Les légendes ne meurent jamais. Cet adage peut s’appliquer à Death, mythique combo floridien, qui est sous les feux des projecteurs depuis quelques temps avec, tout d’abord la réédition de ses opus, puis avec la tournée Death To All, rendant hommage à l’œuvre magistrale de Chuck Shuldiner, artiste de génie, trop rapidement disparu, dont le line-up est composé d’anciens membres ayant fait partie de l’aventure Death (plus une somme d’invités). Cette initiative a vraisemblablement donné quelques idées à Matt Harvey (Exhumed,
Dekapitator), qui, en plus d’être un fan inconditionnel de Death a également été le chanteur de la première tournée de Death To All, il fonda
Gruesome en 2014, entouré d’un casting démentiel puisque Daniel Gonzalez (guitare,
Possessed), Robin Mazen (basse, Derkéta) et Gus Rios (Batterie, ex-
Malevolent Creation) font partie intégrante de la formation.
L’artwork, signé Ed Repka, est sans équivoque sur le style pratiqué (au cas où quelqu’un ne suivrait pas) et, est rempli de référence aux premières créations de Death, il faut dire que le bougre est responsable de l’imagerie de «
Scream Bloody Gore », «
Leprosy » et «
Spiritual Healing ». Mais les similitudes ne s’arrête pas là car le logo du groupe possède la même typographie et les mêmes caractéristiques que son illustre aîné, poussant le détail assez loin puisque sang dégoulinant, toile d’araignée, araignée, croix renversé et flammes sont bien présents, il ne manque plus que la faux et le visage « zombifié » pour que la panoplie soit complète.
Dès que les premiers accords du morceau-titre arrivent à mes cages à miel, il est clair que
Gruesome va titiller la corde nostalgique de nos jeunes années (surtout pour les vieux chnoques dont je fais partie), époque où Death posait les fondements même du style et balançait à notre faciès d’adolescent pré-pubert, les monstrueux «
Scream Bloody Gore » où «
Leprosy ». «
Savage Land » démarre en trombe, sans préambule, sans même que les présentations d’usage ne soit faites, usant de la même recette qui fit le succès et la réputation de la formation du regretté Chuck,
Gruesome joue du death, comme Death, dont le seul but est de se faire plaisir et de ravir les aficionados (et ils sont nombreux) de la formation mythique, force est de constater que le pari est relevé haut la faux tout au long de ce «
Savage Land » sauvage.
En effet, «
Savage Land » aurait pu s’intituler «
Leprosy 2 » que personne ne se serait offusqué. Nonobstant cet état de fait, «
Closed Casket » étant le pendant de « Open Casket » ou le début de «
Demonized » rappelant fortement «
Born Dead », pour ne citer que ces exemples,
Gruesome se permet aussi quelques incartades du côté de «
Scream Bloody Gore » sur « Trapped
In Hell » dont la ligne mélodique lorgne directement sur «
Zombie Ritual ».
La véritable force de
Gruesome est de mettre ses pas dans ceux de Death, sans tomber dans l’écueil du plagiat, grâce à une intelligence de composition évidente de Matt Harvey qui dote «
Savage Land » de huit véritables brulots qui font très mal aux gencives, composé de riffs simples et directs, rehaussé d’harmonies toutes plus efficaces les unes que les autres, apportant à l’ensemble une variété et un dynamisme bienvenu. Comme si cela ne suffisait pas, de nombreux solos de haute volée parsèment cet opus, montrant par la même occasion, la qualité des musiciens, avec, en « special guest »,
James Murphy qui est venu apposer quelques notes sur «
Closed Casket ».
Le seul véritable grief que nous pourrions adresser à l’encontre de «
Savage Land » est sa totale absence d’originalité, utilisant les mêmes ingrédients que Death, avec les mêmes proportions, sans en dévier d’un iota, tant au niveau de la production que des ambiances, le mimétisme étant poussé à son paroxysme au niveau du timbre de l’organe vocal de Matt Harvey qui ressemble à s’y méprendre à celui de Chuck Shuldiner, mais il reconnaître la qualité intrinsèque élevée de «
Savage Land » qui n’est pas simplement qu’une pâle copie des premières œuvres de Death.
Plus qu’un simple hommage,
Gruesome fait renaître Death de ses cendres avec un talent et une maîtrise parfaite, les morceaux de bravoure se succèdent sans aucune faiblesse, donnant à ce «
Savage Land » un fort pouvoir addictif.
Gruesome confirme que c’est bien dans les vieilles entrailles qu’on trouve la meilleure tripaille.
Ça fait seulement quelques mois que je vois passer de temps en temps le nom du groupe et j'ai entendu quelques extraits sans réellement être prédisposé à écouter. Ce soir je prends le temps de l'écoute réelle... et je ne peux que rejoindre le plaisir du retour aux sources chez certains. Ce n'est évidemment pas original, mais putain, quel faculté à nous replonger dans une époque de par le son, la qualité des compos et du jeu, l'efficacité d'un Death Metal qui respire et te fait respirer...
Acheté à sa sortie...cet album est 1 plaisir qui se deguste sans ecoeurer à chaque ecoute! Effectivement ca a le gout Death, la saveur de Death, construit comme Death et pour autant je ne trouve pas que l on soit dans le plagiat mais dans un groupe qui honore le cultissime Death.
Je comprends les commentaires flateurs et negatif....mais pour moi c'est une reussite!
Super hommage à Death tout y est c'est la continuité du Death comme j aime
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