Saturn in Ascension

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Nom du groupe Saturnus
Nom de l'album Saturn in Ascension
Type Album
Date de parution 30 Novembre 2012
Produit par Flemming Rasmussen
Style MusicalDoom Death
Membres possèdant cet album32

Tracklist

1. Litany of Rain
2. Wind Torn
3. A Lonely Passage
4. A Father's Providence
5. Mourning Sun
6. Call of the Raven Moon
7. Forest of Insomnia
8. Between
Bonustrack (Digipack / LP Edition)
9. Limbs of Crystal Clear

Chronique @ ELCHAPI

15 Novembre 2017

Comment donner suite à un chef d’œuvre ?

Agnus dei !

Six ans déjà depuis que Veronika… a décidé d’en finir.
A en juger par la présente pochette, il y a fort a parier qu’elle soit parvenue à ses fins. Qu’en est-il de la musique des Doomsters tragiques, et de ce quatrième album en 16 années de carrière ? Comment donner suite à un chef d’œuvre, tendu comme une corde de pendu, débordant d’émotions superfétatoires ?
On aurait presque pu penser qu’après un méfait aussi Intense, les Danois auraient raccroché leur mélancolie à un arbre mort… à la croisée de chemins crépusculaires et désolés.

Non. C’est à l’ascension d’un Saturne ébouriffant, plus grandiloquent et inspiré que jamais que nous convie cet opus. Laissons couler sur nous le poison de ce qui n’est rien de moins qu’un nouveau jalon d’une discographie réduite, mais ô combien prenante .

Pour « Saturn In Ascension », le groupe a vu les choses en grand, pour ne pas dire en panoramique, pas moins de 70 minutes d’une épopée dantesque où l’on retrouve le growl abyssal et les litanies insurmontables de Thomas Akim Grønbæk Jensen ainsi qu’une mise en relief chorale et féminine, grandiloquente à souhait, plus d’ambiances, et des claviers d’une mélancolie infinie.

Le titre d’ouverture, « Litany Of Rain » nous plonge immédiatement dans ce qui fera la saveur de ce Saturne ascensionnel, tout est plus grand, plus haut, plus beau, tel cet "Agnus Dei", qui fait office d’introduction au morceau et aux hostilités qui suivent, un lead éreintant, perché sur un tempo d'une lenteur diabolique, une litanie tout aussi éprouvante, bercée par le chœur qui revient comme une obsession et enfin la voix parlée, erratique, qui appose sa touche théâtrale, indispensable et Inimitable.

Saturnus se transcende en nous offrant le meilleur de ce qu’ils savent faire, des leads interminables, à mourir, une lenteur abyssale, une poésie crépusculaire et des arrangements aussi fins qu’efficaces, une production claire et puissante, à la hauteur de cet art si particulier, et en brise l’âme, le chant évanescent de Laurie Ann Haus, qui vient ponctuer de façon quasi immatérielle sur "A Lonely Passage", des compos plus inspirées que jamais.

Ils se fendent en plus d’un titre assez commercial, plutôt gothique, "A Fathers Providence", notes de piano en cascades ultra mémorables, on est obligé de penser au Paradise Lost des débuts, chant vindicatif, alternance de sentences ombrageuses parlées et de growl, surenchère sonore, riffs et rythmique fidèles à cette esthétique. C’est assez bien venu en fait, et ça permet de souffler un peu.

La solitude du riff de de "Mourning Sun" est une autre balise dans ce qui rend cet album plutôt exceptionnel, on est vraiment en présence de quelque chose de profondément douloureux. Le lead /solo qui vient couronner le morceau est d’une expressivité abyssale et le morceau d’une lenteur des plus pesante.

"Call of the Raven Moon" totalement acoustique, est un brise-cœur, ou la voix parlée se pose sur des arpèges simples, ou une flute et un violoncelle viennent animer le morceau, les 7 minutes 24 de cette balade pourtant assez monotone passent en un clin d’œil tant la poésie qui se dégage est palpable et touchante.

Que dire de "Forest of Insomnia" qui déchire l’espace avec sa reverb du feu de dieu, sa lourdeur infinie, des notes de piano trafiquées jusqu’à la moelle, un mélange guitare clavier qui donne la chair de poule et un solo pour achever l’auditeur comme on achève les chevaux .

« Between » clôt l’album avec emphase et brio, celui d’un groupe fidèle à son esthétique outrancière et délectable, pour qui à le gout des larmes amères et d’une émotion au plus près de l’os.

« Saturn In Ascension » est probablement un de leurs meilleur albums, le plus abouti, le plus prenant.

Comment donner suite à un chef d’œuvre ?

En accouchant d’un autre chef d’œuvre.

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