Shadow People

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18/20
Nom du groupe Midnightmares
Nom de l'album Shadow People
Type Album
Date de parution 21 Octobre 2024
Style MusicalDark Symphonique
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Sanctuarium
Ecouter05:06
2.
 Shadow People
Ecouter04:23
3.
 Leave Me with My Demons
Ecouter04:23
4.
 Wichasha Wakan
Ecouter04:57
5.
 Kill the Beast
Ecouter04:28
6.
 Séance
Ecouter03:23
7.
 I Love It When You're Evil
Ecouter04:30
8.
 Everlasting
Ecouter05:04
9.
 Jim "Reaper" Blake
Ecouter04:36
10.
 In My Hands
Ecouter04:36
11.
 End of Days
Ecouter04:43
12.
 Requiem
Ecouter05:21

Durée totale : 55:30

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Midnightmares



Chronique @ ericb4

14 Novembre 2024

Une œuvre aussi palpitante qu'enivrante, apte à bousculer bien des certitudes...

Encore un énième groupe de metal symphonique à chant féminin, sans doute voué comme tant de ses pairs à une disparition prématurée des tabloïds, me direz-vous, et vous auriez probablement raison. Ce serait toutefois faire fi de la féroce détermination à en découdre de ce combo cofondé en 2023 par l'expérimenté pluri-instrumentiste et vocaliste belge Giovanni Smet (Giotopia, Horrorwish, Wolfpact, ex-Everglow, feu-Gitaron...) et par la soprano et claviériste mexicaine Mariel Gimeno (ex-Exordum). Impulsés par un soudain élan d'inspiration, nos acolytes ne sont pas moins restés prudents dans leur démarche. Aussi, nous livreront-ils la bagatelle de trois singles (« Sanctuarium », « Shadow People » et « Leave Me with My Demons ») quelques mois préalablement à la sortie de leur introductif album full length, « Shadow People ». Ce faisant, les quelque 55 minutes du ruban auditif de cette auto-production permettront-elles au combo de se muer dès lors en un sérieux espoir de son si concurrentiel registre metal d'affiliation ?

Dans ce dessein, nos inspirés concepteurs nous propulsent au sein d'un environnement metal symphonique gothique aux relents dark et folk, faisant la part belle aux effets de contrastes atmosphériques et vocaux. Nous est alors livrée une œuvre à la fois pulsionnelle, énigmatique et romanesque – composée par Giovanni et écrite par Mariel –, reposant sur le schéma oratoire devenu classique de la Belle et la Bête, où les sources d'inspiration seraient à puiser dans le patrimoine compositionnel d' Epica, Nightwish, Xandria, Tristania, Dark Sarah, Visions Of Atlantis et Eluveitie, la petite touche personnelle en prime. Enregistré, mixé et mastérisé par Giovani aux Gio Smet Records, ce set riche de ses douze titres jouit d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et instrumentation, tout en bénéficiant d'une belle profondeur de champ acoustique et de finitions passées au crible. Tous les feux seraient donc au vert pour qu'une croisière des plus sécurisantes nous soit promise dans une mer tantôt huileuse, tantôt houleuse...


C'est au cœur d'une terre de lave en fusion que se plaisent à nous projeter nos compères, avec pour effet de nous retenir plus que de raison. Ce qu'atteste, en premier lieu, « Sanctuarium », frissonnant up tempo aux riffs acérés et au martelant tapping, au carrefour entre Epica et Tristania. Dans cet étrange ballet des vampires évoluent deux vocalistes bien habités et en parfaite osmose, les soufflantes envolées lyriques de la belle n'ayant de cesse de faire écho aux serpes oratoires de son acolyte de growler ; pourvu d'un refrain immersif à souhait et d'enchaînement intra piste ultra sécurisés, ce hit en puissance ne se quittera qu'à regret. Dans cette dynamique, on ne saurait davantage éluder l'impulsif et ''nightwishien'' « Leave Me with My Demons », tant pour la qualité de ses arrangements instrumentaux et la fluidité de son flow que pour ses changements de tonalité finement esquissés et des plus inattendus. Au regard de sa mélodicité toute de fines nuances cousue et de joutes oratoires judicieusement élaborées et restituées, et non sans rappeler Dark Sarah, le truculent « In My Hands », pour sa part, se jouera de toute tentative de résistance à son assimilation. Enfin, éminemment tourmenté et rageur, le ''tristanien'' « End of Days » recèle, lui, de virulents et inaliénables coups de boutoir ainsi qu'un soufflant final en crescendo. Et la magie opère, une fois encore.

