Songs from the Earth

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Nom du groupe Furor Gallico
Nom de l'album Songs from the Earth
Type Album
Date de parution 16 Fevrier 2015
Style MusicalFolk Metal
Membres possèdant cet album12

Tracklist

1. The Song of the Earth 04:39
2. Nemàin's Breath 05:19
3. Wild Jig of Beltaine 05:01
4. La Notte Dei Cento Fuochi 05:12
5. Diluvio 06:39
6. Folletto Squass 04:59
7. Steam Over the Mountain 05:37
8. To the End 05:07
9. Eremita 06:16
Total playing time 48:49

Chronique @ AlonewithL

31 Janvier 2016

L’arbre étend ses racines en profondeur et en surface.

Le succès de leur premier long volume a été tel que « Furor Gallico » s’est vu immédiatement propulser aux côtés des plus grandes formations folk/pagan. Il leur a été proposé l’ouverture d’« Eluveitie ». On les a vus aussi aux côtés d’Arkona » et de « Moonsorrow » devant plusieurs milliers de personnes. Bref, la troupe italienne a rapidement gagné en notoriété. C’est néanmoins à proximité de la parution de l’album éponyme qu’un nouveau changement de line-up s’opère. On voit ainsi partir le bassiste Mac, remplacé par le jeune Fabio Gatto, mais aussi le multi instrumentiste folklorique Maurizio Cardullo, qui a lui préféré rejoindre le concurrent national « Folkstone ». Le poste vacant sera occupé par Paolo Cattaneo. Approximativement deux années après, peu avant les sessions d’enregistrement d’un second ouvrage, est annoncé le départ de Simone Sgarella. Mirko Fustinoni lui succèdera derrière les fûts, mais c'est le batteur Federico Paulovich du groupe « Destrage » qui participera à la création du nouvel effort de « Furor Gallico », intitulé « Songs from the Earth ». L’ouvrage enregistré au studio Metropolis de Milan témoigne d’une quête de personnalité. Pour conforter sa stature, « Furor Gallico » cherche à aller au-delà de ses premières sources, quitte à s’aventurer bien loin. L’arbre étend ses racines en profondeur et en surface.

On se remettra de leurs influences persistantes lors du premier album dès l’aperçu du titre éponyme qui ouvre l’ouvrage successeur. Des douces mélodies celto-irlandaises de l’entame, nous passons ensuite à un feu nourri. Nous retrouvons l’alternance des voix habituelles. Cependant, celui qui a découvert « Furor Gallico » dès la parution éponyme datant de 2010, confiera que l’ensemble a gagné en maîtrise, que la musique sonne davantage professionnel. Le titre, quelque peu timoré, prendra de l’envergure sur le break, jouant alors des chœurs et du chant déchirant de Pagan. Comme avec ce premier morceau, « To the End » débute par des mélodies très chatoyantes, effet trompeur cachant une suite beaucoup plus robuste. Tellement robuste sur cet extrait qu’on dispose carrément d’un mélange death mélo/metalcore sur les passages les plus intenses. Bien entendu, cela ne fonctionne que par atermoiements. Ces passages forts alternent avec d’autres beaucoup plus apaisés et à chant féminin. On pourra aussi rapprocher « To the End » au morceau « The Wild Jig Of Beltaine », pas si différent dans sa structure, mais ne produisant peut-être pas un aussi grand écart dans le changement de rythme et d’humeur. On se rapproche plus là de « Eluveitie ». Un « Eluveitie » en réussite, pris dans une dimension champêtre.

Ah ! Les prairies fleuries, les grands espaces ! Tout l’univers campagnard est reflété comme une imagerie d’Epinal à travers « Eremita ». Les instruments folkloriques sont ici grandement mis à contribution. Flûte, violon, harpe ont le droit à une longue manifestation, juste avant de se faire rattraper par un pagan plus sec. Ce qui ne met pas un terme à leur discours. « Eremita » se montre relativement serein, même s’il s’illustre par quelques petits instants moroses, à l’image de son magnifique break au piano et à la harpe en tiers-fin de piste, et de l’énorme frénésie qui le suit. Question énergie « Furor Gallico » n’est pas en reste. Il se révèle très souvent tempéré, assez mesuré, mais parfois le rythme y est un peu plus relevé. « La Notte Dei Cento Fuochi » caracole, parfois momentanément ralentit, voire s’arrête si on fait part du seul break, éloquent pour ses chuchotements. C’est un morceau vivant, observant plusieurs dynamiques. On y décèle d’ailleurs la présence de la cornemuse, comme sur le martial « Nemains Battle ». Extrait, lui, quelque peu mystique, à la rythmique par à-coups, s’illustrant par une superbe échappée instrumentale en seconde partie de morceau.

