Signals IV

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Nom du groupe Sabled Sun
Nom de l'album Signals IV
Type Album
Date de parution 13 Mai 2014
Labels Cryo Chamber
Style MusicalDark Ambient
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1. Signals IV 58:53
Total playing time 58:53

Chronique @ Dotflac

30 Mai 2014

Signals IV est l'épisode le plus sombre de la série.

En ce mois de mai 2014, Sabled Sun a fait d'une pierre quatre coups. Annoncé depuis quelques semaines, le digipak contenant les trois premiers opus de la série Signals Vient de sortir (et est déjà en rupture de stock sur la page du label) pour tous les fans de drone lourd et d'ambient spatial qui chérissent leurs galettes. Par la même occasion, Simon Heath, qui se cache derrière Sabled Sun, Atrium Carceri et son label Cryo Chamber, rend disponible depuis le 13 mai le quatrième épisode de la saga Signals, et sous pas mal d'aspects, ça sent le changement. Pour le mieux.

Quand Signals I, II et III ont utilisé au moins deux variations plus ou moins proches de leurs thèmes respectifs, Signals IV va rester fidèle à sa base sonore tout au long de ses presque 59 minutes. Un drone monolithique s'approprie l'espace et le temps ; combinant à la fois un aspect mécanique par ses résonances métalliques et organique par un bourdonnement incessant, les sons évoquent un lieu sacré à l'immensité pesante, tel un temple titanesque ayant appartenu à une civilisation déchue. La construction de pierre se transforme peu à peu en ruine suite aux assauts du temps et à la reconquête du minéral par le végétal. C'est oppressant, c'est pesant, c'est hypnotisant, et c'est définitivement ce qui fait de Signals IV l'épisode le plus sombre de la série.

Au fur et à mesure du morceau, un souffle froid apparaît périodiquement, nous faisant prendre de la hauteur sur la situation. La solitude et la désolation imprégnant ce monde post-apocalyptique se révèlent lorsque notre champ de vision s'élargit, ne restent qu'un vent glacial pour remplir les ruines et le silence qui les habite, des sons distants de sirènes qui semblent être une réminiscence du chaos qui a précédé l'implosion de la société que nous connaissions, des sons métalliques rappelant ceux des gongs, annonciateurs d'un futur sombre... Mais plus discrète, on discerne une trame sonore de faible volume qui est centrale au concept des Signals : des parasites qui interfèrent avec le paysage sonore décrit plus haut.

En effet, l'infortuné condamné à errer seul sur une Terre dévastée, celui-là même que l'on suit dans les albums 2145 et 2146, cherche en parallèle du projet principal une trace de vie au travers des signaux radio perdus dans l'air. Cependant, les Signals ont tendance à devenir plus sombre, en particulier dans cet épisode, comme si notre protagoniste perdait un peu plus espoir de trouver des semblables. Un fatalisme évident transpire de Signals IV, alimenté par la lourdeur du drone et la répétition des mêmes parasites muets tout au long de la composition.

Une seconde interférence plus apparente se manifeste aux environs de la 27ème minute, apparaissant et disparaissant aléatoirement jusqu'aux derniers balbutiements de la piste, tandis que les sonorités métalliques et le vent sournois se font plus prépondérants à tour de rôle, accentuant le malaise dans un paysage globalement sombre et impressionnant de par son pouvoir de suggestion. Un des éléments marquants se situe à la dernière minute, lorsque le souffle disparaît complètement, laissant place nette au drone initial et aux dernières ondes captées. Cet effet de style me fait imaginer un travelling arrière de caméra, partant d'un gros plan sur le protagoniste solitaire et reculant progressivement, le laissant seul et immobile au milieu d'une gigantesque rue entourée de gratte-ciels et remplie de cendres qui voltigent, avant de s'effacer entièrement. La disparition du bruit du vent nous retire de la situation que nous partagions avec cet homme, accentuant la solitude et les ténèbres dans lesquelles Sabled Sun a placé son personnage. Simon Heath n'a pas menti en décrivant Cryo Chamber comme un label focalisé sur du dark ambient de haute voltige avec un aspect cinématographique.

