Groupe américain fondé en 2011 autour du trio Paul Riedl (chant, guitare), Morris Kolontyrsky (guitare) et Isaac Faulk, auteur de trois démos puis d'un excellent EP
Interdimensional Extinction ayant suscité un vif intérêt chez les deathsters à sa sortie en 2015 (et sur lequel le bassiste Jeff Barrett rejoindra le groupe),
Blood Incantation nous revient en cette année 2016 avec son premier album
Starspawn paru chez
Dark Descent Records dans le courant de l'été.
Si de prime abord l'artwork de ce
Starspawn n'attire pas autant le regard que celui du précédent EP
Interdimensional Extinction, il nous indique très clairement que le propos des Américains semble ne pas avoir changé quant à la thématique abordée par le combo, à savoir : le cosmos et la mythologie Annunaki (mythologie mésopotamienne relative à la progéniture du dieu An). En effet le groupe s'est servi d'une œuvre de l'artiste astronomique Don Dixon représentant un cratère duquel s'échappe de la fumée sur une planète désertique aux teintes rouges nous rappelant étrangement notre voisine Mars.
Et cette première impression se confirme côté musique également.
Blood Incantation reste sur ce death technique à l'ancienne qui n'est pas sans rappeler ses compatriotes de
Timeghoul et les Finlandais de
Demilich, avec ces compos à plans multiples, il n'y a qu'à écouter le premier morceau Vitrification of
Blood (Part I) avec ces riffs à multiples tiroirs, ces nombreux changements de rythmes qui s’enchaînent sans coup férir pendant plus de 13 minutes !
Si musicalement la recette reste quasi identique à celle du précédent EP, le quatuor se permet quelques petits apports supplémentaires, quelques prises de risques diront certains, comme ce premier morceau long de plus de 13 minutes en guise d'ouverture. Un choix audacieux qui aurait pu s'avérer fatal, si la composition de ce premier titre n'avait pas été aussi riche et variée, avec ces enchaînements de riffs complexes et techniques alternant allégrement entre accélérations furieuses et mid-tempos monolithiques, le tout ponctué de soli infernaux et s’enchaînant avec une fluidité déconcertante !
Deuxième nouveauté, le groupe introduit avec le morceau Meticulous Soul
Devourment, un interlude acoustique, sur lequel Morris Kolontyrsky dévoile la finesse de son jeu en développant ici une atmosphère particulièrement contemplative, éthérée même et qui nous reposera le temps de quelques minutes après un Hidden Species chaotique et particulièrement jouissif et avant le redoutable
Starspawn clôturant l'album de la plus belle des manières, avec ces riffs diaboliques et ces solos cosmiques qui n'auront de cesse de monter en intensité jusqu'à l’achèvement du morceau !
Enfin, le dernier point qui pour moi différencie ce
Starspawn de l'EP précédent, réside dans l'atmosphère particulièrement lourde et noire qui s'en dégage accentuée sur cet album (il n'y a qu'a voir le chaos développé sur Chaoplasm), atmosphère que ne renierait pas
Incantation pour ne citer qu'eux ! En effet,
Blood Incantation bénéficie d'une production analogique et donc volontairement rétro qui donne une certaine profondeur aux instruments et lui permet de développer cette ambiance angoissante qui, couplée au growl abyssal de Paul Riedl, lui permet de plonger l'auditeur dans un profond trou noir duquel il ne sortira pas indemne !
Malgré une durée de seulement 35 minutes,
Blood Incantation, avec ce premier album à l'atmosphère lourde et angoissante, confirme la très bonne impression laissée par son
Interdimensional Extinction et se permet même d'enfoncer le clou un peu plus encore, élevant son niveau et affirmant son identité avec ce death metal technique, tortueux dans la veine des pionniers du genre ! Vous l'aurez donc compris, ce
Starspawn se classera assurément parmi les meilleures sorties de l'année, en ce qui me concerne tout du moins...
Oui Chthe'ilist est pas loin non plus en effet (j'accroche un peu moins pour le coup) et Morbid Angel aussi, j'y avais pensé, surtout comme tu le dis sur le premier titre avec des lignes qui font penser aux compos de la bande à Azagthoth et jusque dans certaines lignes et solos de guitares assez éthérées/cosmiques qui renvoient indéniablement à son jeu !
Quel album de fou! Techniquement ils se posent en maîtres!
Hate de voir la suite!
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