Saviour

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14/20
Nom du groupe Lureaway
Nom de l'album Saviour
Type EP
Date de parution 02 Octobre 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Saviour
Ecouter04:38
2.
 In Bed with the Beast
Ecouter06:24
3.
 Hope
Ecouter04:08
4.
 Feeling of Peace
Ecouter06:28

Durée totale : 21:38

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Lureaway



Chronique @ ericb4

05 Janvier 2017

Un initial effort qui déjà en laisse présager beaucoup d'autres...

Parmi les rares formations metal symphonique à chant féminin lettones, Lureaway est de celles qui souhaitent entrer, à tâtons mais avec efficacité, dans le cercle fermé des valeurs montantes d'un registre au demeurant pléthorique en sarabandes de tous poils. Avec prudence certes, mais avec de redoutables armes de défense pour se jouer d'une concurrence toujours plus sévère agitant cet univers metal durant cette dernière décennie. En effet, le sextet originaire de Riga, créé en 2015, a attendu près d'un an et demi avant d'accoucher de son premier bébé, à l'instar de « Saviour », Ep auto-produit où s'enchaînent sereinement 4 titres techniquement aboutis, témoignant d'un fin jeu d'écriture de ses paroles et de ses ravissantes mélodies, pour une durée d'écoute n'excédant guère les 23 minutes d'un metal mélodico-symphonique classique, avec une touche prog, dans le sillage de Nightwish, Amberian Dawn ou encore Dark Sarah. Pour leur initial et encourageant effort, nos six acolytes (dont la mezzo-soprano Jevgenija Korkina ; les guitaristes Andrej Markov et Antonio ; le bassiste Valters Bergs ; le batteur Ivan Korkin et la claviériste Liza Nabatova) ont soigné aussi bien leurs séries d'accords, les lignes de chant, l'artwork de la jaquette, d'inspiration néo-romantique (œuvre de Solveiga) tout en ayant veillé à la réalisation d'un mixage équilibré et un enregistrement de bon aloi, dispensés au Nezvers Studio.

Là où nos six compères marquent leurs premiers points concernent les plages symphonique classique, orientées opéra qui, en dépit d'une originalité encore absente de leurs portées, seront aptes à retenir l'amateur des sources d'influence sus-citées. Tout d'abord, d'infiltrants accords au piano entament « Saviour », mid tempo éponyme mélodico-symphonique à la croisée des chemins entre un Nightwish du temps de « Oceanborn » eu égard aux arrangements dispensés et un Dark Sarah à l'aune de « Behind the Black Veil » quant à l'atmosphère grandiloquente, un poil romanesque qui s'en échappe. Idem pour l'empreinte vocale de la déesse, harmonisant avec maestria la profondeur de champ oratoire des patines de Tarja et les magnétiques envolées lyriques de Heidi Parviainen (Dark Sarah). Suivant une ligne mélodique d'une confondante précision dans son écriture comme dans la restitution de la partition, que ce soit sur le sémillant couplet ou sur un refrain qu'on entonnerait à tue-tête, on reste accroché de bout en bout de l'enivrant brûlot, corroboré par un soyeux sweeping à la lead guitare, en prime. Premier coup de maître du combo letton. Dans cette veine, l'altier et avenant low tempo syncopé « Hope », à la manière d'un Nightwish des premiers émois, nous enveloppe de ses ondulantes nappes synthétiques conjointement aux attaques de riffs émoussées et aux déambulations libertines des célestes et captatrices volutes de la maîtresse de cérémonie. Celle-ci s'autorise même à monter en puissance, avec une stupéfiante tenue de note jusqu'à l'ultime, très haut perchée en fin de parcours.

Lorsque le collectif s'est adonné à l'octroi de passages dotés d'une progressivité du corps orchestral, le spectacle proposé, en deux actes distincts, n'en est pas moins prégnant, réservant même quelques surprises en substance. D'une part, des riffs grésillants captent prestement le tympan sur le plantureux et crayeux mid tempo progressif « In Bed with the Beast », finement entonné par l'émérite mezzo-soprano, où l'extrême justesse de ses placements a pour corollaire une grande élasticité de son spectre vocal. C'est dire qu'au gré de ses pérégrinations, on ne pourra s'empêcher de penser à Heidi, mais avec une orientation plus marquée dans les médiums en voix de poitrine. De plus, tant les envoûtantes séquences synthétisées que les harmoniques qui se plaisent à virevolter à l'envi ne seront pas sans rappeler Amberian Dawn à l'instar de « River of Tuoni », 1er album full length du collectif finlandais. Et ce, sans baisser la garde de la part d'une instrumentation qui, gagnant en progressivité, permet au titre de finir crescendo, et cela, eu égard à des finitions passées au crible. Autant dire que l'émotion sera difficilement contenue sur cette sculpturale et rayonnante pièce où la mélodicité n'a rien à envier à celle de ses modèles identificatoires. D'autre part, la belle, telle Melissa Ferlaak (Plague Of Stars, ex-Echoterra, ex-Visions Of Atlantis) nous prend la main pour nous attirer dans un océan de félicité à l'aune de « Feeling of Peace », soyeuse et touchante ballade progressive que pourraient bien lui envier ses homologues générationnels tout comme ses sources d'influence. Comment ne pas succomber aux incessantes caresses oratoires d'une déesse dont rien ne semble pouvoir arrêter la marche en avant? Tout en délicatesse, avec un brin de puissance, elle se cale sur une orchestration qui, lentement mais sûrement, densifie sa présence tout en intensifiant ses frappes jusqu'au point optimum. Puis, un silence inonde la piste, avant de céder la place au maître instrument à touches, qui, par des arpèges judicieusement distribués, ferme la marche comme il l'a commencée, pianissimo...

Pour un premier essai, le combo letton s'en sort très honorablement, et ce, aussi bien sur l'axe technique qu'en ce qui concerne ses mélodies, efficaces et émouvantes à la fois, sans pour autant avoir succombé à quelques sirupeuses et commerciales ritournelles. De plus, outre ses accointances atmosphériques avec ses sources le rendant par moments transparent, le groupe a peaufiné ses arrangements, personnalisé son riffing et ses harmoniques, rendu son propos à la fois dynamique et romantique tout en l'ayant judicieusement enjolivé d'une onde oratoire tout droit issue du pays des anges. Certes, quelques notes parasites se font encore sentir et la diversité requise dans cet exercice n'est pas encore au rendez-vous de nos attentes. Mais, à l'aune de cette modeste offrande, nul doute que la sarabande a une belle carte à jouer, celle-ci étant susceptible de ne pas laisser longtemps indifférent un auditorat déjà happé par les vibes de ses maîtres inspirateurs. C'est dire qu'un potentiel s'esquisse déjà à l'aube de leurs initiales mesures et que l'envie à peine dissimulée de les voir réenclencher la machine pour l'octroi d'un album full length se fait pressante. Bref, une formation à suivre de près...

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