Les trois premiers travaux de Sabled Sun dans les royaumes du drone et du space ambient étaient déjà bons à très bons, mais il a réussi à taper encore plus fort avec un Signals IV qui semble ouvrir une nouvelle ère concernant l'avenir de son projet. Massif, impressionnant et fascinant pourraient faire partie des mots utilisés pour décrire cet album, mais au final, je vous conseillerai juste vivement de vous jeter dessus, surtout pour 5 $.

2147 a déjà été annoncé, et si la qualité de l'histoire principale évolue comme celle des Signals, autant dire que vous pouvez déjà commencer à vous impatienter.

9 Commentaires

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Dotflac - 31 Mai 2014: Forcément, je te conseille dans leurs discographies respectives [Leaving Home], [Until We Meet The Sky] et [Origin # 01] pour Solar Fields, [Hydroponic Garden] et [World Of Sleepers] pour Carbon Based Lifeforms. Toujours chez Ultimae, je trouve que [Elsewhere] de Miktek est un pur chef d'œuvre atmosphérique, incontournable en 2013. [Comfortable Void] de Sync24 (une des deux moitiés de CBL) est également essentiel, je le place sur mon top avec [Movements] et [Interloper]. [Pollen] d'Aes Dana est un peu plus proche de la trance sous certains angles (de loin) mais vaut un coup d'oreilles. J'ai mis du temps à apprécier cet album mais ça envoie de la purée quand on s'y met. [Hanging Masses] de Cell, un album en apesanteur entre terre et cosmos, qui pourrait un peu se rapprocher de Global Communication... Enfin, sans hésiter, [9980] de Connect.Ohm, un vrai voyage sonore qui croise l'univers de deux artistes exceptionnels (dont Cell). Vraiment, si je dois te conseiller des albums downtempo, ce sont ceux de cette liste. Tout est en écoute sur Bandcamp en plus, tu pourras vite te faire une idée, Ultimae est ma référence dans le genre (cocorico d'ailleurs, c'est français comme label...). H.U.V.A. Network est aussi une bonne référence, en effet ! Solar Fields + Aes Dana, forcément ^^ Je vois que tu écoutes aussi Biosphere, qui est bien plus axé ambient isolationniste, plutôt atmosphères glacées. Je ne peux donc que te conseiller d'explorer un peu les sorties du label italien Glacial Movements qui en a fait sa devise. Je pense surtout à Erebus de Bvdub & Loscil (froid et mystique comme ambiance), Time Frost de Rapoon (unique) ou Over The Summit de Netherworld, qui valent tous le détour. Un peu différent, plutôt ambient spatial épique et classique moderne, je suis très fan de Night Falls, par Hecq. Tant pis si t'aimes pas après ton écoute, mais faut absolument essayer une fois ce chef d'œuvre datant de 2008. Récemment, Pjusk & Sleep Orchestra ont sorti un album ambient bien léché aux ambiances glacées, ça s'appelle Drowning In The Sky et c'est tip-top. Tente aussi The Unintentional Sea par Rafael Anton Irisarri, j'aime beaucoup les textures qu'il emploie, ça rend vraiment ses cinq pistes uniques dans l'album. Si tu trouves ton bonheur dans le quart de ce que je te propose, c'est déjà pas mal ! ^^
Abducted47 - 31 Mai 2014: Superbe liste merci :) Je connais déjà une partie de ces groupes/albums mais il y en a qui me sont totalement inconnus. Et en priorité il faut que j'écoute Erebus car Substrata de Biosphere est probablement mon album d'ambient préféré (bon à égalité avec Interloper/Word of Sleeper/Movements, mais qui sont dans un registre différent^^) !
Dotflac - 31 Mai 2014: Sans compter que Loscil et Bvdub, en tant qu'artistes individuels, font déjà d'excellentes choses. J'espère que tu trouveras ce que tu recherches là-dedans !
666belzebuth - 11 Juin 2014: je conseil très vivement Enemite. Mais c'est moins spatial, juste tout aussi sombre.
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