Sacraments to the Sons of the Abyss

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16/20
Nom du groupe Ritualization
Nom de l'album Sacraments to the Sons of the Abyss
Type Album
Date de parution 03 Fevrier 2017
Enregistré à Hybreed Studio
Style MusicalBlack Death
Membres possèdant cet album43

Tracklist

1. Intro / Conjuration of the Howling Depths
2. Last Rites to the Damned
3. Genesis to Your Curse
4. Herald of Betrayal
5. The Graveyard Coven
6. Beneath the Sepulchre
7. Revealed in Terror
8. Morbid Magick Stigmata
9. Heretics
10. Ashes Pouring from the Chalice / Outro

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Ritualization


Chronique @ BEERGRINDER

25 Fevrier 2017

Revealed in Sacraments

On peut dire que ce Full length se sera fait attendre, déjà en 2011 après un de leurs concerts je leur demandais à quand nous aurions le plaisir d’écouter le premier album du groupe, et six ans après mon souhait est enfin exaucé. Il faut dire que le groupe d’Orléans n’a pas grillé les étapes même si le line up est constitué de musiciens expérimentés : d’abord deux démos dont la redoutable The Abduction Mass rééditée en LP par Iron Bonehead, un split avec Temple Of Baal, l’EP Beyond the Shrines of Shattered Bones en guise de galop d’essai, sans oublier pas mal de performances live impressionnantes et le combo était enfin prêt à lâcher Sacraments to the Sons of the Abyss (2017).

Pour les fous qui l’ignoraient encore, Ritualization pratique du Death Metal à l’ancienne dans les règles de l’art, vous allez me dire que par les temps qui courent on trouve à chaque coin de rue des clones de Entombed, Bot Thrower, Carcass, Asphyx et Incantation soit le quinté plus des groupes les plus repompés, mais c’est là que ça devient intéressant car Ritualization n’évolue pas du tout dans ce créneau, mais plutôt dans un Death Metal virulent, encore mâtiné des influences fin 80 lorsque les genres Black / Thrash / Death n’étaient pas précisément définis et s’influençaient les uns les autres.

Après une intro ritualiste posant l’atmosphère, Last Rites to the Damned appuie directement sur le bouton atomique rouge avec des riffs acérés à la Angelcorpse / Centurian. L’imposant chanteur Warchangel semble avoir varié son jeu, en plus de son guttural profond, il distille ça et là des cris mi Death mi Black du meilleur effet. Genesis to Your Curse a un côté plus old school encore, à la Sadistic Intent / Possessed, mais avec un batteur très véloce qui donne une putain d’identité au groupe, évidemment, avec un patronyme comme Blastum vous vous attendiez à quoi ?
Enregistré et mixé par Andrew Guillotin au Hybreed Studio, le bonhomme a su capturer l‘essence du combo, transmettre ce côté authentique tout en appuyant sur la précision rythmique de la paire de guitaristes Infamist / Da’ath, un son qui me rappelle d’ailleurs furieusement les géniaux Hollandais de Centurian / Nox.

Le groupe sait aussi varier ses compositions sans perdre l’intensité, comme sur le début mid tempo Herald of Betrayal ou celui plutôt Thrash de Beneath the Sepulchre, mais c’est quand même quand il accélère que le quintette se montre le plus redoutable, The Graveyard Coven est un modèle du genre qui pourrait figurer sans problème sur The Inexorable de la bande à Helmkamp. A noter le réenregistrement du superbe morceau Revealed in Terror, déjà présent sur The Abduction Mass et qui prend ici une nouvelle dimension.
Jusqu’à la fin l’auditeur est tenu en haleine, aucune faiblesse notable sur la deuxième partie de l’album, et je dirais même que l’intensité monte d’un cran avec Morbid Magick Stigmata, son riffing proprement infernal et des leads tourbillonnantes du même acabit.

Dans un genre à l’ancienne sclérosé depuis longtemps par les combos sans envergure qui se contentent de pomper sans vergogne et ouvertement les grands anciens, Ritualization s’impose comme une référence capable de cultiver son style personnel sans trahir ses idéaux. Ajoutons à cela l’artwork totalement cohérent du talentueux Chris Moyen, et vous obtiendrez un concurrent sérieux aux grosses cylindrées du Death Metal. Au four le complexe français des groupes locaux de deuxième division, on peut rivaliser et on le fait !!!!!!

BG

1 Commentaire

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growler - 25 Fevrier 2017: Merci pour ta chro' Laurent, ça faisait un bail!! Je vais me le procurer de toute urgence.
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Chronique @ dakefhi

25 Janvier 2017

Un premier album sans prétention

Parfois, il faut savoir s'armer de patience : l'adage semble être fait tout entier pour les français de Ritualization. A une époque où la démocratisation des moyens de conception voire de financement (le crowdfunding par exemple) semble faciliter, peut-être plus que jamais la naissance de groupes et disques auto-produits (mais de manière satisfaisante, pas lo-fi), le quatuor a patienté plus de dix ans avant de pouvoir sortir un premier full-length, intitulé « Sacraments To the Sons of the Abyss ». Formé en 2005, Ritualization a baroudé dans le death metal underground français pendant une décennie, pointant sa tête lors de concerts de-ci de-là (de Colmar à Berlin, on notera la gradation sur l'échelle du rêve) sans oublier pour autant de graver leurs sons sur supports disques, avec régularité : une toute première démo de quatre titres en 2007 « The Abduction Mass », un split album avec le stylé groupe de death/black metal français lui aussi Temple of Baal, un EP en 2013. Jusqu'à aujourd'hui leur premier album pour eux tous seuls donc, édité chez les Allemands de Iron Bonhead, que les fidèles lecteurs de Spirit of Metal ne découvrent certainement pas.

