans les livres d'histoire relatant certaines de ces fables guerrières, prit le nom de Sword and Sorcery.

Sans jamais faiblir, ni même faillir, dans l'expression de cette adoration aux groupes déjà évoqués, Tarek Maghary et ses comparses, nous proposent donc ici, en une expression artistique obstinément, et désespérément, sincère, de livrer bataille armés des poncifs les plus ridiculement caricaturaux d'un Heavy Metal, certes, épique, mais surtout totalement désuet en ces temps plus séduit par les nombreux bouleversements artistiques ambiants. Cette désaffection pour le traditionalisme saugrenu de ce genre est alors si vraie que même certains des plus emblématiques de cette tendance caricaturale tenteront, en un souffle fétide, d'insuffler une inspiration nouvelle à une démarche démodée (Manowar et son Louder Than Hell par exemple). Mais Majesty n'en a que faire de ce modernisme. Lui, il continue de défendre, avec un héroïsme cocasse, les spécificités d'une musique sans avenir. Majesty est le dernier guerrier debout sur les remparts de ce passéisme inénarrable.

Ainsi, et alors que plus aucun combattant n'accepte de combattre de la sorte, Majesty s'évertue à lutter au son d'un Heavy Metal conformiste enfantant des titres dont on ne peut que déplorer le manque d'inspiration et de charisme évident.

Certains de ces morceaux, de surcroît, s'enlisent dans les rythmes lourds et pesants de mid-tempos ennuyeusement pénibles (Sword and Sorcery, Ride Silent mais aussi, par exemple, Metal to the Metalhead dont certains passages font immanquablement songer aux travaux des Britanniques d'Iron Maiden et notamment à To Tame a Land). Si d'autres sont, quant à eux, plus prompts et aériens, (Fields of War aux mélodies et chants qui font invariablement penser à Virgin Steele, le très conventionnel Heavy Metal, mais aussi, par exemple, Fist of Steel), ils n'en demeurent pas moins insuffisamment attachants pour ne pas faire naître en un auditoire, même coutumier de ce genre de protocoles, autre chose qu'un fort sentiment embarrassé.

Seul, au cœur de cette étendue grise, un très bon Epic War vient illuminer le terne paysage dévasté.

Il est également à noter que le traitement sonore infligé à ce manifeste, à savoir une production sans relief, n'est pas le moindre des défauts dont il a à souffrir.

Pour finir de se convaincre de l'inutilité d'un tel opus, il suffit de citer quelques uns de ceux qui sortirent en même temps, ou peu avant. Evoquons donc Rhapsody et son Power of the Dragonflame, Virgin Steele et son House of Atreus: Act II, Jag Panzer et son Mechanized Warfare ou encore, par exemple, Iron Maiden et son Brave New World. Une simple comparaison de ce Sword and Sorcery avec n'importe lequel d'entre eux ne saurait se faire sans une cruauté à laquelle, décidément, il est difficile de se résoudre.

5 Commentaires

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PhuckingPhiphi - 08 Mai 2017: Après un “Hellforces” fort routinier mais finalement attachant, je me résous donc à explorer un peu plus avant la discographie des teutons défenseurs du "True Metal” avec ce "Sword & Sorcery”, au titre et au visuel fort prometteurs pour le joueur de Donjons & Dragons que je fus en des temps lointains.

Evidemment, dire que j’ai été scotché par l’inventivité et l’énergie de cet album serait prendre de grandes libertés avec la vérité : comme sur son petit frère de 2006, on y trouve un Heavy Metal assez plan-plan, sans prouesses techniques ni originalité, mais avec un classicisme et une application qui ne peuvent que forcer la sympathie des nostalgiques dans mon genre. Si on n’est pas trop exigeant, on trouvera sûrement un certain charme à des titres comme “Sword and Sorcery”, “Epic War” et son riff entraînant, le thème gentiment épique d’”Aria of Bravery” ou l’hymne “Metal to the Metalhead”, pas folichon sur disque mais que l’on imagine volontiers plus efficace en live.

De plus, les influences Manowar me semblent ici encore davantage marquées que sur “Hellforces”, ce qui n’est point pour me déplaire : on a même une jolie illustration de Ken Kelly en guise de pochette (tellement chiadée et anatomiquement correcte que je l’ai prise pour un Boris Vallejo au début), c’est dire jusqu’où Tarek Maghary et ses compères ont poussé le mimétisme. Par contre, préparez-vous quand même à affronter des morceaux redoutablement banals, comme ce “Heavy Metal” chiant comme la pluie, et ce malgré la présence de la légende manowarienne Ross the Boss au solo.

Alors si les paroles crétines à base de guerres épiques pour le Métal, torse huilé et glaive au poing, ne vous rebutent pas et que la créativité à tout crin ne constitue pas l’Alpha et l’Omega de vos exigences musicales, vous pouvez tenter l’expérience de ce petit album sans prétention. Au contraire, si vous cherchez de l’originalité, des thèmes adultes et des prodiges de technicité, passez votre chemin : au point où j’en suis, je crois pouvoir déjà affirmer qu’aucun album de Majesty n’est fait pour vous.

Merci pour la kro ! :)
dark_omens - 08 Mai 2017: Mais de rien...

Et sinon, au lieu de poster dans les comms de ma chronique des messages aussi développés, personnels et de qualité, tu voudrais pas carrément les publier directement sur le site?

Ton post est largement suffisant pour faire un très bon commentaire de ce disque, voire même une chronique si tu le développais un poil plus.
PhuckingPhiphi - 09 Mai 2017: Haha, oui, c’est vrai, il y a des fois où je veux juste poster un petit commentaire, et puis je m’étale, je m’étale… et à la fin je m’aperçois que j’ai tartiné cinq paragraphes ! ;D

J’ai déjà posté deux-trois chroniques sur le site, mais ça participe alors d’une volonté d’analyser vraiment un album en profondeur. De plus, je ne m’autorise en général ce genre d’initiative que quand je maîtrise quand même un minimum à la fois la discographie du groupe, pour pouvoir inscrire l’œuvre dans son arbre généalogique, et le style auquel il se rattache, pour ne pas dire trop de bêtises ; tu ne me verras ainsi sûrement jamais chroniquer un album de Grindcore ou de Nu Metal par exemple. J’essaye aussi, dans une certaine mesure, d’être un minimum objectif et de re-situer le disque dans son contexte.

Dans le cas présent, je ne connais pas encore assez Majesty pour avoir une vue d’ensemble suffisante de leurs productions, et je suis loin d’être allé aussi loin dans l’analyse que toi : c’est juste une réaction personnelle à chaud, qui n’aurait pas existé sans ton travail préalable. En conséquence, même si c’est un poil long, ça reste selon moi un simple commentaire de ta (très bonne) chronique, guère plus.

Allez, je m’attaque à “Reign in Glory” maintenant ! ;)
dark_omens - 09 Mai 2017: Il y a des "simples" commentaires qui valent parfois mieux que certaines chroniques, mais je comprends ton point de vue et le respecte.
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