Remnants of a Dream

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Nom du groupe Alantia
Nom de l'album Remnants of a Dream
Type EP
Date de parution 23 Septembre 2012
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Moondale
 06:10
2.
 Erase All Trace
 05:25
3.
 Somnium
 06:17
4.
 Ladyhawke
 05:53
5.
 Waltz
 05:32
6.
 Tempted Dark Art
 11:01

Durée totale : 40:18

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Alantia


Chronique @ ericb4

23 Septembre 2019

Une première livraison pétrie d'élégance mais encore prise dans son jus...

Dans un univers metal symphonique à chant féminin aujourd'hui au bord de l'implosion et encore sous le joug des cadors du genre, en quoi une verte formation serait-elle à même de s'illustrer à son tour, a fortiori sur le long terme ? Armé de ses seules convictions et de son indéfectible détermination pour assurer sa défense, la tâche s'avère ardue et le défi à relever immense pour le nouvel entrant. Conscients de cet état de fait et des risques encourus à trop vouloir précipiter les événements, a contrario de nombre de leurs homologues, les Néerlandais d'Alantia n'ont nullement cherché à brûler les étapes. Préférant assurer ses arrières, ce jeune sextet amstellodamois s'est précisément laissé le temps nécessaire à la maturité de ses compositions et au peaufinage de sa production d'ensemble, et ce, afin d'asseoir son projet sur des bases artistiques, logistiques et techniques aussi solides que possible. Bien lui en a pris...

Créé en 2006, et aux fins d'un premier changement de line-up, ce n'est que quatre années plus tard que le groupe batave accouchera d'une introductive et discrète démo éponyme, préalable à plusieurs apparitions scéniques, dont une prestation remarquée au Emergenza Festival 2011. Parallèlement, le combo se consacrera à l'écriture de son nouvel opus, le présent EP, « Remnants of a Dream », écoulé en 2012 ; une auto-production généreuse de ses 40 minutes où s'égrainent six inédites et opulentes pistes. A bord du navire, nous y accueillent dorénavant : la frontwoman Liselot Mazee, en remplacement d'Yvette, et dont le timbre de voix s'apparenterait à celui d' Alejandra Barro (Elessär) ; les guitaristes Mark Rog ''Markus'' (Evenstate) et Tom van der Schaaf ; la bassiste Nicky Walraven ; le claviériste Erik Slooten (ex-After The Silence) et la batteuse Nathalie de Vent ''Nan''. De cette collaboration naît une œuvre rock'n'metal mélodico-symphonique gothique et progressif classique dans le sillage de Nightwish, Xandria, Edenbridge, Amberian Dawn et consorts.


Le collectif néerlandais interpelle, tout d'abord, par sa faculté à générer ces portées qui, d'un claquement de doigts, sauront rallier le chaland à leur cause, abstraction faite d'une ingénierie du son encore taillée dans la roche. Et ce serait précisément à l'aune de ses pistes les plus enfiévrées qu'il marquerait ses premiers points. Ce qu'illustrent « Erase All Trace » et « Somnium », ''nightwishiens'' et headbangants up tempi décochant tous deux un riffing crocheté adossé à une rythmique aisément inflammable. Glissant sur une sente mélodique sécurisée bien qu'un poil convenue, chacune de ces invitantes offrandes laisse également entrevoir de nerveux gimmicks guitaristiques et d'insoupçonnés changements de tonalité. De fougueuses et pénétrantes esquisses, où se meuvent les graciles volutes de la belle auxquelles répondent des growls aussi rageurs qu'inquiétants, mais qui, dans un cas comme dans l'autre, ne sauraient hélas éluder un persistant effet de compression de l'espace sonore.

Quand le convoi instrumental ralentit un tantinet la cadence, le combo parvient une fois encore à encenser le tympan sans avoir à forcer le trait. Ainsi, on ne mettra qu'une poignée de secondes pour se voir infiltré par les vibes enchanteresses de « Moondale », mid tempo progressif aux riffs épais, apparenté à un Xandria seconde période. Introduit par un délicat picking à la guitare acoustique et mis en exergue par les pénétrantes envolées lyriques de la sirène, le dévorant méfait se pare, en prime, d'un refrain immersif à souhait. Gagnant en progressivité orchestrale ce qu'il ne perd nullement en substrat mélodique, doté d'un rutilant solo de guitare, de la trempe d'un Lanvall (Edenbridge), l'avenant effort accuse, par ailleurs, un manque de profondeur de champ acoustique ainsi que de gênants effets de distorsion trahissant le jeune âge de la production.