Tel qu'il a été porté à notre connaissance lors des précédentes efforts, courts ou plus longs, enregistrés par le groupe, le death metal de Ritualization n'apportera pas d'innovation au genre, ni vous éblouira par une complexité éblouissante qui vous laissera bouche bée. Les français font du death old school, et ils le font avec une rigueur dans l’exécution et la composition qui ne prête pas à rougir. Ne cherchant pas plus loin que leur efficace bout de nez, Ritualization sait manier les introductions sans préliminaires où le blast surgit comme un lion qui vous dévore (« The Graveyard Coven ») ou les riffs excités aux harmonies qui font penser à du Depravity ou en tous cas tout à fait dans l'ADN initial du genre (« Genesis to Your Curse »). Ils savent également calmer un peu le rythme avec des passages mid-tempo, à l'image du morceau « Herald of Betrayal » imposant de lourdeur. Il faut bien préciser que malgré sa qualité relative (c'est parfois un peu brouillon) la production donne une vraie puissance sourde au disque et restitue une certaine violence qui en réalité durcit (si je puis dire) le death old school de Ritualization et le fait bouger vers le brutal.

Au rayon des genres, il n'y a pas que le brutal qui squatte la galette. Revendiqué comme influence par les membres du groupe et constatable par les amitiés du quatuor (on a cité Temple of Baal), le black metal plane aussi, à sa manière, sur plusieurs moments du disque. Le phrasé musical de la guitare rythmique sur « Heretics » mais surtout son atmosphère globale donne la touche angoissante, terrifiante, pesante et putride qui caractérise l'esprit du black, et que Ritualization n'hésite pas à convoquer. Ce ne sera pas une surprise non plus à quinconque aura prêté un peu d'attention à la pochette de l'album...Il n'est pas inutile non plus de parler du côté visuel de « Sacraments To the Sons of the Abyss », tant, au-delà du simple sentiment d'inquiétude que les musiciens tentent de nous véhiculer, on sent poindre une influence cinématographique. L'intro (« Conjuration of the Howling Depths ») et l'outro du disque sont des pistes instrumentales, encore une fois angoissantes, semblant avoir été enregistrées dans des caves, rappelant, pour « Ashes Pouring from the Chalice », une soundtrack de film d'horreur des années 80- début 90 avec des synthés imitant des cordes...

Comme les Angelcorpse ou les excellents Incantation, Ritualization maîtrisent leur sujet, le death metal. Mais aussi comme beaucoup, beaucoup, beaucoup de disques passés et actuels, le manque de personnalité propre voire même d'un riffing vraiment décisif et marquant pourra atténuer la sympathie qu'on a pour « Sacraments To the Sons of the Abyss », ou la garantir, selon votre niveau d'exigence. A titre personnel, j'aimerais les voir évoluer dans un registre certainement plus à la croisée des genres, persuadés qu'ils sauraient manier à merveille le death et le black de manière plus prononcée, et que cela pourrait peut-être leur ouvrir des portes créatives,, pour leur prochain album. Mais c'est pas moi qui décide, et ça se trouve personne me demande mon avis, si ?

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MikeSlave - 19 Fevrier 2017: L'Ep précédent est une tuerie. J'attends ce disque commandé en version LP.
Vu en live. C'est ce qui se fait de mieux en Black/death français à mon humble avis. Le riffing est complexe et enlevé. l'agressivité est présente et l'ambiance également. ne parlons pas du chant qui est littéralement possédé. Seul bémol une production un peu trop léchée. Tu parles d'Angelcorpse et tu vises juste néanmoins pour Incantation j'exprime un bémol.
Concernant ton papier, tu présentes la galette sans la situer musicalement dans la discographie du combo et sans la comparer ou rapprocher de ce qui se fait en France actuellement. Tu cites bien TOB mais ça n'apporte rien au propos dans le cas présent.
Enfin bref on te sent partagé et désemparé devant ce qui s'annonce pourtant être l'un des highlights 2017.
dakefhi - 19 Fevrier 2017: Je te remercie pour ton retour ! Comme indiqué dans le papier, je partage seulement en partie ton point de vue, ne remettant pas en cause l'efficacité du groupe et de ce qu'ils font. Après le comparer avec le death/black français particulièrement ne rendrait pas plus service, parce que je maintiens que l'efficacité n'est pas la personnalité...En l'état Ritualization produit de bons albums, mais qui à mes yeux en tous cas, ne sont pas des dates :)
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