Le disque est une étendue de découvertes. Une corne de providence. Le groupe a été visiblement obnubilé par une volonté d’établir de nouveaux codes, de s’inféoder à ses influences premières, quitte parfois à en trouver d’autres. Le fou et joyeux « Folletto Squass » est un pur héritage de « Finntroll » période « Nattfödd ». Il ne faut, par contre, pas tenir trop compte des prises jazzy en son corps, ni même du chant en italien pour établir une telle correspondance. Je suis sûr que certains s’en réjouiront par ailleurs. Cela change de tout au tout, en tout cas, avec le très moderne « Storm over the Mountain », titre saisissant proposant ni plus ni moins qu’un groove metal parfois teinté de core. La part folk est présente, mais de manière particulièrement discrète. Avec cet environnement et pareille ambivalence, on se demande si « Furor Gallico » n’a pas tout simplement coupé les ponts avec le précédent album. Il n’y a pourtant point de rupture concrète. « Diluvio » ne rappellerait-il pas « La Caccia Morta » ? Néanmoins, plus le moindre growl à titre de comparaison, juste le chant clair en italien. Nous avons là un bon rock transalpin, une power ballade tout ce qu’il y a de plus solennelle et attachante.

Si le premier ouvrage des Milanais a privilégié de fortune, plus que de véritable cœur, on pourrait difficilement reprocher au suivant de ne jouer que sur la simple chance. Il est vrai que la haute stature que l’on confiait déjà à « Furor Gallico » était quelque peu précipitée. On le projetait déjà à des hauteurs qu’aucun groupe de folk metal italien n’avait eu avant lui, peut-être excepté « Elvenking ». La suite confirme néanmoins que l’on a eu fortement raison de croire à cet espoir. « Furor Gallico », probablement conscient de l’enjeu, s’est professionnalisé et a enrichi son jeu et ses compositions à grande vitesse. Pour la grande richesse, les curiosités qu’offre son contenu, « Songs from the Earth » mérite amplement de figurer parmi les meilleurs efforts folk/pagan de l’année 2015. La troupe a su se dépasser du statut de suiveur Eluveitien qui lui collait à la peau et pu affirmer une authentique personnalité au grand jour. L’arbre a, pour ainsi dire, poussé et s’est développé par forte croissance. Il est arrivé en peu de temps à mettre sous son ombrage des arbustes plus vieux que lui. Des promeneurs viendront à leur tour s’y reposer au pied et y recueillir les fruits.

16/20

3 Commentaires

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frozenheart - 31 Janvier 2016: Merci, Alone pour cette chronique qui m'a interpeler. Sûrement à cause des références celtio-irlandaise et Pagan, tout en gardant une certaine originalité ce qui est assez rare de nos jours. C'est donc avec grande hâte que j'irais écouter cet album et pourquoi pas l'acheter .
Bakounine - 02 Fevrier 2016: Merci de ta chronique, Alone
Encore un très bon album de la part des natifs de Monza, même si j'ai encore une petite préférence pour le coté hyper riche même si plus scolaire du premier (qui est avec le Niburta, l'une des deux plus belles découvertes folk pour moi depuis la génération des Eluveitie et des groupes finissant par "um")
On sent vraiment que le groupe a voulu évoluer et proposer des morceaux aux identités propres avec vraiment des ambiances assez différentes, du festif sur "Squass", au rock limite Zucchero sur Diluvio, des cornemuses plus présentes sur Nemain's Breath, etc
Globalement une confirmation du talent bien au dessus de la moyenne de ces italiens qui en plus, sont vraiment bon sur scène également...
Ils ont un vrai bel avenir devant eux s'ils persistent à ce rythme et passent le cap du 3ème album qui a fait souffrir nombre de groupes.
AlonewithL - 02 Fevrier 2016: Je suis tout à fait d'accord avec toi sur le côté scolaire de l'éponyme (raison peut-être pour laquelle il ne m'a jamais intégralement conquis). Quant à la richesse, je préfère déjà les explorations du second ouvrage, qui poussent parfois au delà des frontières de tout cet univers folk et pagan. à ce que j'ai pu voir d'eux l'année dernière au Cernunnos (leur premier passage en France), je suis très serein pour leur avenir et cet hypothétique 3ème album. Il ne peut y avoir d'échec, sauf grosse surprise.

Merci à toi pour cette correction à propos du batteur session au fait. ^^
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