Dans cette mouvance, et dans un souci de diversification de l'offre, nos compères ont parallèlement orienté leur propos vers d'instrumentaux horizons. Ainsi, « Waltz » s'impose comme un vibrant et corpulent instrumental symphonico-progressif et cinématique que n'auraient renié ni Nightwish ni Edenbridge. Disséminant de sidérantes montées en puissance du corps orchestral, de grisantes rampes synthétiques et d'inattendues variations atmosphériques, ne concédant ni temps morts ni zones de remplissage, tout en renseignant sur le potentiel technique de l'escadron batave, le galvanisant effort s'avère être un modèle du genre, propice à une inconditionnelle adhésion.

Que l'aficionado d'instants tamisés se rassure, la troupe lui aura concocté ses mots bleus les plus sensibles, délivrant alors une charge émotionnelle des plus difficiles à endiguer. Aussi, la petite larme ne saurait être longtemps contenue à l'instar de « Ladyhawke », ballade romantique jusqu'au bout des ongles et aux airs d'un slow qui emballe. A mi-chemin entre Nightwish, Imperia et Elessär, voguant sur une ligne mélodique d'une précision d'orfèvre et des plus troublantes, pourvu de délicats arpèges au piano secondé par une interprète que l'on croirait touchée par la grâce, l'instant privilégié fera voler en éclat toute tentative de résistance. Et ce ne sont ni le seyant solo de guitare ni les reprises sur la crête d'un entêtant refrain qui nous feront lâcher prise, loin s'en faut...

En valeureux gladiateurs et munis d'armes suffisamment affûtées pour opposer une farouche résistance à ses opposants d'où qu'ils viennent, nos acolytes sont allés jusqu'à s'attaquer aux orgiaques pièces en actes d'obédience metal symphonico-progressif. Aussi nous plongent-ils dans un chaudron bouillonnant, un brin acide, à l'aune de « Tempted Dark Art », ''nightwishienne'' fresque déroulant ses quelque 11 minutes d'un spectacle à la fois épique, opératique et théâtral. Calé sur le schéma oratoire devenu classique de la Belle et la Bête, les angéliques impulsions de la douce répondant point pour points aux vénéneuses attaques de son acolyte de growler, le dantesque et complexe propos recèle parallèlement moult effets de contraste rythmique. Doté d'arrangements de bon aloi et d'une teneur argumentative éminemment personnelle, le plantureux message musical accuse, par ailleurs, de persistantes linéarités mélodiques, un schéma d'harmoniques tendant à se répéter et des enchaînements intra-piste encore friables. Mais le fringant solo de guitare et la féline basse placés sur notre route tout comme les pulsionnelles et énigmatiques gammes échappées d'un piano libertaire sauront compenser ces irrégularités.


Au final, en dépit de sa production d'ensemble encore prise dans son jus, eu égard à ses vibrantes séries d'accords, la galette se savoure à chaque fois un peu plus au fil des écoutes. Diversifié sur les plans atmosphérique et rythmique, le pimpant message musical aurait toutefois gagné à densifier son corps vocal, par l'octroi de duos et/ou de choeurs notamment. Si le propos s'avère être un classique du genre et si les prises de risques manquent cruellement à l'appel, tant le potentiel technique que les louables dispositions mélodiques du combo pourront néanmoins aspirer un pavillon déjà sensibilisé aux travaux de leurs maîtres inspirateurs.

On comprend que le sextet néerlandais est loin d'avoir tari d'arguments pour asseoir sa défense, mais qu'il se fera fort d'apposer son sceau sur chacune de ses portées et y adjoindre un zeste d'originalité s'il souhaite se démarquer de ses concurrents, toujours plus nombreux à se bousculer au portillon. Bref, une œuvre certes convenue, un tantinet empruntée, mais pétrie d'élégance et d'une sensibilité que d'aucuns pourraient lui envier, laissant augurer d'une aventure au long cours pour la formation batave. Wait and see...

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