- F2 ? … Cuirassé touché.
- F3 ? … Touché
- F4 ? … Coulé.
- Q5 ? …
Steel the Lightttttttttttttttttttttttttttttt
Q5. La grande majorité des amateurs de métal connaissent forcément ce groupe. Indirectement.
???????
Je m'explique, ne soyez pas si impatients !
Floyd
Rose, ça vous dit quelque chose ? Et bien ce fameux vibrato qui ne désaccorde pas la guitare lorsqu'on l'utilise porte le nom de son inventeur, Floyd D.
Rose, lequel n'est autre que le guitariste de Q5. CQ(5)FD.
« Quoi de mieux qu'un groupe de hard rock pour montrer toute l'efficacité de mon invention » se demande Floyd. Rien. Il fusionne alors partiellement deux groupes distincts de Seattle,
TKO d'un côté - au sein duquel a officié un certain
Adam Bomb -, C.O.R.E. de l'autre.
Rose et Jonathan Scott Palmerston (alias Jonathan K., chanteur) viennent de C.O.R.E., Rick
Pierce (guitare), Evan Sheeley (basse) et Gary
Thompson (batterie) de
TKO. Au boulot !
Au début de l'année 83, une démo 7 titres flatte l'oreille du management de
Heart qui leur vient en aide. Un deal signé avec Albatross Records plus tard, le groupe entre en studio à
Los Angeles. L'enregistrement, placé sous la direction de Mike Flicker (
Heart toujours), se passe mal. Le groupe lui reproche de ne pas suffisamment mettre les guitares en avant. Un "dégage" lui est gentiment susurré à l’oreille.
Rose, en musicien de studio expérimenté, reçoit l'aval des autres membres pour s'y essayer.
Pour un baptême du feu, le bougre s'en est-il bien sorti? Je n'en sais trop rien, n’ayant en ma possession que le (bon) remaster paru en 2005 chez High Vaultage. A noter que cette réédition propose en bonus la démo évoquée ci-dessus (pour ceux qui suivent) ainsi qu'un booklet franchement bien foutu avec interview du groupe et, initiative originale, chroniques du disque par certains magazines de l'époque.
L'atout majeur de ce «
Steel the Light » ? Une grande force de frappe mélodique. L'écoute des trois premiers titres devrait suffire à vous en convaincre.
Q5 mixe intelligemment des sonorités British -
Def Leppard,
Thin Lizzy et Iron Maiden pour les guitares à la tierce ("Come and Gone", ballade typée hard rock des 80's, pas pire mais pas non plus meilleure que beaucoup d'autres, et la magnifique "
Lonely lady" au "tagadac-tagadac" bien catchy) - et américaines ("Pull the trigger" évoque Y&T et "Missing in action",
Rough Cutt). Ajoutez à cela une petite louche - ou une très grosse cuillère, au choix - d'Ac/Dc ("Ain't no way to treat a lady", "Rock on", "Teenage runaway") et le tour est joué.
Enfin, "
Steel the Light", la chanson, la seule à dépasser les six minutes parmi des morceaux qui en comptent généralement quatre, est probablement la plus "personnelle" de l'opus. Elle s'ouvre sur un riff pouvant rappeler ceux de Blackmore avec
Rainbow ou
Deep Purple. Ce dernier est accompagné de sonorités "électroniques" bienvenues et d'un excellent solo. Sorti en single, le titre aurait mérité de cartonner. Le meilleur de l'album à mon goût.
Le vibrato de
Rose fend souvent les enceintes - c'est qu'il faut bien le vendre ce fameux Locking Tremolo System - mais sans trop d'abus ("
Steel the Light", "
Lonely lady", "In the night", "Pull The
Trigger").
Reste à évoquer ce que beaucoup parmi vous considèreront probablement comme une épine dans le pied du groupe - et pour certains ce sera même carrément un cactus entier - : la voix de Jonathan K. A mon goût, elle est parfois irritante, notamment lorsqu'elle monte (trop) haut ("Pull the trigger", "Come and gone", "Missing in action"). Ecoutez donc le Ac/DCien "Ain't no way to treat a lady"; en comparaison Brian Johnson c'est Barry White! Gonflé à l'hélium Jonathan K.? Le mystère reste entier...
En revanche, lorsque la voix est plus en retenue ("In the night", "Teenage runaway"), ou qu'un juste équilibre est trouvé ("
Lonely lady", "
Steel the Light") je trouve le résultat franchement emballant. Bref, pour résumer, tu mets Dave
Meniketti ou
Paul Shortino au micro et ma note s'envole à des hauteurs vertigineuses.
«
Steel the Light » sort dans l'indifférence générale aux States à la fin de l'été 1984. Fans devant l'éternel de l'entertainment-à-tout-prix, les ricains préfèrent jouer au lancer de bidoches avec Wasp plutôt qu'à la bataille navale avec Q5 (en même temps c'est vrai que c'est plus rigolo). Il faut attendre la réédition quelques mois plus tard en Europe chez Music For Nations - avec une pochette différente et étonnamment proche de celle du « Mind Over Muscle » de 220 volt - pour que l'album parvienne à se dégager de la mêlée. Le disque est bien reçu sur le vieux continent (numéro 12 au Kerrang Top albums de 1984) et les ventes sont apparemment - je n'ai pu trouver aucun chiffre - satisfaisantes pour un coup d'essai. Mais il en faut toujours plus aux requins des maisons de disques.
Aprés un deuxième opus "
When the Mirror Cracks" (1985) déjà plus FM, le label américain du groupe leur demande d'emprunter une route encore plus "commerciale".
Pierce et Jonathan K décident de former le plus heavy
Nightshade. Et pour Q5 ? ... Coulé !
Autre requin, beaucoup plus sympathique à mes yeux,
Great White reprendra "Ain't no way to treat a lady" sur l'album « Let It Rock » (1996). Manque de bol pour Q5, le squale a les dents élimées en cette fin de millénaire et sa popularité est au plus bas. Le disque passera inaperçu et Q5 restera dans l'anonymat.
Powergod s'attaquera également brillament à "
Steel the Light" sur «
Bleed for the Gods » (2001).
«
Steel the Light » est indéniablement un album "vintage", mais ce petit côté suranné n'en altère pas le charme, bien au contraire. Belle saloperie que la nostalgie...
Ah cool qu'il te plaise. Il est assez facile à trouver en lp.
Ben voilà, ta chronique m'a fait de l'oeil, j'ai écouté l'engin sur la lancée et... je me suis vraiment fait surprendre et me suis fait happer par l'univers de cet opus qui comme tu le dis bien est très vintage mais... dans le bon sens du terme, vraiment accrocheur cet album et addictif à souhait !
Tous simplement génial cette album, j'adore...
Bon, je passe derrière les Copains, et je découvre ce disque seulement maintenant malgré sa réputation, et cela fait suite au concert du week-end dernier ! Effectivement, un album très bon et bourré de références historiques, que tu mets bien en lumière dans ta chronique ! Merci.
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