Il est généralement reproché à
Debauchery de ne proposer aucune innovation, et on ne peut contester ce point même si l'on est le plus grand fan du groupe. À la sortie du précédent opus,
Continue to Kill, j'avoue avoir même pensé : ''Cet album était sympa, son prédécesseur aussi (
Back in Blood), mais cette fois on a fait le tour. Je vais sûrement lâcher l'affaire...''. Il se trouve pourtant que le groupe (enfin groupe, désormais, seul Thomas est membre permanent et compositeur unique, mais j'y reviendrai) a décidé de se renouveler un peu, certes pas de manière révolutionnaire mais suffisamment pour que cet album devienne rafraichissant.
Plusieurs éléments qui semblaient improbables (surtout depuis le regain de brutalité sur
Continue to Kill, album dans la pure tradition
Cannibal Corpse) font leur apparition : un piano, de nombreuses nappes de claviers, un chant
Hard-Rock qui n'est pas sans rappeler Brian Johnson, et une influence Black Symphonique franchement surprenante.
L'œuvre est divisée en deux parties : primo,
War, un concentré de brutalité oui, mais agrémenté de détails plaisants et enfermant des mélodies que l'on ne pensait jamais entendre chez
Debauchery. Ainsi, There Is Only
War reprend là où nous en étions sur le dernier effort en date pour changer subitement de rythme après une minute et demie, Honour
And Courage nous offre un passage instrumental rempli de soli mélodiques ainsi qu'une atmosphère à la
Dimmu Borgir, et Wolves Of The
North envoie un Black-Death épique rendant, il me semble, un bel hommage à ce qui a déjà pu être fait en la matière (certains risquent de bouder ce titre en particulier, car le rapport avec la discographie de
Debauchery est minime et que les synthés y prennent une importance prépondérante). La voix hurlée aiguë est donc également mise en avant mais pas d'inquiétude les growls caverneux ont toujours leur place. La patte
Continue to Kill est, elle, présente dans une moindre mesure (
Primordial Annihilator et
Savage Mortician).
Secundo, Rockers. Je pense que tout le monde a deviné ce qui se cache dans cette seconde moitié du cd. Mais une nouvelle fois, l'absence de réelle originalité est comblée par la qualité des morceaux. Ceux qui voyaient en
Debauchery une mine à riffs Rock 'n' Roll seront servis (3
Riff Hit, New Rock,
Demon Lady), les mélancoliques trouveront leur compte avec
Hammer Of The
Blood God (joyeusement introduite puis menant à un refrain accompagné au piano) et Rocker (une ballade Death 'n' Roll!), on pourra aussi accepter avec un petit sourire des apparitions vocales typées AC/DC.
Le maître d'œuvre Thomas, qui est donc désormais l'unique membre à part entière de
Debauchery (une rumeur prétend qu'il s'est battu sur scène avec le seul autre acteur permanent du groupe, en 2006...), précise dans le livret que c'est pour lui un album très spécial (pour nous aussi ne t'en fais pas). En fait, les seules choses qui n'ont véritablement pas changé sont d'une part l'artwork (démons, tronçonneuses, sang, filles nues en chaleur et cette atmosphère
Warhammer), les paroles (il hait le rap, le hip-hop et le prog', insulte pas mal de monde, parle de Rock 'n' Roll et de Death sans oublier la guerre et le sexe) et la production toujours identique.
J'ajouterai en guise de précision finale que le DVD bonus du digipak est assez dispensable, simple galerie photo-vidéo additionnée de quelques extraits filmés en studio.
Nous nous éloignons donc de la pâle copie pour nous approcher d'une sorte de recueil de tout ce qu'apprécie Thomas. Il y a cette fois un concept plus artistique derrière la musique, il ne s'agissait pas simplement de faire se répondre deux styles. Il se pourrait donc que plus d'auditeurs soient conquis ce coup-ci...
16/20
Sans aucun doute l'album le plus consistant et varié du groupe.
Même si "Back in blood" reste mon favori, "Rockers and war" sort vraiment du lot de par ses deux parties distinctes.
De plus, ces dernières sont très bien foutues dans leur style.
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