Six ans après la naissance du groupe, les membres de
Teitanblood, en plus de rééditer leurs précédentes réalisations, donnent enfin naissance à leur premier album,
Seven Chalices. Les démos et le split donnant dans un Black
Metal primitif et violent recouvert d'une ambiance malsaine, occulte et ritualiste, ici la recette se voit légèrement modifiée.
Le fond reste le même : on a toujours l'impression d'assister à un rituel occulte au nom du bouc, avec des morceaux plus recherchés et plus longs, allant jusqu'à 12 minutes. La grande différence est que l'influence de
Von se fait beaucoup plus discrète au profit de groupes plus brutaux, je pense notamment à
Blasphemy et à
Beherit. Les premières écoutes peuvent être difficiles à digérer, mais une fois les grandes lignes retenues, on se rend compte qu'on est en face d'un monstre.
Déjà, l'aspect gras et puissant de la production marque une approche différente par rapport au passé. Les riffs sonnent plus massifs et plus lourds, pendant que la batterie et la basse se fondent dedans, ne laissant place qu'à un magma épais dévastant tout sur son passage lorsqu'il est lancé à pleine vitesse.
En plus de la production, les compositions plus recherchées et rythmées qu'auparavant participent à "
Deathiser" le groupe, nous incitant à hocher la tête et à ne faire qu'un avec le groove ainsi dégagé. Mais pas de doutes possibles, la moelle reste la même, définitivement Black
Metal.
Enfin, Iniquitous
Templar of Iron
Black Faith se déchaine sur ses vocaux, rendant certains passages complètement déments et possédés.
C'est donc avec grand plaisir qu'on peut profiter de la richesse de cette galette. Des passages mid-tempo entrainants de "
Domains of
Darkness and
Ancient Evil" aux rythmiques bestiales et lourdes de "The
Origin of
Death", chaque piste envoie son lot de riffs uniques et entrainants avec à chaque fois quelques breaks foutrement bien foutus, des blasts innarrêtables, des solos déjantés et quelques mid-tempos pas moins jouissifs. On retiendra notamment le long break de "
Seven Chalices of
Vomit and
Blood" en plein milieu du morceau, puis sa relancée progressive sur un riff dans la lignée des premières réalisations du groupe, simple et efficace, et les riffs blastés de "
Morbid Devil of
Pestilence" qui se retiennent sans qu'on le veuille et cela d'une facilité déconcertante.
Le seul bémol à mon sens, et qui sera peut-être un plus pour d'autres, est l'incorporation trop redondante d'interludes ambiancés, ce qui casse un peu la dynamique de l'album.
Au final, le groupe se rapproche dans un sens de
Proclamation en devenant plus brutal, mais conserve son intérêt en enrichissant davantage ses compositions et en conservant le côté occulte et ritualiste.
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