Deux ans après un premier album éponyme qui leur a permis de tourner avec des pointures telles que
Kiss,
Alice Cooper,
Warrant ou
Extreme, et forts du succès de leurs singles "Naughty Naughty" et "
Bang Bang", les New Yorkais de
Danger Danger sont de retour avec un "
Screw It ! " voyant ses deux leaders (Bruno Ravel et Steve West) remplacer Lance Quinn à la production, Erwin Musper leur filant un coup de main au passage. Si la pochette traduit une ambiance toujours aussi festive, "
Screw It ! " n’en voit pas moins le quintet faire évoluer sa musique, même si les principaux éléments sont toujours présents.
En effet, les mélodies sont toujours aussi entrainantes et les refrains aussi directs et efficaces. Cependant, à l’image de paroles qui feront bondir les féministes de tous les continents, la production se veut moins lisse et la plupart des titres s’orientent désormais majoritairement plus vers un
Hard US mélodique et dynamique aux dépends d’éléments FM moins présents que sur le précédent opus. Sans être trop relégués en arrière-plan, les claviers cèdent malgré tout du terrain par rapport à la guitare d’un Timmons qui affirme ici un talent époustouflant, mêlant feeling et technique. Des titres tels que "Get Your S..t
Together" ou "Horny
SOB", au-delà de leurs titres, dénotent ainsi d’une approche plus cinglante et dynamique qui n’aurait pas eu sa place sur le précédent opus, et ce n’est probablement pas un hasard si les soli que Timmons y délivre sont parmi les tout meilleurs de cet album.
Danger Danger s’aventure également sur des territoires un peu plus heavy avec un "Slipped Her The Big One" au riff aussi gras que son titre et à la ritournelle de claviers obsédante, ou un "Everybody Wants Some" au refrain hymnique.
Cependant, si l’évolution est évidente, elle n’est pas radicale non plus et le fun reste une composante incontournable de l’identité du combo US. Dans ce domaine, "Monkey Business" et son intro "
Ginger Snaps" sont imparables, "Beat The
Bullet", lui aussi doté d’une intro intitulé "C’est Loupé" acoustique et aérienne, se fait un brin mélancolique, alors que "Crazy Nites" nous sert un 'party-metal' hyper accrocheur, et que "Don’t Blame It On Love" vient flirter avec le meilleur
Bon Jovi. Les ballades sont également présentes en nombre, mais seule "Comin’
Home" mérite réellement le détour avec son mid-tempo très [i]highway song[/i] avec ses éléments folk US.
Pas originale pour un sou, "I Still Think About You" n’en reste pas mal foutue pour autant, bien que très 'Poisonesque'. Par contre, "Find Your Way Back
Home" et ses claviers champêtres trainent trop en longueur et lancent une fin d’album qui fera débat. En effet, même s’il s’agit de grosses blagues de potaches, le rap "Yeah, You Want It ! " et la reprise en chœur du refrain de "Get Your S..t
Together" sur "D.F.N.S" ne plairont pas à tout le monde.
Si
Danger Danger se laisse emporter par sa fougue et sa bonne humeur, flirtant ici avec la sortie de route, ceci ne doit pas faire ombrage à un album encore une fois parfaitement réussi. Les Américains réussissent ici à faire évoluer leur musique sans pour autant révolutionner leur identité et nous servent un nouvel opus qui, s’il ne révolutionnera pas le genre, n’en reste pas moins un incontournable pour tous les amateurs d’un
Hard à la fois mélodique et énergique.
Étant beaucoup-beaucoup moins open à l'époque j'avais peut-être effectivement été choqué par ce rap qui m'avait fait occulter la qualité de l'album; finalement redécouvert il y a quelques temps grâce à Adrien. Chronique tout à fait juste.
Chronique très précise et juste. Album un peu plus heavy que le précédent qui sentait vraiment la fête, cette nouvelle direction a ma faveur. A avoir dans sa collection hair metal de même que l'excellent "COCKROACH" enregistré en 1993 qui aurait du être le suivant mais Ted Poley déserta. Le groupe recruta Paul Laine qui posa sa voix sur les bandes de celui-ci mais Poley bloqua sa sortie jusqu'en 2001 où un package avec les 2 versions fit son apparition.
En général, je ne suis pas de ceux pour qui la mise en sourdine des claviers au profit des guitares est une mauvaise nouvelle ; néanmoins, dans le cas précis de ce second album, je regrette la forte influence AOR/Hard FM à la Foreigner/Survivor du premier disque, qui conférait à Danger Danger cette personnalité originale que l’on perd presque entièrement dans ce successeur. En embrassant à corps perdu la tendance Hair/Glam Metal alors en vogue, les new-yorkais deviennent de simples clones de leurs contemporains type Poison ou Warrant, noyant leur propos dans le flot uniformisé qui inondait alors MTV en ce temps-là (la ressemblance physique entre Ted Poley et Jani Lane est d'ailleurs par moment assez troublante…). Et si on ajoute à cela une iconographie et des paroles qui surjouent jusqu'à la caricature ce que le Sleaze Rock pouvait proposer de plus graveleux (gémissements de l'ex-star du X Ginger Lynn à l'appui), on achève de faire de ce disque une œuvre certes pas désagréable – pour peu qu'on ne soit pas allergique aux travers du style et de l'époque –, mais hélas que rien ne vient plus distinguer de la concurrence… et Dieu sait qu'elle était féroce en cette fin de règne du Glam, alors que se profilait déjà au loin le spectre carnassier de la vague Grunge.
Et en effet, le disque se termine en queue de poisson, avec cette sorte de rap affreux (comment les deux tiers du groupe Extreme ont-ils pu se laisser convaincre de participer à cette horreur ???) suivie d'une reprise parfaitement inutile du refrain de "Get Your Shit Together", loin d'être le plus réussi de l'album qui plus est. En s'achevant sur la jolie ballade "Find Your Way Back Home", l'œuvre aurait certainement eu plus d'impact qu'avec ce double-pétard mouillé en guise de conclusion. Enfin…
Sinon, suis-je le seul à avoir relevé que "Horny S.O.B." est un copié-collé éhonté de la chanson "So Damn Pretty (Should Be Against The Law)", sorti sur "Dirty Rotten Filthy Stinking Rich" de Warrant trois ans auparavant (riff principal, intro "Ho yeah !" et break du refrain inclus) ? Ha les coquins !!!
Merci pour la kro ! :)
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