Il aura fallu deux ans à la bande transalpine
Pathosray pour nous gratifier d'un nouvel effort studio. Depuis leur album éponyme de 2007, les petits gars n'ont pas chômé, puisqu'ils sont retournés en studio pour nous préparer ce "
Sunless Skies" qui paraitra en mai 2009, coup sur coup avec le troisième album du projet français
Fairyland. Pourquoi parler de heavy sympho tout d'un coup ? Tout simplement parce que trois des membres du groupe (Marco Sandron, Fabio D'Amore et Alessio Velliscig) et un de leurs ingés ont participé à cet album, en plus de leur boulot pour leur album à eux (vous suivez ?). Deux ans finalement, ce n'est pas si long que ça… D'autant plus que le résultat n'est pas bâclé. L'artwork non plus d'ailleurs qui rappelle des univers comme les films Matrix des frères Wachowski, qui est signé par le chilien Genzo (tiens, il a aussi fait ceux des 2 derniers
Fairyland…).
Ils ont beau s'aventurer du côté du sympho épique à leurs heures perdues, les italiens de
Pathosray jouent toujours dans la cour du prog', et alors qu'on pouvait reprocher à leur premier opus un manque d'identité malgré de bonnes idées, ils s'affirment enfin pour de bon sur ce coup. Ils avaient montré une facette romantique posée, et en opposition une sorte d'agressivité maîtrisée sur l'album éponyme. Le tout se confirme ici, avec toujours des parties chantées langoureusement, des petites musiques au piano ou à la guitare acoustique, et première nouveauté, du chant féminin. De l'autre côté, la batterie tape toujours autant, la basse ne se fait toujours pas oublier, et seconde nouveauté : des riffs thrashys (sûrement livrés en pack avec le nouveau guitariste). Du coup, on a ici droit à un album varié sans s'égarer, qui alterne des passages mélancoliques presque "pop", et d'autres carrément plus prog' et couillus, parfois les deux (comme sur "
Aurora" ou "Quantic
Enigma").
Et dès l'ouverture de l'album, les premières secondes de "
Crown of
Thorns" nous réveillent comme pour nous dire "Hey ! On revient et on est en forme !" avec cette intro de guitare thrash graisseuse à souhait, et le rythme ne se perd pas tout du long du morceau. Le chant est quand à lui également varié, parfois mélodieux comme sur "Behind the Shadows" avec un refrain aérien où Marco est accompagné de légers chœurs féminins, et parfois agressif comme justement sur "
Crown of
Thorns".
Du côté de la mélancolie, la jolie Klaaire (ex-chanteuse du 2nd groupe du bassiste Fabio) vient accompagner Marco sur "The Coldest
Lullaby" de sa voix claire (haha) avec un côté juvénile et apaisant bienvenu, les deux vocalistes s'alliant parfaitement sur ce titre aux passages tantôt à la limite du "pop" tantôt bien couillus avec toujours ces coups de guitare acérés. Toujours dans le même registre on notera la ballade "In Your Arms" sur laquelle Marco s'ouvre à nous de sa voix à demi chuchotée pour des textes sans équivoque : "I wanna give you my life /
And put my fate in your arms". Si ça ce n'est pas une chanson de lover à l'italienne, alors moi je suis meilleur guitariste que
Luca Turilli. Le solo de guitare reste dans la même ambiance douce bien entendu.
Non ! Ne vous en allez pas ! Ce n'est pas un album dégoulinant de romantisme pour danser des slows, il y a aussi des pistes à la structure progressive géniale. Comme "Sons of the
Sunless Skies" avec son break acoustique bien trouvé, et qui nous montre le talent de composition des musiciens entre les passages lourds pour headbanger, mais surtout la piste phare de l'album (un phare c'est utile, quand les cieux sont dépourvus de leur soleil), je parle de "
Poltergeist". La plus longue de l'album, 8 minutes 30 au compteur, et même 2 de plus si l'on compte l'interlude "
Perpetual Eclipse" qui l'introduit avec un piano rejoint par un rythme électronique sur fond de violons… Et pan ! "
Poltergeist" est une tuerie, qui regroupe à elle seule tous les bons points du groupe sans les déchets. On a droit à un rythme soutenu, saccadé par moments, une guitare toujours aussi puissante et inspirée (solo impeccable), des claviers bizarroïdes et un Marco Sandron en pleine forme. En milieu de chanson un dédale musical où tous les instruments s'éclatent à la manière de "The
Sad Game" du précédent album, et puis… rien. Si. Un passage tout chaleureux comme il faut, du piano, les vocalises de Silvia Marchesan, et le titre finit en s'envolant superbement, vraiment une fin d'album de toute beauté.
Ce deuxième album de
Pathosray est donc celui de la confirmation. On notait avec regret le manque d'affirmation sur leur première œuvre de 2007, malgré des orientations intéressantes, et bien là le quintet italien s'est dévoué pour notre plus grand plaisir à ses deux principales facettes : le calme mélancolique et la force brute du prog'. Le changement de guitariste les a sans doute aidés dans ce sens car le jeu de A. Velliscig est plus tranchant que celui de L. Luison, ce qui accentue ce côté puissant tout en gardant un sens de la mélodie imparable. Le chanteur Marco Sandron tire le tout vers le haut en nous montrant ses capacités dans des registres bien différents, l'ensemble du groupe a tout donné et le résultat s'en ressent. Et vous l'aurez noté, aucune référence à un quelconque mentor, ces histoires font bel et bien partie du passé.
Le soleil n'est pas si absent que ça des cieux de
Pathosray, "
Sunless Skies" en est la preuve, car vu le niveau ces gars là ont certainement vu la lumière…
17/20.
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