Deiphago est un groupe tout droit venu des Philippines. Le combo sort avec "
Satanik Eon" son tout premier album, et autant dire qu'ils commencent très bien leur carrière.
En effet dans le passé du groupe apparemment pas de démo, ni de split, le nouveau-né reste donc cette galette, qui se révèle impressionnante.
Le combo philippin officie dans un black metal ultra bestial et très brutal, à la manière d'un
Damaar ou d'un
Blasphemy sauce moderne.
La production est parfois brouillonne mais reste cinglante et crade, ce qui colle parfaitement à une musique primaire et sans fioritures.
Le chanteur, j'ai nommé Voltaire
666 possède une voix impressionnante, hurlée, crachée et parfois stridente donnant un effet aigu et irréel.
Le satanisme émane de cet album comme la puanteur d'un cadavre, le mal a pénétré leurs âmes et cela se ressent, de par une dévotion aux arts noirs toute à fait cohérente et flagrante.
Les guitares se confondent presque avec la batterie qui blaste sans relâche et le tout ressort tel un magma sonore indescriptible et vicieusement dégueulasse.
On pourrait comparer "
Satanik Eon" à un raz-de-marée de violence maitrisée mais lâchée à l'air libre, comme une bête que l'on délivre de sa cage, comme un démon que l'on sort de son carcan.
Leur image reste typique du folklore black metal, ceinture cloutée, veste de cuir, corpse paint, bracelets bardés de pics, pentacles et croix latine renversée, rien de bien original mais la sincérité de leur démarche est là, et on ne peut que l'apprécier.
Notons deux titres supplémentaires avec une reprise de
Hellhammer et une reprise du culte Sarcophago.
Les combos asiatiques sont reconnu pour être très marginaux et extrêmes,
Deiphago ne déroge pas à la règle.
L'album est court, sans compromis, brutal, primitif, bestial et dur à encaisser lors d'une première écoute, surtout si l'on est pas habitué à laisser nos oreilles curieuses se faire déchirer les tympans.
"
Satanik Eon" est un véritable champ de bataille pour l'esprit qui n'en ressort pas indemne, un véritable défouloir de nos plus violentes émotions et pulsions destructrices...
Ici on a affaire à un premier jet qui se révèle être selon moi un chef-d'œuvre du genre.
Un album à écouter au moins une fois dans sa vie, une véritable leçon sur ce qu'est une musique dite bestial et brutale.
Ils connaissent leur sujet et nous assènent le sceau de leur idéologie :
Satan reste le fil conducteur de bon nombre de combos de black metal à ce jour.
Une perle indéniable.
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