2008 serait-elle l'année du metal grec ? Après
Firewind et Septic
Flesh, auteur chacun d'un album grandiose et majestueux, l'un en heavy/power metal et l'autre en death orchestral,
Inactive Messiah nous propose ici son troisième album avec pas mal de chamboulement dont l'arrivée d'un nouveau batteur et ça s'entend. L'album de la maturité alors ?
Inactive Messiah nous revient donc 3 ans après un "
Be My Drug" en demie-teinte, où le groupe voguait entre death orchestral et death mélo un brin trop facile, où le gros point faible était le manque de puissance rythmique dans les riffs et une batterie exécutant le minimum syndical (hésitant envoyer de la double grosse caisse pour appuyer là où ça fait mal). A cela, ajoutez un chant clair un peu trop facile par moment et vous obtenez un album moyen où il est évident que le groupe se devait de faire des choix : soit rester engluer dans la facilité, soit travailler un peu plus ses compositions pour mieux mettre en valeur leur death orchestral.
Je pense que le groupe a choisi la bonne solution en piochant la seconde option. On se retrouve ici en face d'un death moderne de très bonne facture, appuyé par des orchestrations réalisé par El Maëstro Chris Antoniou de Septic
Flesh. Ces orchestrations savent autant se faire discrètes (Chosen One) que de se mettre en avant comme sur
Failure, vraiment magnifique, ou le très épique Theatrical World (épique antique, pour ne pas fâcher les amateurs de pagan metal). Les riffs sont plus hargneux et rentre-dedans, death en somme, comme sur le titre
Soulless, vraiment monstrueux d'efficacité. A croire que ce que j'ai dit concernant la batterie sur l'album précédent a été retenu, un changement de batteur et c'est parti ! On se lâche sur la double soutenue pour accompagner les riffs. La batterie est beaucoup plus variée et ne sert pas juste de soutient rythmique, elle met bien en valeur les riffs de guitares et sait accaparer l'attention comme sur le break de Theatrical World. Elle apporte vraiment un second souffle à ce groupe dont c'était l'un des défauts majeurs sur l'album précédent.
Au niveau vocal, on oublie les chants clairs et on se concentre sur un chant death/black efficace, bien que relativement monocorde et assez en retrait sur certains titres. Le groupe n'en oublie pas les mélodies et leads entêtants comme sur le symphonique "Theatrical World". A côté de ça, on a le droit a des titres un peu plus heavy voire death mélodique avec des leads vraiment entêtants comme sur "From Birth To death" mais qui auraient mérités d'être plus mis en avant comme sur le titre éponyme, mais ce n'est qu'un détail. "Eat My
Flesh And Drink My
Blood" comporte d'ailleurs le seul réel solo de l'album, diablement bien exécuté par ailleurs, le reste du temps on a le droit a un lead sur les breaks. Le groupe n'en oublie pas les parties acoustiques non plus (très orientales sur
Soulless).
Enfin l'album se conclût par à mon avis le meilleur titre de l'album de pas moins de 7min38, Like An
Endless Lament, qui arrive à combler lead mélodique, riff entraînant et orchestrations grandiloquentes et en terminant par une outro acoustique.
Le groupe a su donc évoluer et dans le bon sens, se tournant vers un death beaucoup plus agressif que le précédent album, en gommant certaines facilités pour recadrer sa musique et la rendre plus agressive. A croire que "
Communion" de leur compatriote de Septic
Flesh, a servi d'exemple même si l'agressivité n'est pas la même, je vous rassure. D'ailleurs le groupe est loin d'être une pâle copie de son homologue et se veut plus heavy et moderne dans son approche et beaucoup moins bourrin comparé à "
Communion", là tout est dans le riff qui fait mouche.
On a donc le droit à un très bon troisième album avec une personnalité qui s'affirme en ayant su choisir la voie qui lui convenait le mieux et aussi travailler son instrumentation notamment grâce à un batteur beaucoup plus percutant. Reste quelques légers détails de mixage à régler comme les mélodies de guitare ou bien la voie parfois sous-mixé, je ne parle pas de la basse souvent sous-mixé dans le death metal. Par contre la batterie sonne d'enfer !
Reste plus qu'à voir si en live, ça tient ses promesses !
Mitigé. disons qu'on a sur scène un très bon groupe de death, mélodique et bien rentre-dedans à la fois. Mais la dimension orchestrale et le côté épique... Envolés. Les guitares crachent, la batterie tape, le chanteur éructe, et en 30 minutes on envoie à fond les ballons 8 morceaux. Très carré et pro, indéniablement efficace, mais malheureusement pas très original...
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