Suite à un premier album satisfaisant mais passé un peu inaperçu, les deathsters de
Consolation tardent à transformer l’essai mais finissent enfin par donner un successeur à
Brave Melvin from the Southern Point avec
Stahlplaat (1998). La chaîne de vélo de la pochette, semblant se frayer un chemin parmi la graisse et le sang, montre l’envie des bonhommes de tailler dans le vif. D’ailleurs bien que le quintet ait de nouveau confié l’enregistrement à Berthus Westerhuis, leur son s’est considérablement gonflé, donnant un relief et une épaisseur appréciable à leur musique.
Si Toep (batterie),
Rein (basse) et Dennis (guitare) sont toujours là, Robert remplace Jehudi à l’autre six cordes et Manoloxx le chanteur cède sa place à Arjan, au style beaucoup plus guttural. A en juger par les pauses inénarrables sur la photo au dos du livret et les pseudos pris pour l’occasion (Pizza the Hut, Luke Hellwalker,….), nos zouaves n’ont pas perdu leur sens de l’humour. Pourtant lorsque déboule Fireblade, ça ne rigole plus, les bataves crachent un
Death Metal bien lourd et puissant avec un sample qui donne un côté industriel à ce morceau, un peu comme si
Fear Factory se mettait à jouer du
Death Metal. Tout le début de l’album est dans cette veine d’un gros
Death Metal sans concession, avec notamment
Cold Blooded
Cold proche de la furie d’un
Morbid Angel époque
Covenant.
A partir de Camel Song, ça part en live… Ce morceau est une sorte de
Doom / Prog atmosphérique avec chant clair, et un emballement final épileptique. Comme pour contrebalancer ce titre inattendu,
Dead Thrill démarre sur les chapeaux de roue dans un
Death / Black imparable et violent. En fait, on peut difficilement reprocher à
Consolation un manque d’inspiration, la qualité d’écriture est réelle, seulement il y a tellement d’idées et d’influences sur
Stahlplaat, qu’on a du mal à cerner une ligne directrice. Les plans atmosphériques / mélodiques de Route
666 par exemple sont très bien agencés, mais on se perd au milieu de ce maelström passant de plans purement
Death à des choses plus incongrues. L’enchaînement
Killjoy /
Funeral Pyre en est le meilleur exemple : un court morceau brutal, direct et bien rapide avec blast-beat, suivi d’un titre Stoner / Rock avec chant extrême.
La fin de l’album composé de quatre chansons purement Black
Metal n’aide vraiment pas à l’homogénéité du produit.
Dark Funeral et
Setherial n’auraient pas fait mieux que le Black brutal de Hellwalker I et
Dimmu Borgir pas mieux que le « sympho » de Speedstar.
Finalement il est difficile de s’y retrouver sur ce deuxième album, une moitié étant composée de gros
Death Metal qui tâche, et l’autre de tout et n’importe quoi : du
Death / Indus à la
Fear Factory, du
Doom / Prog, du Stoner et un quart d’heure de Black
Metal en guise de final. Jouant avant tout pour le fun, les musiciens de
Consolation ont balancé en vrac tout ce qui leur passait par la tête, ne se souciant absolument pas d’une quelconque hétérogénéité à l’arrivée.
La valeur intrinsèque de chaque titre est bonne, il faut juste ne pas avoir peur de passer du coq à l’âne autour d’une trame principale
Death Metal, et l’écoute de
Stahlplaat saura vous satisfaire. Cet opus constituera hélas le chant du cygne pour le combo hollandais, qui disparaîtra dans les limbes après un bref passage sous le nom
Cardinal.
BG
En effet on y retrouve un peu de tout dans ce skeud, ce qui le rend assez diversifié.
Mais à travers cela , l'identité du groupe apparait comme trop évasive pour s'affirmer réellement...
Cependant cet album nous fait passer un bon moment et devrait ravir pas mal de fans d'extrême en général.
Ils avaient fait sur Soul Of A New Machine des morceaux death comme "Fireblade", par exemple "Scapgoat", "Flesh Hold", "W.O.E" et surtout "Desecrate".
Sinon tu parles de stoner dans la chronique, mais le gros fan du genre que je suis a été (partiellement) déçu de n'y déceler que du death'n'roll à la Wolverine Blues.
Sinon j'ai un gros faible pour la paire Hellwalker qui a eux deux, font effectivement la nique aux groupes cités dans la chronique.
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