«
Songs for the Last View » sort pile poil pour souffler les 15 bougies de
Lacrimas Profundere. Malgré cela, la fête peut paraitre triste aux yeux de certains car cet album marque la fin d’une époque : en effet, il s’agit du premier jet depuis le départ de Christopher Schmid, chanteur et membre fondateur du combo.
Son remplaçant, Rob Vitacca, est à peine âgé de 21 ans. Il doit supporter la lourde tâche d'assurer tout aussi bien que son prédécesseur à la voix grave afin d'être accepté par tous les fans de LP... Mission loin d'être évidente, et pas vraiment réussie à mon sens, mais qui a de grandes chances d’aboutir à force d'expérience. Au premier abord, le changement n'est pas franchement énorme : les 3 premiers titres de «
Songs for the Last View » laissent découvrir un Rob au timbre tout aussi grave que Christopher, voir même plus. Par contre, la technique de chant n'est pas la même et l'expérience fait la différence en laissant un net avantage à l'ex-chanteur. Mais les titres suivants dévoilent l'étendue des possibilités que possède Rob et celles-ci devraient rassurer la plupart des fans.
Musicalement parlant, «
Songs for the Last View » suit la route tracée par «
Filthy Notes for Frozen Hearts » et propose un rock gothic métallique dans la pure tradition dont les références les plus parlantes seraient
Theatre Of Tragedy (première époque),
Lake Of Tears,
Paradise Lost et autre
Sentenced.
Avec ce nouvel opus,
Lacrimas Profundere ne sort pas franchement des sentiers battus et se contente d’exploiter les filons traditionnels en proposant les tactiques classiques qui ne peuvent que satisfaire les fans du style : rythmiques simples et mélodies accrocheuses accompagnées d'une montée en puissance au refrain. C'est vrai que cela fonctionne souvent, mais à force d'utiliser le même stéréotype de composition, l'on commence à croire que le groupe se plaît à jouer trop souvent la même chanson et l'écoute devient un tantinet ennuyeuse.
Heureusement, certains titres se démarquent et sortent du lot comme « Pearl », « Veins » ou le puissant « Dear army ». Mais il faut bien avouer que les allemands excellent franchement dans les ballades : «
And God's Ocean » est vraiment une perle ! Le timbre grave de Rob prend finalement toute son ampleur et sa noirceur lorsqu'il vient doubler la voix claire qui assure la mélodie. « A dead man » et « While » sont issues du même moule, même si la dernière accélère élégamment et permet enfin au batteur d'utiliser ses 2 grosses caisses !
On regrettera tout de même la quasi absence d'envolées musicales : les guitaristes assurent tous deux les parties rythmiques et seuls 2 titres sur 12 peuvent prétendre détenir un « solo ».
La production ne m'a pas franchement emballée non plus : les guitares couvrent le chant grave de Rob Vittaca et ses paroles sont de ce fait incompréhensibles. De plus, elles sonnent brouillons ; seule la batterie tire son épingle du jeu.
«
Songs for the Last View » se veut rassurant quand au remplacement de Christopher Schmid. Néanmoins, il reste un album mitigé et dévoile un
Lacrimas Profundere prudent qui campe sur ses positions en ne proposant que quelques bons titres mais pas suffisamment pour un groupe de cette envergure. Espérons que la fougue du jeune chanteur inspire les prochaines compositions et que le retour du groupe sur le devant de la scène soit accompagné de quelque chose de plus consistant.
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