Quand la cadence du convoi instrumental se fait un poil plus mesurée, le message musical ainsi délivré assignera à résidence celui qui y aura plongé le pavillon. A commencer par « Shadow People », organique et intrigant mid/up tempo aux riffs crochetés à la confluence de Nightwish et Visions Of Atlantis ; s'écoulant au fil de sémillants arpèges d'accords, mis en exergue par les empreintes des deux vocalistes patentés que corroborent des chœurs aux abois, et recelant une insoupçonnée et saisissante accélération du dispositif instrumental, le vivifiant élan poussera assurément le chaland à un headbang subreptice. Dans ce sillage, « Jim "Reaper" Blake » se pose, lui, tel un effort symphonique gothique un brin plus obscur, ne manquant ni d'allant ni de luminescence mélodique. Et la sauce prend, in fine.

Dans une dynamique similaire mais plus malaisément pénétrables, d'autres espaces d'expression tireront néanmoins leur épingle du jeu. Ce à quoi nous sensibilise, d'une part, « Wichasha Wakan », mid/up tempo metal dark gothique aux relents folk, au carrefour entre Eluveitie et Tristania ; introduit par de puissants et métronomiques roulements de tambour disséminés dans une atmosphère roots et pourvu d'une poignante montée en régime du corps orchestral, l'énigmatique effort recèle quelques armes aptes à aspirer le tympan. Dans une même énergie, on pourra encore retenir l'opératique et ténébreux « Séance » qui, dans la lignée d'Epica, joue habilement des effets de contrastes rythmiques et vocaux sans jamais baisser la garde.

Lorsqu'ils nous mènent en des espaces ouatés, nos acolytes parviennent sans mal à générer la petite larme au coin de l'œil. Ce qu'illustre « Kill the Beast », ensorcelante et violoneuse ballade gothique que n'auraient sans doute reniée ni Epica ni Xandria ; glissant le long d'une radieuse rivière mélodique et doté d'un fondant refrain mis en habits de soie par deux vocalistes évoluant à l'unisson, l'instant privilégié comblera à n'en pas douter les plus exigeantes des attentes de l'aficionado de moments intimistes. On ne saurait davantage se soustraire à l'infiltrant cheminement d'harmoniques que nous invite à suivre la ballade atmosphérique gothique « Everlasting » ; encensés par les magnétiques envolées lyriques de la maîtresse de cérémonie, couplets ensorcelants et refrains entêtants de la ''nightwishienne'' aubade glisseront avec célérité dans nos tympans alanguis. Et comment ne pas se sentir porté par les vibes enchanteresses émanant des entrailles de « Requiem » ? S'égrainant au fil d'une sente mélodique des plus enveloppantes, sur laquelle se greffent les troublantes oscillations de la soprano, cette ballade progressive pétrie d'élégance poussera assurément à une remise en selle sitôt l'ultime mesure envolée.

Est-ce à dire que le sans-faute serait au bout du chemin ? Pas tout à fait. Ainsi, en dépit de sa capacité à générer une énergie aisément communicative, mais handicapé par une incompressible répétibilité de ses séquences d'accords et par quelque linéarité mélodique, le tortueux et ombrageux « I Love It When You're Evil » ne pourra rivaliser avec ses voisins de bobine.


Au terme d'une traversée à la fois exaltante, riche en rebondissements, frémissante et empreinte de mystère, on ressent l'irrépressible envie de réinvestir les lieux, histoire de plonger à nouveau dans cet océan de félicité. Variant ses phases rythmiques et ses joutes oratoires à l'envi, jouissant parallèlement d'une ingénierie du son de bon aloi, ce premier essai se fait, en revanche, moins diversifié en matière d'exercices de style, instrumentaux, duos en voix claire et autres fresques manquant cruellement à l'appel. Carences que pourront cependant combler non seulement une technicité instrumentale éprouvée et des mélodies aussi exigeantes dans leur conception que volontiers engageantes, mais aussi une signature artistique aisément identifiable apposée sur chacune des pistes de l'opus. A condition d'évacuer tout bémol susceptible d'affadir l'attention du chaland, le combo aurait ici une belle carte à jouer pour se hisser dès lors parmi les sérieux espoirs de cet espace metal. Bref, une œuvre aussi palpitante qu'enivrante, apte à bousculer bien des certitudes...

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