Sgùrr

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17/20
Nom du groupe Thy Catafalque
Nom de l'album Sgùrr
Type Album
Date de parution 16 Octobre 2015
Style MusicalMetal Expérimental
Membres possèdant cet album19

Tracklist

1.
 Zúgó
 00:19
2.
 Alföldi Kozmosz
 04:15
3.
 Oldódó Formák a Halál Titokzatos Birodalmában
 15:21
4.
 A Hajnal kék Kapuja
 02:43
5.
 Élő lény
 04:43
6.
 Jura
 02:48
7.
 Sgùrr Eilde Mòr
 16:02
8.
 Keringő
 05:00
9.
 Zúgó
 00:26

Durée totale : 51:37

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Thy Catafalque


Chronique @ Bakounine

02 Janvier 2016

Une synthèse inattendue de la pèriode underground de Thy Catafalque

Il y a des noms à côté desquels il est difficile de passer si on s'intéresse à la scène avant-gardiste, et, parmi ceux-là, un petit projet hongrois (émigré depuis en Écosse) du nom de Thy Catafalque a commencé à se faire une belle réputation avec ses cinq premiers albums.
Tamas Katai, son créateur avait en effet dès la fin des années 1990 fait germer, parallèlement à son groupe Gire, un projet personnel (même si longtemps partagé avec un comparse du nom de János Juhász) qui mélangeait initialement black Metal, influences folkloriques hongroises, industriel dans un esprit barré, mais c'est surtout à partir de 2004 et de son « Tűnő idő tárlat » que le combo prendra son envol, et ce, d'autant plus que la fin de Gire après la sortie de son unique album en 2007, fera de Thy Catafalque le projet principal de Tamas, qui deviendra le seul maître à bord depuis après la sortie de « Róka Hasa Rádió » en 2009. Le garçon a su faire évoluer son projet et petit à petit se faire un nom jusqu'à signer sur un grand label, en l’occurrence Season of Mist sur son petit dernier « Rengeteg » en 2011.


Cet album semblait marquer une sorte de maturité avec un groupe plus sûr de sa force, semblant mettre son talent au service d'une musique qui, bien que restant personnelle, était plus facile d’accès initialement avec une complexité plus mise en retrait et un rythme non pas de sénateur mais partant moins dans tous les sens, se servant de certains acquis (les influences hongroises, le duo Atilla Bakos et Agnest Toth (de « The Moon And The Nightspirit ») au chant...) pour en retirer le meilleur avec un album excellent, bien que moins expérimental en tant que tel, si bien qu'on aurait pu se poser la question de savoir si le futur de Thy Catafalque n'était pas de continuer sur ce chemin éthéré et plus introspectif de « post-folk Metal hongrois », si je peux le qualifier ainsi... Et bien, la réponse sera frappante à l'écoute de ce disque, loin de poursuivre dans cette voix, le bougre a de nouveau décidé de tout chambouler...
Derrière un artwork étrange formé de triangles et de lignes bleues qui évoque le passé et les sortes de sapins stylisés de celui de « Rengeteg » mais semblent bien plus futuristes que ce qui fut fait, se cache en effet l'un album des plus complexes et torturés, qu'il faut écouter maintes fois pour en saisir le fond musical derrière les aspérités, un cap que nombreux ne parviendront jamais à franchir.


