Soul Burner

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Nom du groupe Deathharmonic
Nom de l'album Soul Burner
Type Album
Date de parution 20 Mai 2011
Labels HH Records
Style MusicalCyber Metal
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1. Broken Dream
2. Infection
3. Seed
4. Destroy All Humans
5. Nevermind
6. Acid TV
7. Dead Engine
8. Soul Burner
9. Experiment Chamber
10. Dots
11. Disintoxication Notes
12. Right Now (Korn Cover)
13. TAU
14. E-Chamber (Hertzlab Pneumatic Mix)

Chronique @ Matai

13 Juillet 2011

Du Cyber Metal violent et très froid, à ne pas conseiller à toutes les oreilles...

La Russie est sans doute le second berceau du Cyber Metal et est surtout le pays où les naissances de groupe du genre sont en croissance. Après Illidiance, Hi-Tech, Headphone Killazz et récemment Seecrees, Deathharmonic, une jeune formation toute droit venue de Samara, tente de percer depuis 2007 et la sortie de deux EP. Dans une période où le Cyber Metal semble être de plus en plus à la mode, les russes franchissent donc le pas cette année et sortent leur tout premier album studio signé chez HH Records, « Soul Burner », où se réunissent quatorze pistes enregistrés entre 2008 et 2011.

Contrairement à ses acolytes Illidiance, Deathharmonic ne mise pas sur les effets electro/techno, ni même sur un certain aspect core ou « djent », comme on en voit de plus en plus en Europe, voire aux Etats-Unis. Loin de Sybreed entre autres, le quartet ambitieux expérimente et nous propose quelque chose de beaucoup plus direct et beaucoup plus agressif. Les membres utilisent donc cette violence omniprésente afin de relever un concept des plus atypiques, sombre et différent de ce qu'on a l'habitude de voir dans le milieu. « Soul Burner » n'est que l'entrée de l'auditeur dans l'usine de déshumanisation de l'homme. La pochette à la peinture à l'eau met en valeur une machine remplie d'humains décharnés au regard vide, tandis que les chansons reliées les unes aux autres, montrent un endroit où le processus de « brûlage des âmes » a commencé. A la fin de l'expérience, l'homme se retrouve donc désâmer, prêt, sans aucun doute, à devenir à son tour une machine (dans tous les sens du terme).

On nage donc en pleine horreur, et Deathharmonic use, comme précisé précédemment, d'une musique très violente, accompagné d'un rythme percutant et mécanique, d'effets et de samples assez robotiques, auxquels on sentirait presque cet arrière goût d'acier propre aux machines. Ajoutez à cela un tranchant imparable au niveau des guitares, presque death sur certains morceaux, acérées comme des lames de rasoir, et un chant alterné très dérangeant. Car on peut le dire, ce chant fait partie des forces de cet album. Eddy arrive de façon déconcertante à alterner tous les types de chant, que ce soit chant clair (neutre, mélancolique ou décharné), chant synthétique, growl, cris black, ou cris plus « core », bref. A l'intérieur même d'un titre (« Infection », ou « Nevermind » par exemple), on peut donc se retrouver avec tout un panel de chants, mettant bien en relief les différentes personnes et les différents états d'esprit, en fonction du processus sus-cité et de l'avancement des événements.

En effet, il y a véritablement une progression dans cet album, presque conceptuel. Tous les titres sont reliés en un tout presque charnel, si bien que l'aventure se passe sous nos yeux, enfin sous nos oreilles, le temps d'une cinquantaine de minutes. On croirait être sur place, on pourrait presque voir ces machines opérer avec soin, voir ces corps presque désarticulés nous demander de l'aide. L'album est donc très immersif, tant dans le concept que dans la musique.

Entrons donc dans le vif du sujet ! L'opus débute avec « Broken Dreams », ces quelques samples electroniques, ce son béton et ces guitares destructrices jusqu'au bout nous propulsent irrémédiablement dans ce monde anéanti, froid, sombre et apocalyptique, où les machines sont les reines. Agressif, dynamique et sans répit, le voyage est intense et particulier, et ça, c'est peu de le dire. « Infection » suit les pas de ce titre, avec un esprit plus death metal, et toujours avec ces sonorités électroniques et futuristes, voire technologiques. Mais l'avantage, c'est que ce ne sont pas les effets qui priment, mais bel et bien les guitares et les vocaux, pour un résultat très convainquant et méchamment destructeur.

Chaque morceau débute par une introduction électronique, mécanique à souhait et digne d'une véritable usine. « Seed » est un bon exemple, les samples nous amenant devant une tribu de robots en plein travail ! Si un « Dead Engine » peut évoquer Illidiance grâce à un travail minutieux au niveau du mélange electro/guitare, « Experiment Chamber », lui », relève un certain côté jeu vidéo, notamment grâce à ces éléments électroniques oldies. La suite du morceau est plus sombre et arrachée, plus lente aussi, mais toujours aussi agressive, les guitares et les chants accentuant cet effet. Et ce, entièrement dû au fait que l'auditeur se situe désormais dans la chambre d'expérimentation, celle où les âmes sont ôtées des corps humains afin d'atteindre la crémation.

Deux autres pistes se démarquent de cet opus, à savoir un « Right Now » de Korn totalement revisité, la mélodie principale étant cette fois-ci aux claviers. Le groove reste là, la basse toujours aussi mise en avant, mais comme on s'en doute, les parties industrielles en arrière plan amènent un côté plus robotique et futuriste, parfois même plus malsain. Aimera qui voudra cette reprise des plus particulières. L'opus en tout cas se termine avec un « TAU » totalement instrumental et cosmique, malgré un certain rythme dansant par moment et des éléments mécaniques. Ici c'est totalement symbolique : plus de chant, plus de guitares, donc plus d'humains en tant que tel. 2012 avant l'heure.

Deathharmonic nous fait donc un album plutôt mature et immersif, violent et incisif, dans une bonne veine cyber metallique. Bien décapant, cette œuvre n'est pas à conseiller à toutes les oreilles, les plus curieux et férus d'expérimentations cybernétiques y trouveront certainement leur compte, alors n'hésitez pas à découvrir ces quatorze titres, ainsi que ces samariens, ils en valent le coup.

13 Commentaires

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Cannibal_Ferox - 14 Juillet 2011: Mon Dieu quelle découverte ! En lisant ta chronique j'étais un peu réticent – je suis davantage un maniaque d’industriel que de death - mais après l'écoute de seulement deux titres (Soul Burner, Destroy all Humains), je suis complètement tombé dans la potion. Dévastateur, rentre dedans, violent... envoûtant. D'ailleurs, merci pour l'ensemble de tes chroniques; c'est comme un voyage toujours plus profond à l'intérieur du monstre cyber en train de naître. Pour l'heure, je découvre un nouveau groupe à chaque chronique. C'est bien. Très bien.
Matai - 14 Juillet 2011: Merci ^^
Et de rien...j'aime écrire pour faire découvrir des groupes cyber tous aussi intéressants les uns que les autres.
sadchimaira - 22 Juillet 2011: Moi j'ai pas eu besoin de deux écoutes pour aimer!
Direct accroché, des riffs bien violents et efficaces, avec une bonne grosse touche cyber derrière c'est farpait.
romu_star - 14 Août 2011: Sehr Gut !
Ce que Fear Factory ne fait plus : degager de la puissance et surprendre.
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