Après l'introduction sous forme d'un récitatif en hongrois, le premier titre apparaît ainsi sous forme d'un trompe-l'oeil puisqu'« Alföldi Kozmosz » (c'est son nom) est un joli titre assez folklorique, joué par des guitares majoritairement acoustiques, avec du violon, et qui aurait pu correspondre à une évolution du groupe sur ces bases. Mais déjà l'accompagnement avec ces samples electro variés et cette boîte à rythme faisait paraître l'ensemble étrangement dépareillé évoquant quand même quelque peu la suite.
Car en effet, il y aura moult chamboulements, déjà dans la durée des morceaux puisque, si on savait que le Hongrois aimait proposer des titres longs avec un titre dépassant le quart d'heure ou l'approchant par album (sauf sur le tout premier « Sublunary Tragedies »), là, il nous en offre deux entourés de titres plutôt courts, puisqu’aucun des autres ne dépassera les cinq minutes, là où « Rengeteg » avait plutôt eu tendance à « homogénéiser » quelque peu la durée des morceaux.
Ce sont donc ces deux titres qui constitueront le gros du morceau et c'est par là qu'il est logique de commencer. La première chose à dire, c'est qu'on assiste à un retour vers les influences passées du groupe avec en première instance, « Tűnő idő tárlat », l'album de 2004, dont le premier des deux titres : «  Oldódó formák a halál titokzatos birodalmában » (ouf !) aurait carrément pu être issu.
En effet, on y retrouve ces aspects black indus assez à part, issus de la période « Gire », ces claviers personnels, cette boîte à rythme omniprésente assez inhumaine dans sa manière d'être programmée au sens où elle ne pourrait pas être facilement interprétée par un être humain (quoique peut-être George Kollias...). La noirceur y est également largement plus présente que sur l'album précédent, malgré les passages plus calmes notamment avec les doux interludes au clavier au milieu. La structure du morceau est extrêmement complexe, enchaînant et juxtaposant des passages assez variés sans revenir sur un fil conducteur commun, redistribuant les cartes musicales de manière difficilement lisible mais parvenant néanmoins à trouver une forme de cohérence globale sur le morceau.
« Sgùrr eilde mòr », le second, est encore plus inattendu en présentant des vrais passages avec une orchestration complètement black Metal, certes atypique mais dont les cinq premières minutes parleraient sans problèmes aux fans de Mayhem et consorts...
La voix est d'ailleurs vraiment plus extrême sur Sgurr que sur ses deux prédécesseurs : Exit Agnes Toth et Atilla Bakos, c'est l'ex-complice de Gire, Zoltán Kónya qui est aux manettes sur la majorité de l'album en alternance avec Tamas lui-même également dans un registre éraillé, les voix claires ayant pratiquement été rayées de la carte, hormis sur l'outro avec un chant féminin soprano en hongrois (comme l'intégralité des paroles de l'album).
Ce morceau est d'ailleurs plutôt bon avec notamment des arpèges de guitare et un solo assez prenant dans la seconde partie, des claviers épiques kitschos qui auraient pu trouver leur place sur un album d'Ex Deo, une sorte de pseudo-faute de goût avec une pause aux deux-tiers du morceau qui fait vraiment fin de morceau avant une conclusion electro-ambiant un peu dans l'esprit de l'interlude du milieu de « Molekuláris gépezetek », un autre des morceaux-phares du passé du groupe.
Au final, ces morceaux dans une sorte de tradition mais plutôt tradition ancienne et ressortie contre tout attente chez Thy Catafalque, mettent en exergue une sorte de renouveau et mettent en lueur une volonté du groupe d'étonner. Mais il n’empêche que ces deux titres ne sont malgré leurs qualités pas au niveau des titres-phares des albums précédents, que ce soit « Molekuláris gépezetek », « Vashegyek » ou encore « Neath Waters » voire « Csillagkohó » sur les albums précédents.


Ce sont plutôt les morceaux courts qui attireront l’intérêt par leur variété, ainsi « Jura » est un vrai titre black Metal assez cru avec certes quelques aspects mélodiques mais qui fait remonter assez loin vers la genèse du groupe, soit, dans la fin des années 90 et leur premier album là où « Keringo » est un instrumental posé et orchestral assez majestueux mais étrange, sorte de croisement entre un Aquilus et l'esprit farceur du Hongrois. Mais, mon préféré, probablement sorte de madeleine de Proust, sera « Élő Lény », morceau vraiment étrange et incisif qui remémore à lui tout seul tout ce qu'il y avait de bon chez Thy Catafalque pré-« Róka Hasa Rádió » avec un final grandiose aux claviers futuristes extrêmement inspiré.


Le constat global sur ce Sgùrr est très difficile à poser, puisqu'il résonne comme un retour aux sources, ce que de nombreux fans réclament régulièrement sur beaucoup de groupes. Pour autant, « l'avenir, ce n'est pas la fuite en avant dans le passé » (merci, Raymond Barre) et s'il est bon de parfois se rappeler d'où l'on vient pour ne pas s'égarer, il faut savoir faire la synthèse avec ce qu'il y avait de bon dans les évolutions récentes pour réellement avancer. Et probablement qu'en étant plus naturel (ou plus risque-tout, qui sait) et en y associant des choses plus mélodiques, la voix claire féminine (qui était présente depuis un bout de temps chez le groupe), on aurait pu avoir une production monstrueuse qui choquerait probablement moins sans pour autant résonner commerciale.
Au final, Tomas Katai produit là, quatre longues années après son album précédent, une œuvre que l'on pourrait qualifier de synthèse de sa période underground milieu 2000 où il faisait son bonhomme de chemin sans être connu, la réputation de « Tűnő idő tárlat » étant quand même largement rétrospective. On peut considérer cela comme un choix courageux et honnête ou faire le constat qu'il s'agit probablement de la moins bonne parmi les quatre dernières productions du groupe... Mais au vu du niveau global de ce projet qu'est Thy Catafalque, c'est déjà pas mal du tout.

2 Commentaires

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=XGV= - 02 Janvier 2016: Bon album, satisfaisant après un Rengeteg de très bonne facture, qui m'avais fait découvrir le groupe. Je ne sais pas à quoi ressemblait le groupe avant, cela dit. Les anciens albums ne sont pas évidents à trouver.
Bakounine - 02 Janvier 2016: En physique, j'ai les 4 derniers, les anciens dont tu parles, je les avais trouvé chez Les Acteurs de l'Ombre.
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